5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 18:43
Le muret de Terre de Haut.

Le muret de Terre de Haut.

Du haut de mon cocotier, un peu secoué par la dépression de ce jour, je rigole quand même. J'aperçois 3 aévistes qui s'échinent, qui suent sang et eau pour terminer dans les temps. Le marathon des Scinques ! Il ne s'est pas agi de 42,195 kilomètres mais de beaucoup plus. A arpenter les sentiers tous plus mal pavés les uns que les autres.

Eh bien voilà, l'heure des comptes a sonné. La DEAL Guadeloupe a été généreuse, ce qui nous a permis depuis 2012 de prospecter, compter, évaluer, réfléchir, photographier, prélever, réfléchir encore... Le rapport final est à rendre à la fin du mois, d'où l'agitation rédactionnelle de ces derniers jours !

"J'ai cru voir un aéviste agité".

"J'ai cru voir un aéviste agité".

Je ne vais pas vendre toute la mèche et résumer ici scinque ans de travail. Quand même quelques nouvelles du zandoli doré, en guise de teaser.

Terre-de-Bas, au premier plan.

Terre-de-Bas, au premier plan.

Des scinques aux Saintes à Terre-de-Bas ? Jusqu'à la découverte, en 2015, par nos collègues de l'ASFA d'un spécimen conservé dans l'alcool par un habitant, aucune mention n'était faite de scinques sur cette île.

C'est là !

C'est là !

Qu'à cela ne tienne, en avant ! Une délégation de furieux aévistes part à Terre-de-Bas pour en découdre. Et par chance, la ténacité paye. "C'est pas ça qu'on cherche ?" demande notre plus jeune recrue. Sur une roche, c'est bien lui ! Un petit bug s'en est suivi, l'appareil photo était au fond du sac et le temps de le sortir, de faire la mise au point, pffft, envolé ! Comment ça, les Scinques volent ? Mais l'observation a malgré tout été validée, et publiée http://www.caribbeanherpetology.org/pdfs/ch56.pdf.

Phare et agaves, au garde-à-vous.

Phare et agaves, au garde-à-vous.

Quelle espèce à Petite Terre ? Tournons-nous vers d'autres contrées. Grâce aux prélèvements de morceaux de queue (merci les chats, merci Joël), les analyses ADN ont parlé. La nouvelle est tombée sur les téléscripteurs en 2016. Un spécialiste des scinques, Blair Hedge, a estimé au vu de ces analyses que l'espèce de Petite Terre était différente de celle de la Désirade "continentale" ! Elle a été baptisée Mabuya parviterrae. Et nous sommes très fiers d'avoir publié avec lui cette découverte : http://www.caribbeanherpetology.org/pdfs/ch53.pdf. Notre parviterrien détient donc le record du plus petit territoire pour une espèce de vertébré. Cent et quelques hectares, si on considère qu'elle n'est présente que sur l'ile sous le vent de Petite Terre : Terre de Bas. Très bonne transition pour la suite...

Terre de Haut, au second plan.

Terre de Haut, au second plan.

Vraiment absents de Terre de Haut de Petite Terre ? Terre de Haut n'est pas totalement la jumelle de Terre de Bas. Plus petite, avec des formations végétales plus rabougries, comportant moins de murets que sa grande soeur. Est-ce pour ces raisons que nous n'y avons pas trouvé de scinques jusqu'à présent ? Ou est-ce parce que nous les y avons moins cherchés ? Pour tenter d'en avoir le coeur net, nous avons complété les observations sur ce petit caillou, il y a quelques jours. Douze heures de prospection supplémentaires, par équipes de deux.

Y'a pas de lézard

Eh bien pas l'ombre d'une écaille à se mettre sous la dent. Excepté celles de sautillants anolis, de gros lourdauds d'iguanes malgré tout délicats, ou de fantastiques et minuscules sphérodactyles. Tous espoir n'est pas perdu, mais disons qu'il se réduit à une peau de chagrin (ou à une mue de lézard).

A suivre donc ce grand feuilleton de la nature sauvage. Scinques, saison 6 !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Etudes Reptiles
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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 12:45
Partage d'une fleur. Dans le monde de l'infiniment petit, des détails insoupçonnés - Laurent Malglaive.

Partage d'une fleur. Dans le monde de l'infiniment petit, des détails insoupçonnés - Laurent Malglaive.

Le podium en cette année olympique est lui-même bizarre : Laurent - Laurent - Laurent.

Plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène :

 

Les Laurents sont plus doués que les autres.

Les Laurents ont envahi la planète.

Le jury a été soudoyé par le lobby des Laurents.

 

C'est en fait eaucoup plus simple que ça. C'est tout simplement le hasard (et non le destin, mais ceci est une autre histoire). Voici donc les 17 participants et lauréats du concours. Bravo et merci à tous d'avoir participé, pour la gloire (la plus bizarre des récompenses par les temps qui courrent).

 

Le Toto-Bois dédie toutes ces belles images au souvenir de Danièle, notre chère trésorière et amie. 

 

 

Qui a dit que les oiseaux ne jouent pas ? Deux frégates qui jouaient à se passer un bâton de bois en l'air, Grand cul de sac Marin. Photo sans montage avec juste  recadrage léger, traitement Noir et Blanc et saturation - Laurent Bouveret.

Qui a dit que les oiseaux ne jouent pas ? Deux frégates qui jouaient à se passer un bâton de bois en l'air, Grand cul de sac Marin. Photo sans montage avec juste  recadrage léger, traitement Noir et Blanc et saturation - Laurent Bouveret.

Hilode dérangée. Douce nuit sur feuille de papaye ou Le plus doux des Matelas - Laurent Sagnimorte.

Hilode dérangée. Douce nuit sur feuille de papaye ou Le plus doux des Matelas - Laurent Sagnimorte.

Entre quat'zyeux !!! Sylvain Coulon.

Entre quat'zyeux !!! Sylvain Coulon.

Ouvrons le parapluie. Tourterelle, prise aux saintes (Terre de Haut) lors d'une averse - Gérard Gourret.

Ouvrons le parapluie. Tourterelle, prise aux saintes (Terre de Haut) lors d'une averse - Gérard Gourret.

Regarde bien ! regarde encore ! Anthony Levesque.

Regarde bien ! regarde encore ! Anthony Levesque.

À quelle STAR (étoile) du milieu marin se vouer ? Dany Moussa.

À quelle STAR (étoile) du milieu marin se vouer ? Dany Moussa.

Comme l'an dernier, prix spécial du jury à Dany, pour sa verve (sans jeu de mots bien sûr) naturaliste :

 

L'holothurie (Holothuroidea)


Un être vivant marin de la famille des étoiles de mer! L'auriez vous cru ?! À s'y approcher on constate une ressemblance énorme à : on vous laisse deviner.
Inoffensive, lente, vaseuse, flasque, molle, trop tranquille on a envie de lui mettre un coup de pied au c... !
Il y en a de toutes les circonférences, épaisseurs, longueurs, et dans toutes les profondeurs (de l'océan) : du rivage aux abysses.
Une vrai "performer" : avec tant d'atouts on peut l'enregistrer dans "les anales".
Les Marseillais avec leur grandes inspirations l'appellent : Vier Marin du provençal ''Viech Marin'' qui veut dire sexe marin... ils manquaient certainement d'imaginations, non?!
Humble et zen, elle ne se prend pas pour le trou du c.. de l'eco-système malgré son importance en leur donnant pure satisfaction avec de la biomasse plus fine filtrée aidant  à l'épanouissement et la jouissance d'autres espèces.
Se déplaçant de manière "vagile" (comme les chenilles) sur le substrat elle se nourrit via ses tentacules par filtration.
Facile d'indiquer ses "petits coins" (lieux) de passages : après digestion, le largage d'excréments se fait sur plusieurs mètres.
Attention aux prédateurs !!! En danger elle dégage des toxines hémolytique (destruction des globules rouges) et peuvent s'éviscérer de leurs organes internes qui se régénéreront au fil du temps.

Aphrodisiaque est notre imagination suite à son aspect ressemblant à une partie de notre corps : qu'on vous laisse toujours deviner.
La différence ? C'est que son rectum sert pour respirer, à manger et accueillir des hôtes.
En symbiose, c'est porte ouverte à tous: poissons, crevettes, crabes, mollusques, verres, mêmes les parasites y sont conviés afin de partager sa table ou de s'y reproduire.
Avec tant de générosité, cette classe d'individu est en voie d'extinction suite à l'abus de sa consommation par des faibles d'esprit et de coeur.
 
À savoir et pour le plaisir au masculin on l'appelle aussi "concombre des mers", libre a vous de choisir comment vous le prenez (le genre).

Ne mangez pas vos semblables ! Protégeons les milieux marins peut importe les ressemblances et les aspects.

Diablotin quand tu nous tiens ! Marion Diard.

Diablotin quand tu nous tiens ! Marion Diard.

Balbuzorro le pêcheur masqué qui dévore le Vivaneau et le Barbarin - Thomas Delhotal.

Balbuzorro le pêcheur masqué qui dévore le Vivaneau et le Barbarin - Thomas Delhotal.

Un alien dans la forêt à Matouba. Je photographiais un Coléoptère et soudain....., ce petit Malaxis est venu à ma rencontre pour me dire bonjour. Inutile de dire que j'ai fait un bon en l'air ! Mais il était si mignon avec ses grands yeux... François Meurgey.

Un alien dans la forêt à Matouba. Je photographiais un Coléoptère et soudain....., ce petit Malaxis est venu à ma rencontre pour me dire bonjour. Inutile de dire que j'ai fait un bon en l'air ! Mais il était si mignon avec ses grands yeux... François Meurgey.

Fwomajé. Volants et soucougnans en sont les habitants. Souvenirs des âmes de ceux qui y furent pendus haut et court. Contraste du piquant de ses épines, et de la douceur de son kapok - Claudie Pavis.

Fwomajé. Volants et soucougnans en sont les habitants. Souvenirs des âmes de ceux qui y furent pendus haut et court. Contraste du piquant de ses épines, et de la douceur de son kapok - Claudie Pavis.

Colibri huppé - Nicolas Barré.

Colibri huppé - Nicolas Barré.

Visiteur du soir - Robert Hamparian.

Visiteur du soir - Robert Hamparian.

Escargot carnivore. Vous ne regarderez plus jamais les escargots de la même façon - Franz Duzont.

Escargot carnivore. Vous ne regarderez plus jamais les escargots de la même façon - Franz Duzont.

Tortue unijambiste - Alexandra Le Moal.

Tortue unijambiste - Alexandra Le Moal.

Voici une espèce mythique et un individu particulier : une tortue verte venue tenter de pondre sur la Pointe des châteaux en 2008 et revue en 2014. Malgré ses difficultés, elle effectue probablement une migration de plusieurs centaines de kilomètres pour se reproduire et pondre dans la région de sa naissance. Bon, pondre est difficile quand on ne creuse qu'avec une seule patte... Vous noterez l'incroyable capacité de cicatrisation de l'animal au passage. On pense à une morsure de requin.
Les brouteurs des rivières en plein festin. Colle-roches raclant chaque cm de galet pour manger les microalgues qui y ont poussé - Lou Frotté.

Les brouteurs des rivières en plein festin. Colle-roches raclant chaque cm de galet pour manger les microalgues qui y ont poussé - Lou Frotté.

Un petit bonus, les photos hors-concours.

Un Pic au Club Med... tranquille - Thomas.

Un Pic au Club Med... tranquille - Thomas.

Hanneton de Schröedinger - Thomas.

Hanneton de Schröedinger - Thomas.

La mouche de Notre-Dame - Thomas.

La mouche de Notre-Dame - Thomas.

Mycolorgues - Thomas.

Mycolorgues - Thomas.

Champignon poilu... toute ressemblance etc... Thomas.

Champignon poilu... toute ressemblance etc... Thomas.

Pic et pic et colégrame - Claudie.

Pic et pic et colégrame - Claudie.

Atya innocous - Lou.

Atya innocous - Lou.

Sétékri par AEVA le Toto-Bois - dans Rencontres
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 20:20
Faute de grives on mange des merles

Ou plutôt, faute de râles, un Toto-Bois est toujours bon à prendre.

Le Râle tapageur vous connaissez ? Malgré son nom, c'est un oiseau discret, très discret. Qui affectionne les mangroves et autres zones humides, très humides.

Faute de grives on mange des merles

Pour la deuxième année, nous avons le plaisir de donner un coup de main au Parc (national de la Guadeloupe, s'il vous plaît) dans leur projet de cartographie de cet oiseau. Rappel de l'histoire en cliquant là.

Faute de grives on mange des merles
Faute de grives on mange des merles

Une sortie en mars, une en avril, et pour le moment, le râle n'a pas répondu à nos avances. Il est resté muet comme une carpe. Cette année, nous sommes sur une belle zone, campagne puis mangrove, entre les Abymes et Vieux-Bourg. Pierrefite. Des trous de crabes oui par contre.

Faute de grives on mange des merles

De délicats lataniers.

Faute de grives on mange des merles

Des galbas aux écorces bigarrées.

Faute de grives on mange des merles

Des passiflores sauvages (?)

Faute de grives on mange des merles

"R comme râle". Les racines nous narguent.

Faute de grives on mange des merles

Puisqu'il en est ainsi, retournons dans nos foyers. 

Faute de grives on mange des merles

Le coeur content de ces rencontres au pipirit chantant. Une Hirondelle rustique nous encourage à revenir en mai. Le dernier mot n'est pas dit.

16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 21:25
Fruits de la connaissance ?

Fruits de la connaissance ?

Pour cette dernière sortie 2015, un seul mot d'ordre.

 

Détente, marécage (n'oublions pas le thème de l'année), convivialité.

Vous aurez remarqué que ça fait au moins 10 mots.

 

 

Le patriarche.

Le patriarche.

Connaissez-vous la rivière d'Audoin ? Elle se jette (mollement) dans la mer au Moule, à  l'Autre Bord.

 

Nous avons fait un pas de côté ce dimanche.

 

Vous prenez 16 Aévistes de tous âges, et tous de bonne humeur. Vous les disposez presque au hasard sur des kayaks. Vous rigolez parce que la retardataire trouve le moyen de tomber à l'eau à peine l'esquif parti. Et puis vous pagayez tranquillement. Un petit vent contraire sur la rivière d'Audoin malgré tout.

Les contorsions sont de mise.

Les contorsions sont de mise.

Si t'as pas de vert dans ta palette t'es mort.

Si t'as pas de vert dans ta palette t'es mort.

En rando-gnons.

En rando-gnons.

Etonnant paysage où le palétuvier rouge domine. Etonnant que la plate Grande-Terre ruisselle de la sorte. On pourrait se croire en Guyane, les toucans et les morphos en moins. Etonnante la couleur de l'eau, blanchâtre, et aussi sa saveur, salée (pas de diarrhée jusqu'à maintenant). Et toute aussi étonnante la proprété des lieux. Ni carcasse de machine à laver, ni batterie usagée, ni bouteille plastique.

Dans la famille Biohoreau gris, je demande le père (où la mère ?).

Dans la famille Biohoreau gris, je demande le père (où la mère ?).

... le fils...

... le fils...

Quelques rencontres au détour des méandres dorés. Un adulte et un jeune héron bihoreau gris. Peu farouches. Un petit héron bleu juvénile, donc blanc. Un poisson diodon mort, quel fut son destin ?

2015, dernière (enfin peut-être)

Après ces moments calmes, nous nous sommes posés à l'autre bord de la mer. Décembre, les vagues et la houle de nord entrent. Les déferlentes envoient de l'écume.

 

C'est là que les choses ont commencé à se gâter.

L'écume d'un jour.

L'écume d'un jour.

Vivifiés par un agréable bain de mer en bonne compagnie, et par une dégustation comparative de deux planteurs, nous avons échangé des points de vue. Il était question de définir les rôles au sein du bureau pour 2016, et de choisir le thème de l'année.

 

"Mais si, tu peux être président, d'abord tu y'a jamais été" - "Mais non je veux plus être trésorière" - "Mais moi au fait qu'est-ce que je faisais dans le bureau ?" - "C'est obligatoire une secrétaire ?"  - "Il reste du gâteau au chocolat ?" etc...

 

Le consensus fut vite trouvé : on ne change rien. De là à dire que nous sommes une équipe qui gagne, il n'y a qu'un pas. Franchi !

 

 

 

Qu'est-ce qu'on a décidé déjà ?

Qu'est-ce qu'on a décidé déjà ?

L'autre sujet fut plus épineux. Le thème de l'année. Quelle entrée choisir ?

 

Géographique (Marie-Galante) ?

Taxonomique ? (les Champignons)

Thématique ? (les îlets)

Un mélange de tout ça ?

 

Il a fallu en venir au vote pour éviter d'en venir aux mains, et nous départager.

 

Résultat, 2016 sera l'année des espèces mythiques, emblématiques, ou tout simplement zarbies (comme a dit un des protagonistes dont je ne citerai pas le nom).

 

Je sens que vous avez déjà des tas d'idées pour alimenter ce thème. A vos plumes !

 

Crédits photo (ça fait chic) : Nicolas et Marc.

12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 15:48
L'heure du bilan a sonné !

L'assemblé générale s'est déroulée le 5 décembre, rassemblant une quinzaine d'amoureux de la nature (merci les amoureux !). 

 

Quelques sueurs froides au moment de voter le rapport financier, un différentiel de 5 € apparaissant dans le bilan. Nous avons mis en oeuvre tous les moyens de computation moderne pour trouver la faille, et à ce jour tout est rentré dans l'ordre (merci la trésorière !).

 

S'en est suivie une projection des photos d'un voyage en Equateur. Eh bien dans ce pays, je peux vous dire qu'il y a des gens, des paysages, des plantes et des oiseaux merveilleux (merci NMF !).

 

Pour découvrir ou vous souvenir de nos activités de 2015, il vous suffira d'aller cliquer ci-dessous.

 

La vie n'est-elle pas belle ?

Sétékri par Le Toto-Bois - dans La vie rêvée d'AEVA
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 13:54

« L’essence de la poésie se lit dans ce que dévoile une libellule photographiée : l’étrangeté d’un monde entièrement inventé » A. Cugno

Micrathyria aequalis mâle en affût au-dessus d’une mare.

Micrathyria aequalis mâle en affût au-dessus d’une mare.

Il y a 300 millions d’années, alors que l’Amérique du Sud et l’Afrique étaient encore unies au sein d’un même supercontinent – le Gondwana – vivait Meganeura monyi, une « libellule » de 70 centimètres d’envergure, le plus grand insecte connu à ce jour. Depuis, l’évolution a rendu les libellules bien plus discrètes. Pour un peu, on en oublierait qu’elles continuent d’exister un peu partout autour de nous, dans les mares, rivières, ravines, mangroves, forêts marécageuses, lagunes, prairies humides et autres étangs. Pourtant, les libellules offrent un spectacle riche et coloré, presque féérique, à qui prend le temps d’aller à leur rencontre.

« Libellule deuil » Erythtrodiplax umbrata, mâle mature et Erythtrodiplax umbrata immature.« Libellule deuil » Erythtrodiplax umbrata, mâle mature et Erythtrodiplax umbrata immature.

« Libellule deuil » Erythtrodiplax umbrata, mâle mature et Erythtrodiplax umbrata immature.

D’après une légende guadeloupéenne, la première libellule serait née de la transformation d’un petit garçon par Manman Dlo, gardienne des eaux alors déguisée en veille femme et à laquelle il avait refusé de donner de l’eau. En Martinique, un conte explique pour sa part que la Reine Libellule, Marisosé, avait perdu une somptueuse bague. Une fois celle-ci retrouvée, elle décida de porter toutes ses bagues, ainsi que plusieurs anneaux, au bout de sa queue pour que ses bijoux ne tombent plus. Le folklore antillais se révèle aussi riche et imagé quand il s’agit de nommer les libellules. Certains noms traduisent en outre des comportements réels de ces animaux comme en Dominique où on les nomme « Swynié Bonda » - qui essuie l’eau avec son derrière – ou « Sousèt Dlo » - suceur d’eau. Sans oublier « Koké Dlo » - qui fait l’amour à l’eau… On les appelle « Dimwazel » ou « Marisosé » en Martinique et « Zingzing » en créole guadeloupéen, qui offre aussi l’adjectif « zinglèt » désignant une personne maigre à la démarche sautillante et hésitante. Aux Antilles françaises, les libellules sont aussi porteuses de présages. Annonçant une visite, souvent amicale, lorsqu’elles pénètrent dans une maison, elles prédisent la pluie quand elles volent bas. En Martinique, il se raconte que la « Libellule deuil » Erythtrodiplax umbrata apporte le malheur à qui la capture, les marques noires de ses ailes évoquant les voiles portés par les femmes lors des funérailles.

« Les oiseaux appartiennent à notre monde, se meuvent dans le même espace que nous, alors que les insectes nous font changer d’échelle, nous introduisent à un autre univers, un microcosmos qui exige qu’on parle une autre langue » A. Cugno

Si elles ont autant stimulé les imaginaires – comme beaucoup d’autres animaux il faut le reconnaître – c’est peut-être en partie dû à leurs caractéristiques biologiques et écologiques, originales à bien des égards.

Les libellules ont cette particularité, partagée avec quelques autres types d’insectes, de changer radicalement de milieu au cours de leur vie. Tandis que les larves sont confinées au milieu aquatique, les adultes (ou imagos) occupent l’espace aérien, depuis la surface de l’eau jusqu’à au moins 300m d’altitude lors de la phase de dispersion de certaines espèces. Par ailleurs, elles n’ont pas de stade nymphal, c’est-à-dire que les larves « ressemblent » aux adultes, le passage d’un stade – et d’un milieu – à l’autre s’effectuant par une simple mue. Pour ces deux raisons, on dit qu’elles sont hémimétaboles. L’accouplement a lieu en général à proximité d’un point d’eau, posé ou en vol, et certaines espèces forment alors « un cœur » des plus esthétiques. Quant aux œufs, ils sont déposés par les femelles directement dans l’eau (ponte exophyte), à la surface d’une plante (ponte épiphyte) ou encore à l’intérieur d’une plante (ponte endophyte).

Accouplement « en cœur » de Lestes sp. et exuvie de libellule suite à la mue imaginale.Accouplement « en cœur » de Lestes sp. et exuvie de libellule suite à la mue imaginale.

Accouplement « en cœur » de Lestes sp. et exuvie de libellule suite à la mue imaginale.

Outre leur ressemblance, les larves et les adultes ont un régime alimentaire proche puisque tous deux sont des carnivores opportunistes. Les adultes se nourrissent d’une grande variété d’invertébrés et s’adonnent même parfois au cannibalisme ! Dans nos contrées tropicales, les libellules peuvent se révéler être de précieuses alliées en contribuant à la régulation des populations de moustiques, trouble-fêtes vecteurs de maladies comme la dengue et le chikungunya.

Les larves se délectent pour leur part de nombreuses proies parmi lesquelles des crustacés, des têtards, d’autres larves et même des jeunes crapauds et de petits poissons. Mais si les adultes nous soulagent un peu des moustiques, il a été constaté que les larves de certaines espèces s’attaquent aux jeunes ouassous dans les fermes aquacoles. Ceci étant, la pose d’un filet à la surface de l’eau permet d’endiguer ce problème.

Tramea abdominalis.

Tramea abdominalis.

Enfin, on ne peut évoquer les libellules sans parler de leur vol. Stationnaire, en marche avant, à reculons ou en loopings, celui-ci fait d’elles des voiliers hors pair. Mais les libellules ont une botte secrète : des poches d’air sont réparties dans leur corps ; chauffées par le soleil, elles allègent l’insecte qui peut alors consacrer toute son énergie à ses déplacements et non à se maintenir en l’air.

« Les libellules s’en vont, quittent, vont ailleurs, et cet ailleurs est ce qu’elles habitent, là où elles volent, maintenant. Elles sont le détachement même. Elles ne tiennent à rien, si ce n’est à s’en aller. Elles habitent leur départ, indéfiniment » A. Cugno

Chez les Anisoptères (Erythemis vesiculosa à gauche) comme chez les Zygoptères (Ischnura ramburii mâle à droite), le thorax est la partie du corps la plus volumineuse. Il abrite de puissants muscles qui activent les ailes.Chez les Anisoptères (Erythemis vesiculosa à gauche) comme chez les Zygoptères (Ischnura ramburii mâle à droite), le thorax est la partie du corps la plus volumineuse. Il abrite de puissants muscles qui activent les ailes.

Chez les Anisoptères (Erythemis vesiculosa à gauche) comme chez les Zygoptères (Ischnura ramburii mâle à droite), le thorax est la partie du corps la plus volumineuse. Il abrite de puissants muscles qui activent les ailes.

Les « libellules » appartiennent à l’ordre des Odonates, qui regroupe en réalité deux sous-ordres. Les Anisoptères – ou libellules – se reconnaissent notamment à leurs ailes asymétriques (les postérieures plus larges que les antérieures) qu’elles gardent généralement ouvertes et étalées au repos, tandis que les Zygoptères – ou demoiselles – ont des ailes semblables qu’elles maintiennent jointes au-dessus de l’abdomen lorsqu’elles sont posées.

Parmi les quelques 5500 espèces de libellules connues aujourd’hui dans le monde, les Petites Antilles en accueillent 49, dont 30 en Martinique et 38 en Guadeloupe. Le fait que la Guadeloupe abrite la plus importante richesse odonatologique des Petites Antilles s’explique en partie par la variété et le nombre considérables de ses zones humides. En 2011, les mares seules étaient au nombre de 2750 selon un inventaire exhaustif, dont les trois-quarts se trouvent en Grande-Terre (notamment dans les Grands Fonds) et 586 à Marie-Galante. Il convient néanmoins de préciser que les mares, tout comme les étangs, étaient quasi-inexistants en Guadeloupe avant l’arrivée des Européens au XVIIème siècle, qui les ont créées principalement pour l’irrigation des cultures et l’abreuvement du bétail. Ces milieux récents d’eaux stagnantes hébergent aujourd’hui la grande majorité des espèces de libellules recensées, dont la plupart sont relativement communes et tolérantes vis-à-vis des conditions du milieu. La plupart des espèces rares se rencontrent pour leur part dans d’autres types de milieux, comme les forêts de la Basse-Terre ou les forêts marécageuses. Pour autant, toutes les espèces de libellules qui peuplent nos îles, qu’elles soient rares ou communes, contribuent à la richesse de notre patrimoine naturel et méritent d’être préservées.

Argia concinna mâle mature.

Argia concinna mâle mature.

De même que pour la plupart des autres animaux, la principale menace qui pèse sur les libellules concerne la destruction ou la dégradation de leurs habitats : assèchement et comblement des mares et étangs consécutifs à leur abandon, à l’étalement de l’urbanisation ou à l’introduction d’espèces végétales envahissantes ; déforestation ; usage massif de produits phytosanitaires ; rejets d’activités industrielles ou encore lavage du linge et des véhicules dans les rivières. Au titre de la protection des libellules et à bien d’autres (qualité de la ressource en eau et rôle protecteur des zones humides littorales contre les aléas climatiques entre autres), la préservation de nos zones humides constitue aujourd’hui un enjeu majeur qui doit être pris à bras le corps par chacun.

Une mare des Grands Fonds.

Une mare des Grands Fonds.

Ichnura hastata, une demoiselle au long cours unique en son genre.

Originaire des deux Amériques, la frêle Ischnura hastata présente une capacité de dispersion remarquable. Elle a en effet réussi à coloniser les îles Galapagos, à presque 1000 km de l’Amérique centrale, et les Açores, à plus de 3000 km de l’Amérique du Nord. Mais dans ce deuxième cas, seules des femelles sont parvenues à destination et s’y reproduisent depuis par parthénogénèse, ne donnant naissance qu’à d’autres femelles. Il s’agit de la seule espèce de libellule connue au monde pratiquant ce mode de reproduction sexuée permettant à une femelle seule de procréer sans l’intervention d’un mâle. Le phénomène est d’autant plus notable qu’il n’a jamais été observé chez les populations américaines de l’espèce. Qui plus est, chez d’autres insectes, la parthénogénèse est généralement rendue possible par la médiation d’une bactérie tandis qu’elle subsiste chez les individus açoriens d’Ischnura hastata traités par des antibiotiques dans un cadre expérimental.

Ischnura hastata

Ischnura hastata

Quand observer les libellules ?

Si quelques espèces sont actives au crépuscule voire de nuit, le pic journalier d’activité de la grande majorité des espèces se situe entre 10h30 et 16h30, avec toutefois une basse d’activité durant les heures les plus chaudes, généralement entre 12h et 14 et surtout pendant le Carême. Pour ce qui est de les trouver, on l’aura compris, il suffit d’ouvrir l’œil aux abords des zones humides en tous genres. Et bien sûr, pour que le plaisir dure, ne les capturez pas mais contentez-vous de les observer ou de les photographier.

Texte et photos, toutes prises en Guadeloupe, du Siffleur d'Amérique, alias Thomas Delhotal.

Pour aller plus loin.

Afin de découvrir les libellules des Petites Antilles et contribuer à leur protection, vous pouvez vous rapprocher de la Société d’Histoire Naturelle L’Herminier http://www.shnlh.org/fr/. Nous vous recommandons également la lecture de l’ouvrage suivant, coécrit par son Président, François Meurgey, entomologiste au Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, et Lionel Picard, spécialiste en biogéographie des Odonates des Antilles. La grande majorité des informations contenues dans cet article en sont issues.

Meurgey F. & Picard L., 2011. – Les Libellules des Antilles françaises. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 440 p.

Autres sources bibliographiques utilisées dans cet article.

Albouy V., 2010. Les insectes ont-ils un cerveau ? 200 clés pour comprendre les insectes. Editions Quae. Cemagref, Cirad, Ifremer, Inra. 200 p.

Cugno A., 2011. La libellule et le philosophe. Ed. L’iconoclaste, Paris. 181 p. (existe en format poche aux éditions Albin Miche, 2014)

Meurgey F., Poiron C., 2011. Libellules des Petites Antilles. Revue Espèces n°2.

Quelques sites proposant des photos de libellules (identifiées) des Antilles françaises.

Sétékri par Le Siffleur d'Amérique
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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 01:31
Tête à tête entre Pterodroma hasitata et Adam Brown.

Tête à tête entre Pterodroma hasitata et Adam Brown.

"Cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage". Ce n'est pas moi qui le dis, mais le poète Nicolas Boileau. Toto-Bois l'eau ? 

 

Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, je me demandais ce que nous pourrions bien vous offrir pour le centième article dans le blog du Toto-Bois. Je séchais un peu dois-je dire.

Eh bien voilà, j'ai trouvé. Nous vous offrons l'espoir !

L'espoir de retrouver un oiseau peut-être disparu de Guadeloupe. Une espèce emblématique, signe un peu diabolique, un peu poétique. Le Diablotin.

Toto-Bois, centième !

Peut-être avez-vous suivi nos tentatives pour retrouver ce petit Pétrel, qui n'a pas été signalé sur la terre de Guadeloupe depuis... plus de cent ans (hum, je dois vérifier le nombre exact d'années).

Quête du Graal, version 2007. Le nez de Pascal, au Nez Cassé.

Quête du Graal, version 2007. Le nez de Pascal, au Nez Cassé.

Jetez un oeil là-dessus. 

http://caribbeannewsservice.com/now/one-of-the-worlds-most-rare-seabirds-rediscovered-on-dominica/

 

Le scoop. La Dominique est à un jet de pierre. Beaucoup de points communs. Et voilà-ti pas qu'ils viennent d'y re-découvrir le diablotin après plus de 150 ans d'absence. L'oiseau était parfois entendu et observé en mer. Mais là, radar et jumelles infra-rouge ont permis de l'observer à terre. Reste à découvrir les lieux de nidification.

 

 

C'est pas demain la veille qu'ils sauront là où je crèche.

C'est pas demain la veille qu'ils sauront là où je crèche.

Je le déclare sollennelement ici. Très forte récompense (cotisation AEVA à vie, avec carte de membre originale et personnalisée) à qui apportera des éléments de preuve que le Diablotin n'a pas disparu de nos terres. Que les falaises du Nez Cassé peut-être peuvent encore l'héberger.

Certes il vous faudra du courage. Affronter les sentiers mal pavés, et pas éclairés. Tendre l'oreille. Supporter l'ondée et le froid de l'altitude. Et supporter surtout l'incertitude.

 

A bientôt. Pour le 101ème !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Histoires
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:23
A Viard, les mouettes atriciles se délectent des invertébrés qui se développement sur les échouages.

A Viard, les mouettes atriciles se délectent des invertébrés qui se développement sur les échouages.

Ne croyez pas que je veuille vous saper le moral.

 

Il n'est pas certain que le phénomène sargasses garde toute son ampleur dans les années à venir.

 

Mais il n'est pas certain non plus que ça s'arrange !

 

Etant d'un naturel curieux, je me suis invité à une réunion au sommet la semaine dernière. Perché sur le rebord de la fenêtre, j'ai pu suivre les explications de la DEAL (environnement), de l'ARS (santé) et de l'ADEME (financement d'actions). Si ce n'est que la terre s'est mise à trembler pendant que je me concentrais sur le sens du courant équatorial, je pense avoir à peu près compris. Je vous livre ce qu'a saisi ma cervelle d'oiseau.

Un peu d'histoire tout d'abord.

 

2011 - Premiers échouages massifs de sargasses en Guadeloupe. Le phénomère dure de juillet à octobre.

2012 - Même scénario, d'avril à octobre.

2013 - Rien !

2014 - A nouveau des échouages, cette fois de juillet à décembre.

2015 - Les choses se gâtent, année maudite mes frères. Ca a repris fin février, avec une ampleur jamais vue de mémoire de Pélican.

Moi je veille au grain, et j'avertis les services de la commune si elles arrivent.

Moi je veille au grain, et j'avertis les services de la commune si elles arrivent.

A retenir pour l'interro écrite : avant 2011, les sargasses étaient si peu nombreuses dans nos eaux qu'elles ne s'échouaient pas. Quelques petites touffes pouvaient traîner en mer, mais pas de quoi casser trois pattes à un Diablotin.

On embraye avec un peu de géographie et de climatologie (c'est bien la peine d'être en vacances).

 

Les sargasses naissent dans le Golfe du Mexique, puis - en passant par le sud de la Floride - rejoignent le vortex du Triangle des Bermudes (où elles côtoient les monceaux de bois et plastiques qui s'y accumulent également, mais ceci est une autre histoire).

 

Ce Triangle des Bermudes, c'est ce que le commun des mortels (vous) appelle la Mer des Sargasses. Dans le temps (avant 2011), des petites quantités de sargasses voguaient vers le sud et fréquentaient de façon très discrète les eaux des petites Antilles.

 

C'était nickel en ce temps-là.

C'était nickel en ce temps-là.

Mais voilà qu'en 2010, il se passe quelque chose de bizarre. Deux choses bizarres même.

 

Le pot-au-noir (à ne pas confondre avec le pot-aux-roses) s'est beaucoup renforcé. Le pot-au-noir (aussi appelé zone de convergence inter-tropicale ou ZIC) est une ceinture d'air à basses pressions, qui entoure la Terre près de l'équateur. Cette zone est appelée pot-au-noir par les marins, car elle est synonyme de situation peu claire et dangereuse.

 

Cette ZIC fait habituellement quelques centaines de kilomètres de large, et sa position évolue légèrement selon la période de l'année. 

 

Et alors, quel rapport avec les sargasses ? J'y viens, un peu de patience.

 

La Guyane est également concernée par le phénomène. Mais là, c'était avant.

La Guyane est également concernée par le phénomène. Mais là, c'était avant.

Au voisinage du pot-au-noir,  les vents sont faibles dans les basses couches de l'atmosphère. Ca crée comme qui dirait des calmes équatoriaux. Pétole.

 

En 2010 donc, ce pot-au-noir devient beaucoup plus large que d'habitude. Onlo ptéol ! De quoi bloquer le transit des sargasses.

 

On dirait que c'est ce qui s'est passé en 2010 : les algues se sont accumulées dans cette zone de calme, au nord-est du Brésil. Dans le même temps, il s'est passé un deuxième truc bizarre.

 

En temps normal, il existe un courant équatorial qui va vers l'ouest, et qui repousse donc les sargasses qui seraient dans le secteur. Ce courant est contrebalancé par un léger contre-courant qui va dans l'autre sens, vers l'est. Eh bien vous me croirez ou pas, en 2010 ce courant a été un peu plus fort que d'habiture, ce qui a encore plus empêché les sargasses de repartir vers l'ouest.

Résumé des faits pour 2010 : un gros paquet de sargasses stagne au nord-est du Brésil.

 

Toujours pas de rapport avec la Guadeloupe. La vie n'est pas simple, je vous l'ai déjà dit.

Ibis sacrés regardant passer les nutriments dans l'Amazone, sur l'île de Marajo.

Ibis sacrés regardant passer les nutriments dans l'Amazone, sur l'île de Marajo.

Il se trouve que dans cette zone du Brésil, le gros fleuve Amazone déverse ses eaux, chargées en nutriments. Et que cette interaction entre les nutriments et les sargasses a causé leur énorme prolifération. Nitrates et phosphates fournis par le fleuve ! Cerise sur le gâteau, 2015 est également une année anormale pour ce qui est des brumes de sables. Ce phénomène est intense depuis deux à trois mois et sans répit. Et ces brumes déposent des quantités importantes de nitrates, phospahtes et fer, tout ce qu'aiment les sargasses.

 

La suite on la connaît. Le courant Caraïbe fait voyager ces algues, qui viennent maintenant apporter une touche de déco à certaines parties du littoral.

Enfin de nouvelles teintes dans la palette du peintre. Ocre, rouge et brun. Ici, à Marie-Galante.

Enfin de nouvelles teintes dans la palette du peintre. Ocre, rouge et brun. Ici, à Marie-Galante.

Les questions que je me pose sont les suivantes :

 

Est-ce que les apports de nutriments de l'Amazone ont été plus forts en 2010 que par le passé ? Certains en effet mettent en cause la déforestation, qui aurait pour conséquence un apport accru de nitrates et de phosphates dans le fleuve. Mais je me dis que malheureusement, la déforestation ne date pas d'hier, ni d'avant-hier. Y aurait-il eu un effet de seuil ? Ou alors, le taux de nutriments normal de l'Amazone aurait-il de toutes façons suffi à booster les algues ?

 

Est-ce que cette énorme masse d'algues au large du Brésil a tendance à se réduire ? Puisque le renforcement du pot-au-noir et du contre-courant - causes premières de l'accumulation - ne se sont pas renouvelés, peut-être y a-t-il une chance que l'intensité du phénomène diminue globalement ? Et qu'à moyen terme, les impacts sur notre petite île soient moins importants ?

 

Comment se fait-il que l'espèce de sargasse dominante aux Antilles ne soit pas la même que celle du Triangle des Bermudes ? Deux espèces co-existent aux Bermudes : Sargassum natans (90%) et S. fluitans (10%). Aux Antilles, seule S. fluitans a été observée jusqu'à maintenant.

 

Pourquoi ne s'est-il rien passé en 2013 ? 

 

 

 

Un oeil exercé repèrera un petit banc de S. fluitans juste derrière l'îlet.

Un oeil exercé repèrera un petit banc de S. fluitans juste derrière l'îlet.

En conclusion, plus on en sait, et plus des questions se posent. C'est tout le temps comme ça depuis Galilée, il n'y a pas de raison que ça cesse.

C'est bien parce que c'est vous, je me suis fendue de deux petits dessins pour résumer l'histoire.

Sargasse d'un jour, sargasse toujours ?
Sargasse d'un jour, sargasse toujours ?

La suite de la réunion a été consacrée à l'impact potentiel de l'accumulation de ces algues sur la santé humaine et la santé animale tout court, et sur la façon de traiter le problème localement. Le sujet est vaste. Si vous me le demandez gentiment, un article fera suite à celui-là, lorsque des projets de collecte et de valorisation de cette biomasse auront vu le jour.

 

Il n'est pas interdit d'être optimiste !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Histoires
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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 14:15
Je n'ai pas mangé de sac en plastique...

... mais j'ai quand même sauvé une Tortue !

 

Efin quand je dis "je", je me vante. Je n'étais pas seul.

Retour sur les faits.

 

Comme nul ne l'ignore, les puces se tiennent au Moule le deuxième dimanche de chaque mois. En tant que Pic, je ne m'interdis pas les puces (j'en ai d'ailleurs parfois quelques-unes dans mon noir plumage).

 

Je baguenaudais donc, en compagnie des mes amies Alex et Aude, qui terminaient tout juste leur patrouille Tortues marines. Bredouilles après une nuit sur l'anse de Lavolvaine, dans le grand Nord (de la Grande-Terre). Bredouilles pas tout-à-fait, puisqu'elles virent un OVNI. Et je témoigne sous serment qu'elles n'étaient sous l'influence d'aucune substance particulière - si ce n'est leur dose quotidienne de vent du large. Mais de Tortues, point. L'OVNI fera probablement l'objet d'un article à venir.

 

J'étais sur le coup du siècle. Un plein bocal de vermisseaux en conserve pour seulement un Euro. Ce sont mes oisillons qui auraient été contents.

 

Je n'ai pas mangé de sac en plastique...Je n'ai pas mangé de sac en plastique...Je n'ai pas mangé de sac en plastique...

Mais le destin en a décidé autrement. Est-ce que vous croyez au destin ?

 

Là n'est pas la question. Le téléphone d'Alex fit entendre sa sonnerie cristalline. "Allo, ici Captain Chabrolle, coordinateur réseau Tortues. La gendaremerie du Moule me signale un individu en détresse sur le front de mer. Go go go". Ces mots à peine prononcés, je pus constater le dévouement sans limite des Turtle Shepherds. Renonçant immédiatement à l'achat d'escarpins (2 Euros) pour se précipter sur les lieux. Qui par chance étaient à deux pas. A proximité de la station service du bord de mer. 

 

Destin encore me direz-vous, la gente masculine du réseau avait aussi décidé de chiner aux puces. Thierry et Pierre nous rejoinrent donc dans des délais à faire pâlir de jalousie le SMUR ou autres pompiers. 

La scène de crime. ManGinette est arrivée on ne sait comment dans ce piège.

La scène de crime. ManGinette est arrivée on ne sait comment dans ce piège.

Elle ne semble pas blessée.

Elle ne semble pas blessée.

Alex explique que non, on ne touche pas les tortues, même à Malendure.

Alex explique que non, on ne touche pas les tortues, même à Malendure.

Sauf bien sûr si on est estampillé Réseau Tortues (formation en musculation offerte).

Sauf bien sûr si on est estampillé Réseau Tortues (formation en musculation offerte).

Sérieuse préparation du baguage.

Sérieuse préparation du baguage.

Proverbe que je propose à Hector Poullet : "On toti lou kon on boukèt mò".

Proverbe que je propose à Hector Poullet : "On toti lou kon on boukèt mò".

Ici la prise est sure.

Ici la prise est sure.

Et voila, dame ManGinette est prête pour le grand jeu.

Et voila, dame ManGinette est prête pour le grand jeu.

Mensurations svp.

Mensurations svp.

Bague à tribord.

Bague à tribord.

Bague à babord.

Bague à babord.

Photo-identification (votre compte est bon, estimez-vous heureuse d'avoir échappé au prélèvement d'ADN).

Photo-identification (votre compte est bon, estimez-vous heureuse d'avoir échappé au prélèvement d'ADN).

La coopération est totale avec les forces de l'ordre, on est vernis !

La coopération est totale avec les forces de l'ordre, on est vernis !

Il est temps que ManGinette retrouve son petit chez elle : l'océan.

Il est temps que ManGinette retrouve son petit chez elle : l'océan.

Thierry a filmé cet instant  https://youtu.be/SNG0Cy-Wp-Q

 

Nous saluons ici le monsieur qui a prévenu la gendarmerie. Nous espérons qu'il lira ces lignes car nous n'avons pas eu le temps de le remercier.

 

Crédits photos (ça fait chic) : AEVA, Kap Nat'... Le réseau en marche !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Histoires
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 19:38
Jardin d'O, le jour de la fête de la musique.

Jardin d'O, le jour de la fête de la musique.

Roulement de tambour opéré par mon bec de Toto-Bois !

 

Ce soir vous sont dévoilées les plus belles images du concours photo Mares & Marais.

 

En préambule, je dirai que nos amis de l'OMMAG ont raflé les trois marches du podium. J'entends déjà les commentaires.

 

"C'est quoi l'OMMAG ?"

"Ils ont surement triché."

"Comment se fait-il que de vulgaires (si si) amateurs de baleines puissent faire de belles photos de marigots ?"

 

Ainsi va la vie, allons dans le sens du courant.

 

 

Larguez la mare !

Nous avons reçu 28 clichés. Le jury était composé de 8 des membres du bureau d'AEVA (le 9ème étant en vacances, n'a pas pu s'acquitter de son devoir. Nous allons d'ailleurs peut-être l'exclure pour faute grave). Il leur a été demandé de choisir 10 photos parmi les 28, et de les classer par ordre de préférence.

 

Comme à l'Eurovision ou pour les Zoscars, je vous donne les résultats en partant de la fin. Pour ménager un peu de suspens tout de même.

 

 

 

10ème - Rainbow ailleurs.

10ème - Rainbow ailleurs.

Cédric Gourret, alias Captain Nemo, en est l'auteur. Ne cherchez pas plus longtemps, ce plan d'eau se trouve en arrière-plage de Grande Anse à Deshaie. Un bon plan je trouve.

 

 

9ème - Cocorikaw.

9ème - Cocorikaw.

Franck Decluzet a triché (même pas en Guadeloupe), mais tous les coups étaient permis. "Mon doux rêve de cabane dans les marais de Kaw". Je n sais pas si les Pics pleurent, mais j'écrase quand même une petite larme. Le surnom de Franck est "Le grand châtain avec un objectif noir".

 

 

 

8ème - Priez pour nous.

8ème - Priez pour nous.

Saint-Félix priez pour nous, nous dit Thomas Delhotal (Siffleur d'Amérique pour les intimes). Les arcs-en-ciel (arcs-en-cieux ?) ont du succès.

 

 

 

7ème - Tension de surface.

7ème - Tension de surface.

Emilie Barraux, alias Lili Bawo nous offre ce petit morceau végétal flottant sur une eau noire.

 

 

 

6ème - Chevalier servant.

6ème - Chevalier servant.

Servant à quoi me direz-vous ? Mais à faire beau pardi. Laurent Malglaive (dénommé Cowboy) nous dit, et nous le croyons, qu'il s'agit d'"Un petit chevalier au ras des salines de la Pointe des Châteaux".

 

 

 

5ème - Mare ombragée.

5ème - Mare ombragée.

"Qu'il fait bon prendre le frais aux fins fonds des Grands-Fonds". Marie-France Barré, alias Garance voyageuse (avec toujours un chapeau rose) en est l'auteur.

 

 

4ème - Gallinule.

4ème - Gallinule.

Pas si nulle la Poule d'Eau. Encore une infâme tricherie, Thomas avait envoyé deux photos.

 

 

3ème - Pause sous le vent.

3ème - Pause sous le vent.

On arrive dans la cour des grands. Le 3ème est une 3ème. Patachon (Patricia Brouard) nous montre qu'une échasse chassant échasser etc... (sans oublier qu'il y a les bonnes échasses, et les mauvaises échasses).

 

 

2ème - Ombre et lumières.

2ème - Ombre et lumières.

Captain Achab (Laurent Bouveret, who else ?) nous livre un mammifère, mais pas marin. Lac Gachet, Port-Louis, antan lontan de l'eau et de la lumière…

 

 

1er - Zouk dans les palétuviers.

1er - Zouk dans les palétuviers.

Je suis bien aise que Dan le bleu (c'est qui ?) aie gagné le concours. Il s'est tout de même fendu d'un joli texte. 

 

"Après le carême et tant de privation en gardant les boeufs, le charme se met en place, l'aigrette n'est plus aigrie.

Elle se transforme, met sa plus belle robe, sa grâce donne lieu a des séquences colé séré et de dièse.

La musique, les chants sont essentiels pour danser le zouk dans les palétuviers...

La suite donnera un nid de bonheur pour que la partition reprenne chaque année".

 

Merci Dany Moussa.

 

 

28 moins 10 = 18 (jusqu'à présent).

Nous ne vous faisons pas grâce de ces 18 photos, drôlement belles aussi.

 

 

 

Larguez la mare, de Boul sans Bill (François Boulland) - Puits de vie au coeur des Grands Fonds, là où l'eau est parfois si rare.

Larguez la mare, de Boul sans Bill (François Boulland) - Puits de vie au coeur des Grands Fonds, là où l'eau est parfois si rare.

Sous le vent, de Moqueur Corrossol (Nicolas Barré) - La lagune se mire à Vieux-Habitants.

Sous le vent, de Moqueur Corrossol (Nicolas Barré) - La lagune se mire à Vieux-Habitants.

Effet de miroir, de Céline Lesponne - Reflet de l'antenne de la Citerne sur le Lac Flammarion, massif de la Soufrière.

Effet de miroir, de Céline Lesponne - Reflet de l'antenne de la Citerne sur le Lac Flammarion, massif de la Soufrière.

Prince du marigot, de Boul sans Bill - Où le crapaud buffle cotoie son cousin le bœuf.

Prince du marigot, de Boul sans Bill - Où le crapaud buffle cotoie son cousin le bœuf.

Entre ciel et mare, de Lili Bawo - Petit étang de Nogent, non loin de Pointe Allègre et de la Plaine des boeufs, Sainte Rose.

Entre ciel et mare, de Lili Bawo - Petit étang de Nogent, non loin de Pointe Allègre et de la Plaine des boeufs, Sainte Rose.

Mini marigot irisé, de Claudie Pavis (Fifi Gongon) - Un tout petit bassin versant, en pleine rue à Pointe-Noire, a collecté cette eau chargée d'hydrocarbures. Beauté toxique.

Mini marigot irisé, de Claudie Pavis (Fifi Gongon) - Un tout petit bassin versant, en pleine rue à Pointe-Noire, a collecté cette eau chargée d'hydrocarbures. Beauté toxique.

Big brother is watching you, de Gérard Hostache (Gé la Menace) - Mare de Saint-Félix.

Big brother is watching you, de Gérard Hostache (Gé la Menace) - Mare de Saint-Félix.

Une mangrove grenadine ! de Félix Bompy (Albator) - Dans ce marigot bouché par un cordon sableux, la teneur en oxygène est si pauvre que se développent des bactéries, qui le remplacent en utilisant le soufre. Elles donnent cette couleur rose qui contraste de manière si surprenante avec le vert des palétuviers. Ces bactéries ne sont pas encore clairement identifiées et on ne sait pas précisément ce qui est à l'origine de leur apparition. Le phénomène observé à Grand-Bourg de Marie-Galante est également visible en Martinique sur la plage du Diamant. Des scientifiques mènent l'enquête pour en savoir plus.

Une mangrove grenadine ! de Félix Bompy (Albator) - Dans ce marigot bouché par un cordon sableux, la teneur en oxygène est si pauvre que se développent des bactéries, qui le remplacent en utilisant le soufre. Elles donnent cette couleur rose qui contraste de manière si surprenante avec le vert des palétuviers. Ces bactéries ne sont pas encore clairement identifiées et on ne sait pas précisément ce qui est à l'origine de leur apparition. Le phénomène observé à Grand-Bourg de Marie-Galante est également visible en Martinique sur la plage du Diamant. Des scientifiques mènent l'enquête pour en savoir plus.

Je propose qu'on donne le premier prix de littérature à Félix.

T'as de beaux yeux, de Robert Hamparian (Bop l'éponge) - A la source de Poucet.

T'as de beaux yeux, de Robert Hamparian (Bop l'éponge) - A la source de Poucet.

Petit chevalier, d'Anthony Levesque (Fondu déchaîné) - Miroir, ô mon beau miroir. Désirade, mars 2014.

Petit chevalier, d'Anthony Levesque (Fondu déchaîné) - Miroir, ô mon beau miroir. Désirade, mars 2014.

Araignée du midi, de Garance voyageuse - Araignée faisant ses ablutions dans un trou d'eau des Grands-Fonds.

Araignée du midi, de Garance voyageuse - Araignée faisant ses ablutions dans un trou d'eau des Grands-Fonds.

Le Marais de Fole Anse, de Thibaut Foch (Bilbo) - Prisonnier des racines serpentueuses des mangles médaille, le marais de Folle Anse est digne d'un conte fantastique. On imagine aisément des créatures en forme de grenouille géante vivant dans ces eaux stagnantes, se nourrissant de millions de yen-yens et à l'occasion d'un bon bœuf tirant !

Le Marais de Fole Anse, de Thibaut Foch (Bilbo) - Prisonnier des racines serpentueuses des mangles médaille, le marais de Folle Anse est digne d'un conte fantastique. On imagine aisément des créatures en forme de grenouille géante vivant dans ces eaux stagnantes, se nourrissant de millions de yen-yens et à l'occasion d'un bon bœuf tirant !

Prix de l'innovation picturale à Thibaut.

Erosion émotion,  de Moqueur Corrossol - Trous d'érosion dans la dalle de corail, plateau déchiqueté Désirade.

Erosion émotion, de Moqueur Corrossol - Trous d'érosion dans la dalle de corail, plateau déchiqueté Désirade.

Noir Désiles, de Gé la Menace - Mangrove de Port-Louis.

Noir Désiles, de Gé la Menace - Mangrove de Port-Louis.

Du côté de Saint-Félix, de Michel Perrault.

Du côté de Saint-Félix, de Michel Perrault.

Elle est où la sortie ? de Marc Boisseau (Max la Menarc) - Mangrove de Petit-Canal.

Elle est où la sortie ? de Marc Boisseau (Max la Menarc) - Mangrove de Petit-Canal.

Le wild, de Marion Diard (Mélusine) - Un caméléon bien caché sous la saline de Grand îlet.

Le wild, de Marion Diard (Mélusine) - Un caméléon bien caché sous la saline de Grand îlet.

Si 'étais une frégate, d'Emilie Peuziat (Grive Fine) - La saline de la Pointe des Châteaux. Mais vue d'en haut !

Si 'étais une frégate, d'Emilie Peuziat (Grive Fine) - La saline de la Pointe des Châteaux. Mais vue d'en haut !

Pour conclure, et si on me demandait mon avis, je dirais :

 

1- Une fois de plus, les piafs ont eu la part belle dans le classement. Les humains ont tendance à préférer les oiseaux et papillons, aux limaces et cloportes. Personellement en tant que Pic, j'aime bien les vermisseaux.

 

2- Le pic-nique de non remise de prix a été annulé (ce qui fait beaucoup d'aspects négatifs), mais c'est reculer pour mieux sauter. La sauterie se tiendra en septembre, les cyclones eux-mêmes ne nous décourageront pas. Et qui sait d'ici là, quelques petits cadeaux auront peut-être eu le temps d'être préparés par le staf.

 

3- Vous avez une idée pour le concours-photos de l'an prochain ?

Sétékri par AEVA le Toto-Bois - dans La vie rêvée d'AEVA
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 11:59
Recherchons Mares et Marais

Vous qui aimez la nature, nous vous proposons de participer à un concours photo pas comme les autres.

Pour sortir des sentiers battus, il n'y a aucun prix de prévu.

Vous participerez pour la gloire, ou tout simplement pour le plaisir de donner.
Ce concours est ouvert à tous ceux qui le souhaitent.

Le mode d'emploi est très simple.

1- Sortez vous promener, et que vos pas vous mènent dans une zone de "Mares et Marais" (qui, nous le rappelons aux étourdis, constituent le thème de l'année pour AEVA).
Mares et Marais au sens large, nous acceptons les produits dérivés (salines, marécages, étangs, mangroves, flaques, verres d'eau...). Le cliché peut aussi se focaliser sur les habitants des Mares et Marais (végétaux, animaux...).
Cependant, la photo devra avoir été prise en Guadeloupe, y compris les dépendances et les îles du Nord.

1-bis - Si vous êtes casanier ou en petite forme, ne sortez pas. Recherchez dans votre ordi une photo qui ferait l'affaire. Mais prenez du magnésium, ça vous redonnera l'envie de prendre l'air.

2- Une fois LA photo prise ou choisie, vérifiez qu'elle n'est pas trop lourde (pas plus de 5 Mo), et envoyez-là par mail à claudie.pavis@antilles.inra.fr. Il est également possible d'envoyer un dessin ou une peinture. Indiquez dans votre message :

  • Votre nom (ou pseudo si vous souhaitez garder l'anonymat).
  • Un titre pour votre photo/dessin.
  • Quelques mots de légende, à votre convenance.

3- Il ne vous reste qu'à attendre pour savoir si vous ferez partie des lauréats. En fonction de vos envois, nous créerons peut-être des catégories.

Un jury local de chez local délibèrera dans la plus grande subjectivité, et rendra son verdict à la fin du mois de juin.
Par la même occasion, chacun sera invité (s'il a pris son magnésium) à un pique-nique dans un endroit qui reste à déterminer. Nous éviterons toutefois un coin trop marécageux.
A l'issue du concours, vos photos seront publiées dans le blog d'AEVA, ainsi que sur un outil, paraît-il épatant, dont m'a parlé mon voisin, qui s'appelle Pacelook ou quelque chose comme ça.

Seule contrainte, nous envoyer votre photo avant le 22 juin, le cachet de magnésium faisant foi.

C'est parti !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Rencontres
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 22:20
Les oreilles de la foi

Le Parc National de la Guadeloupe s'intéresse de près à un oiseau très discret, le Râle gris. Cet habitant des mangroves ne se laisse pas observer facilement. Il est plus fréquent de l'entendre, mais il chante de préférence la nuit. Un oeil afûté remarquera cependant un râle sur le dessin, surpris tout-à-fait par hasard lors d'une promenade en kayak du côté de l'îlet La Biche.

 

En 1995, Simone Mège avait étudié les râles à l'îlet Fajou, où vit une population de plusieurs dizaines d'individus. L'étude précise qu'ils se nourrissent entre autres de crabes, se déplacent au sol et nichent au niveau des pneumatophores ou des branches basses des palétuviers.

 

Quelle horreur, pourquoi ne pas nicher comme moi bien au sec !

 

Tous les goûts (et les égouts) sont dans la nature.

 

Le Parc voudrait savoir si les autres zones potentiellement favorables du Grand Cul-de-sac marin hébergent aussi le râle.

 

N'écoutant que leur courage, quelques fondu(e)s d'AEVA ont accepté de donner un coup de main, et ont été chargés de suivre 5 points dans la zone de Birmingham / Pont de l'Alliance à Baie-Mahault. Pas moins de trois répétions en mars, avril, mai.

 

La technique est simple.

 

 

Les oreilles de la foi

Se lever tôt.

Les oreilles de la foi

Accepter de patauger, armé seulement d'une lampe frontale.

Les oreilles de la foi

Rester un petit moment les pieds dans la boue, la tête dans les étoiles. Ecouter. Si rien ne vient (hormis les yenyens), sortir le lecteur MP3, et s'adonner à ce qu'on appelle la repasse, en jargon ornitho. La bonne vieille technique de l'appeau, mais en version numérique (ne pas oublier les piles, sinon colère assurée du patriarche).

Les oreilles de la foi

Entretemps le soleil s'est levé, hâtons-nous. Il est dit dans la bible du râle qu'au-delà d'une heure après le lever du soleil, les chances de contact fondent comme neige au soleil.

Les oreilles de la foi

Une dernière écoute attentive, bien calé sur une racine. Rien cette fois dans la zone, alors qu'en avril, victoire, le râle fut entendu après la repasse sur un des 5 points. Mais en compensation, le spectacle des palétuviers rouges la nuit, les petits crabes violonistes qui détalent en pagaille, un sphinx aux yeux phosphorescents, les pneumatophores noirâtres tels des petits crayons dressés, et une libellue prise dans le faisceau de la frontale...

 

 

 

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Ornitho
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 18:16

Il y a quelques jours, j'étais légèrement déprimé, sans douté éreinté par mes travaux annuels d'excavation de tronc. C'est que Germaine va sans doute bientôt pondre et une fois encore, il va falloir assurer.

 

Dans ces cas-là, j'ai tendance à me laisser aller, et à surfer sur mon écran de 5 plumes et demi. Et là, je tombe par hasard sur le site de l'ASFA. Jusque là rien d'extraordinaire, à part peut-être une observation de Balbuzard Caraïbe. Mais ceci est une autre histoire, dont nous auront peut-être l'occasion de reparler.

 

 

Les-Saintes-Terre-de-Bas-2012.jpg

 

Des Scinques aux Saintes !

 

Comme je vous le dis.

 

Les collègues de l'ASFA ont tout d'abord repéré en novembre dernier un individu à Terre-de-Haut, puis un groupe de quelques individus deux semaines plus tard, dans le même secteur. Ne me demandez pas exactement où, le secret le plus absolu plane pour le moment sur la localisation précise de ces "couleuvres batardes" ou "zandolis dorés", comme vous voudrez. Dans le même temps, un habitant de Terre-de-Bas montrait un spécimen capturé dans son jardin 5 ans auparavant.  

Je dois avouer que les troupes d'AEVA ont dans un premier temps été un peu vexées, étant en charge depuis 2012 d'une étude dont le but est d'en savoir le plus possible sur ces lézards, qui ont finalement été redécouverts depuis peu en Guadeloupe. C'est un peu notre bébé le sujet Scinques, nous y avons d'ailleurs consacré plusieurs articles sur ce blog :

Mission Tintamarre (2014)

Captain Titékay (2014)

Deux chasseurs sachant chasser le Scinque (2013)

Les amateurs de Scinques persistent et signent (2012)

Le club des Scinques (2012)

 

Mais il faut bien le dire, les Scinques sont à tout le monde. Nous avons pu aprofondir les connaissances sur leur présence, leur répartition, leur comportement à Petite Terre, la Désirade et Tintamarre à Saint-Martin. Mais les Saintes, c'est la cerise sur le gâteau.

 

Mon sang de Toto-Bois ne fit donc qu'un tour, et je sortis immédiatement mon petit magnéto à pédales, pour aller tirer les vers du nez (pour changer de les tirer de l'écorce), à Olivier Lorvelec qui en connaît un rayon sur les Scinques. Puisque c'est lui qui coordonne l'étude AEVA sur le sujet.

 

En avant-première donc, son analyse.

 

Desirade-Les-Galets-2014.jpg

 

Toto-Bois - Peux-tu nous rappeler les travaux d'AEVA sur les Scinques ?

 

Olivier - En 2012, nous avons mis en place un programme d'étude et de conservation, avec document de synthèse préparatoire, protocoles, obtentions de permis, et mise en place d'une collaboration internationale. Deux étudiants ont dans ce cadre travaillé sur leur répartition et leur comportement à Petite Terre et à Désirade. Avec les autorisations nécessaires, nous avons collecté du matériel sur Terre de Bas de Petite Terre, la Désirade et l’île Tintamarre. Nous sommes en relation avec Blair Hedges (université de Pennsylvanie) et Nicolas Vidal (Museum National d'Histoire Naturelle) pour les études de morphologie et de génétique (phylogénie et isolement) des formes correspondant à ces populations. Il est d’ailleurs possible que ces études aboutissent à la description de nouveaux taxons. Par ailleurs, nous recherchons d'autres populations de Scinques dans les Antilles françaises et nous communiquons largement auprès de la communauté scientifique et associative sur le programme et ses résultats préliminaires.

Les-Saintes-Cabri-Ponton-2011n-b-copie.jpg

 

TB - Des Scinques aux Saintes, ça t'étonne ?

 

OLIl n’y avait, jusqu’à présent aucun signalement confirmé de scinques aux Saintes. Cependant, comme sur les autres îles sans mangoustes, la présence de scinques y semblait possible. Le spécimen prélevé il y a 5 ans sur Terre-de-Bas et conservé en alcool, et les scinques observés à Terre-de-Haut, appartiennent probablement à une espèce non décrite du genre Mabuya ou du genre Capitellum, et peut-être même à deux taxons différents. Deux arguments permettent de poser l’hypothèse d’un ou deux taxons non décrits. D’une part, Hedges & Conn ont montré que les Mabuyinés ont évolué vers des formes endémiques micro-insulaires dans les Petites Antilles. D’autre part, les Saintes constituent un banc géologique différent de l’ensemble Grande-Terre et Basse-Terre (et leurs île et îlets satellites, dont la Désirade et les îles de la Petite Terre). Rappelons qu’Anolis, Sphérodactyles et Couresses des Saintes sont aujourd’hui traités au rang d’espèces endémiques et que des sous-espèces différentes sont présentes sur Terre-de-Haut et Terre-de-Bas dans le cas de l’Anolis et de la Couresse des Saintes.

 

TB - Donc il est fort problable que Les Saintes abritent une nouvelle espèce de scinques. Mais alors que faire maintenant ? 

 

Scinque-copie-1

  Je pose la question.

 

OL -  A priori, mais ce n’est qu’une réflexion préliminaire, les échantillons pourraient alors être exploités de la façon suivante.


Les Scinques de Terre-de-Bas et de Terre-de-Haut des Saintes mériteraient d’être décrits. Le spécimen de Terre-de-bas, en alcool, contient peut-être lui aussi de l’ADN exploitable. Ce spécimen et d’autres spécimens ou bouts de queues provenant des Saintes pourraient, s’il s’agit du genre Mabuya, s’intégrer dans une analyse génétique plus globale des relations phylogénétiques des espèces du genre Mabuya pour lesquels de l’ADN serait disponible (la Dominique, la Désirade, la Petite Terre, Grande-Terre ?, Terre-de-Bas des Saintes ? Terre-de-Haut des Saintes ?).

 

Toto-Bois - Merci Olivier de nous avoir donné l'exclusivité de cette interview. Nous suivrons avec attention les épisodes qui ne manqueront pas de se concrétiser. Scinque's story, saison 4 !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans Reptiles
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:52

Titre alternatif : Le Grand Fond avec une chaussure noire.

 

Sans-titre4.png

 

Les Grands Fonds, c’est un monde à part. Surgies de l’océan, ces roches calcaires (surnommées « tuf » par chez nous) ont été lentement modelées par les averses aussi brèves que puissantes qui les assaillent depuis un bon million d’années. C’est qu’il pleut dans les Grands Fonds ! Les pluies de la Basse-Terre sont célèbres mais saviez-vous que les Grands Fonds sont en lice pour le record mondial de précipitations de courte durée ? C’est en tout cas ce que suggèrent les pluies record enregistrées du côté de Port-Blanc, Barot et Masselas le matin du 26 novembre 1970 (38mm en une minute !).

 

Finalement, à force de bains de mer et de douches intempestives, les Grands Fonds sont devenus la peau fripée de la plane Grande-Terre… Un vaste dédale de mornes paisibles et de vallées humides au fond desquelles se cachent d’innombrables mares au milieu d’une végétation luxuriante : l’endroit idéal pour inaugurer notre nouveau thème « Mares et marais » ! Alors allons-y, pataugeons, barbotons, vasouillons, grenouillons à l’affût des libellules, demoiselles, tortues et autres araignées aquatiques.

 

pas mure

 

Micrathyria didyma

 

Cette première escapade nous a menés sur la trace de la Grand Mare, entre Pliane, Port-Blanc et Michaux. Discrètes de bon matin, les libellules ont fini par se montrer.

 

verte

 

des vertes - Erythemis vesiculosa,

 

Rouge

 

des rouges - Tramea abdominalis,

 

Bleue

 

des bleues - Lestes sp., seules ou « accompagnées » : un beau spectacle pour qui prend le temps de regarder.

 

Sans titre

 

Ici et là, quelques bœufs qui paissent à l’ombre bienvenue des manguiers, des arbres à pain ou des calebassiers dont certains comptent leurs jours sous l’étreinte meurtrière des figuiers maudits. C’est la vie… Bonne surprise lorsque nous croisons quelques palmiers glouglou Acrocomia karukerana, espèce devenue rare et protégée mais qui subsiste encore dans les Grands Fonds.

 

Sans titre-copie-1

 

Pas d’autres promeneurs à l’horizon dans ces vallons tranquilles mais l’empreinte de l’Homme est là, sur les versants défrichés où poussent un peu d’igname, de giraumon, de manioc et de pois d’angole, tandis que quelques tas de cendres témoignent d’une activité de charbonnage qui perdure.

 

Sans titre-copie-2

 

Sans oublier des restes de vieux murets en pierres où nous avons guetté en vain l’éclat cuirassé d’hypothétiques scinques.


Sans-titre-copie-3.png

 

Pas de sortie AEVA sans une aquarelle de Claudie, c’est presque un rituel - et l’occasion de se poser un peu dans un cadre enchanteur, de grignoter un bout et de guetter les petites bêtes qui nous échappent en chemin.

 

Sans-titre-copie-4.png

 

Araignée de la famille des Pisauridae.


Sans titre2

 

Bain de soleil pour un sans-papier. Zachrysia provisoria. Escargot brun de Cuba introduit vers la fin des années 2000.

 

Sans-titre-copie-5.png

 

Puis il est temps de reprendre le chemin, sans être tout à fait sûr qu’il s’agit du bon… mais qu’importe. Quand nos mollets finissent de nous hisser, non sans mal, au sommet d’un morne où nous retrouvons le goudron et qu’une trouée nous offre une vue inédite sur les Saintes, on est à la fois ravi déboussolé.

 

A se demander si les lignes sinueuses des Grands Fonds ne courberaient pas un peu l’espace et le temps…

 

 

Photos Thomas Delhotal (Siffleur d'Amérique) et Nicolas Barré (Moqueur corrossol).

Sétékri par Le Siffleur d'Amérique - dans Sorties & réunions mensuelles
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 15:52

Marais-Port-Louis-Guadeloupe.jpg

 

Bientôt vous arracherez la dernière page de votre éphéméride, telle l'aile diaphane de l'insecte qui ne dure qu'un jour, l'éphémère.

 

La transition n'est pas mauvaise, puisque l'éphémère, avant d'être ailé et d'occuper l'espace aérien, est une petite bête aquatique. Parfois appelée patache. Ne me demandez pas si les larves d'éphémères mènent une vie de patachon, je ne les fréquente pas assez régulièrement pour en être sûr. Bien qu'en bon Pic qui se respecte, j'en boulotte parfois quand l'occasion se présente.

 

Mais revenons à nos patachons moutons, pourquoi diable vous parlé-je de milieux aquatiques ?

 

Parce que nous avons trouvé le thème de l'année 2015.

 

Non pas vents et marées, mais MARES et MARAIS. Marais au sens large, on ne s'interdira pas une petite mangrove par ci, un étang bois sec ou une saline par là.

 

Le thème est suffisamment large pour imaginer beaucoup d'activités. Et à propos, vous là (oui vous, je ne vois personne d'autre au clavier), vous n'auriez pas des idées ?

 

Hier soir, je prenais du repos sur un palmier à Bel Air Desrosières, là justement où le nouveau bureau d'AEVA se réunissait pour la première fois après l'assemblée générale. J'ai pu capter quelques bribes de la conversation, entre deux éclats de rire. Il faut dire que ces gens-là manquent parfois de sérieux.

 

Les-Saintes-Cabri-Tete-Poterie-2011n-b.jpg

J'ai cru comprendre que la prochaine sortie se déroulerait le dimanche 14 décembre, du côté des Grands-Fonds, la trace de "Grand Mare" justement.

 

Et que priorité serait donnée aux membres à jour de leur cotisation 2014, ou à défaut de 2013.

 

Si ce n'est pas un appel à cotisation, je ne m'y connais pas ! Un simple mail à belairbarre@hotmail.fr vous permettra de tout savoir sur la façon d'alimenter notre trésor de guerre !

Sétékri par Le Toto-Bois - dans La vie rêvée d'AEVA
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