3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 18:12
Paquerette.jpg

Signalé par Jacques Fournet, un site intéressant sur la flore des petites Antilles.
http://ecflora.cavehill.uwi.edu/index.html

Il s'agit d'une base de données web, interrogeable sur la taxonomie, les noms vernaculaires, les habitats, la morphologie, la distribution et le statut d'endémisme. Chaque espèce est accompagnée d'une photographie. Ce projet de base de données a été initié par Sean Carrington, qui est professeur à l'Université des West Indies de la Barbade. Les données reposent principalement sur la flore des petites Antilles (en 6 volumes !) d'Howard.




 

Sétékri par AEVA le Toto-Bois - dans Végétaux
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 12:39
Nous innovons, le programme de février se déroulera en mars. 
Il faut l'avouer, nous avons le bec dans le guidon, et nous nous sommes trouvés un peu courts pour proposer des activités ce mois-ci. 

Réunion mensuelle
Elle se tiendra le vendredi 7 mars à 18 h à l'UAG, avec un exposé de Claudie Pavis intitulé pompeusement 'Thèmes scientifiques abordés à l'INRA Antilles-Guyane dans le domaine végétal : possibilités de limiter les atteintes à l'environnement, et de mieux connaître et utiliser une partie de la biodiversité'. Cliquez pour nous contacter à ce sujet.

Sortie nature
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La rivière Bras-David.

Nous prévoyons une sortie sur les lieux de l'ex (pourvu que ça dure) projet de barrage. La topographie des lieux permet des points de vue plongeants sur une magnifique forêt ombrophile de basse altitude.

Bras-David évoque pour certains un dossier qui, s'il est clos pour le moment, est à garder sous le coude. Un projet de barrage menaçait cette zone protégée car faisant partie de la zone centrale du Parc National. Nous mettrons en ligne (dès que ma dernière couvée m'en laissera le loisir) un premier 'dossier qui fâche' consacré à cette histoire de barrage.
29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 21:45
Aujourd'hui, un peu de légèreté, point de sujets qui fâchent (vous ne perdez rien pour attendre).

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Photo P. Feldmann

Vous connaissez tous les chenilles rasta (Pseudosphinx tetrio), qui découpent joliment les alamandas et les frangipaniers dans vos jardins… Du travail d’entretien en moins, c’est toujours appréciable. Personnellement, je ne fréquente pas les mêmes milieux et jusqu’à nouvel ordre ne consomme pas ces chenilles malgré mon régime de pic partiellement insectivore.
 
Liliane nous a transmis quelques observations intéressantes, permettant de répondre à la question bien légitime « mais à quoi peut bien ressembler le papillon de cette chenille ? ». En exclusivité donc, de notre envoyée spéciale à Leroux en côte sous le vent dans la campagne de Gosier.
 
Cet été nous avons décidé de laisser manger notre frangipanier jusqu’à la dernière feuille par les chenilles du Sphinx du même frangipanier. Le résultat est assez chouette. Les chenilles repues se sont laissées tomber à terre et sont restées immobiles sous la forme d’une pré-nymphe toujours à rayures pendant au moins deux semaines. 

Nymphe-immobileLeroux-128-copie-1.jpg
Photo L. Frenkiel
Excusez le flou de l'image, il y avait de la brume dans mes lunettes

Nous en avons délicatement transféré deux dans une boite à fenêtre pour enfin voir ce qui pouvait bien en sortir. Après une mue, une nymphe rouge sombre est apparue, se manifestant de temps à autre par quelques soubresauts. L’imago a émergé en plein jour en laissant une mue bien fendue du côté thorax.
Nous l’avons photographié pour la postérité avec ses deux mues et l’avons laissé en liberté.

sphynx-et-ses-deux-muesLeroux-161.jpg
Photo L. Frenkiel
Il a attendu la nuit pour partir vers son destin. Le second a fait la même chose (nous sommes statistiquement sérieux à AEVA, nous faisons des répétitions…).
 
Prochaine histoire de mue, bientôt j'espère, mais cette fois-ci d'un vertébré mystérieux. 
Dernière minute.
Des plaintes me sont parvenues des 4 coins de l'univers, d'aucuns affirmant que la chenille rasta, ce n'est pas du tout ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et mon noir plumage a blêmi à l'idée qu'une inexactitude scientifique se soit glissée dans le blog. Eh bien tant mieux, personne n'a tort dans l'affaire, une autre chenille rasta étant cataloguée dans le grand livre de la nature (comme quoi les noms latins ça a du bon).
Il s'agit de Syntomeida epilais, qui vous propose un défilé de mode dans le site de Ti-racoon.
Jolie, sans aucun doute, mais bien moins ancienne que MA chenille rasta, puisque cet insecte (qui a par ailleurs la fâcheuse habitude de manger les lauriers) a été signalé pour la première fois en Martinique en 1981, et en Guadeloupe en 1992.
 
Sétékri par le Toto-Bois & Liliane Frenkiel - dans Entomo
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:10
Uranus-leiulus.jpg

En 2005, si vous habitez la Basse-Terre, vous avez sûrement remarqué des vols de papillons noirs et vert bleuté. Quelle est donc cette espèce ? Depuis quand est-elle en Guadeloupe ? Est-elle apportée par les vents lors des cyclones ? Que mange-t-elle ? Quelle est la dynamique de sa population ? Pourquoi tant de haine ?
Autant de questions sur lesquelles nos meilleurs limiers ont planché, l’affaire étant d’importance. Interpol a même été mis sur le coup, car de semblables volatiles sont observés sur le continent sud-américain (en Guyane, ils sont appelés 'Chinois'), à Trinidad, et plus rarement dans les petites Antilles.
Grâce à une organisation du travail quasiment stakhanoviste, nous sommes maintenant en mesure d’apporter quelques modestes réponses au citoyen curieux des choses de la nature.
 
Identité ?
Ce fut le point le plus facile à établir. Urania leilus. De la famille des Uranidae (on s’en serait douté). Cette famille fait partie des papillons de nuit, autrement dit des hétérocères (un peu d’étymologie ne fera de mal à personne : hétéro=différent, cère=antenne, dans ce groupe des papillons de nuit, on observe de nombreux types d'antennes différentes). Mais curieusement, le genre Urania a des moeurs plutôt diurnes.
 
Date d’arrivée sur le territoire ?
Là ça se corse un peu, car on travaille sans filet, à dires d’experts et de quidams. Mais en recoupant les témoignages, une chose est sûre, la présence d’Urania en Guadeloupe ne date pas d’hier. Les citations les plus anciennes remontent aux années 70 sur le site de Valombreuse, où il aurait été aperçu assez régulièrement depuis cette époque, en quantités variables. Mais pas de pullulations telles qu’en 2005. Des habitants de la zone Goyave-Capesterre rapportent des vols importants, au moins en 1998 et 2001. Ca se précise. A ce stade, on ne sait pas encore si Urania vient passer ses vacances en Guadeloupe occasionnellement, où si c’est un travailleur immigré, qui a pris ses quartiers permanents. En tout état de cause, le Ministère de l’Intérieur a été informé, et planche actuellement sur un prototype de charter miniature pour reconduite à la frontière.
A l'heure où je vous parle (début 2008, j'ai un peu laissé refroidir cet article), les choses ont changé, c'est quasiment comme si Urania avait ses papiers : il est maintenant observé chaque année en quantité. Malgré toutes ces précisions, difficile de dire si l'espèce est présente en très faibles quantités depuis la nuit des temps, où d'introduction plus récente. Nous n'avons pour l'instant pas d'éléments pour dire s'il s'agit ou non d'une émigration liée aux activité humaines.
 Où en d'autres termes s'il s'agit d'une espèce exotique envahissante.

Régime alimentaire ?
Alors là, ça a été dur. On avait beau observer les bêtes adultes (appelés aussi imagos, ne me demandez pas la racine latine, je n’en ai aucune idée) au bord des routes, dans le lit des rivières, dans les jardins, pas trace de chenilles suspectes. Les adultes fréquentaient souvent des établissements tels qu’arbres florifères, probablement pour se nourrir de nectar (citons le Pois doux Inga sp. …). Il a fallu toute la ténacité de notre ami et néanmoins éminent entomologiste, Gérard Chovet pour découvrir le pot-aux-roses, ou plutôt la Liane-papaye (Omphalea diandra, une Euphorbiacée), dont se gavent sans vergogne les chenilles d’Urania. En consultant la base de données issues de la Flore de Jacques Fournet, je vois que le statut indiqué pour cette espèce est 'rare', et qu'elle est présente en Guadeloupe (hors dépendances) et Martinique (voir fiche). En creusant un peu, j'apprends qu'elle habite plutôt dans les coins humides, les fonds de vallée, les ripisylves, et qu'elle serait très rare en Martinique. Tout celà pose plus de questions que ça n'en résout. Si la plante-hôte est rare, comment fait-elle pour nourrir toutes ces chenilles ? Y aurait-il une plante-hôte secondaire inconnue ? Le schmibilibilik est-il vert ? J'ai pu interviewer Daniel Marival (espèce rare : à la fois entomologiste et botaniste), il estime que cette Liane-papaye n'est pas ou plus si rare que ça en Guadeloupe, il l'observe fréquemment en différentes localités des communes de Petit-Bourg, Lamentin, Goyave, et rapporte qu'on lui a signalée à Sainte-Rose. Les lianes poussent sur les arbres, et les graines sont disséminées, ou germent au pied des arbres.

Impacts sur les milieux ?
Impact esthétique certain (à condition d'aimer les couleurs fluo, et les papillons écrasés sur le pare-brise).
Impact agronomique nul, ce n'est pas un ravageur des cultures (pour l'instant, il ne veut rien manger d'autre que la liane-papaye).
Et impact sur les milieux naturels me direz-vous ? Difficile à dire, il faudrait aprofondir un peu ses relations avec la plante-hôte, et mieux connaître la répartition et l'abondance de cette dernière.

C'est ça qui est énervant, rien n'est simple.
Sétékri par le Toto-Bois - dans Entomo
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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 14:15

Sortie nature

La météo étant ce qu'elle est, nous avons décidé de retourner dans les Grands Fonds de Sainte- Anne où, en moyenne, il pleut moins que dans les montagnes de la Basse-Terre. Nous visons plus précisément la vallée du sud de Saint-Protais (parallèle à celle que nous avons explorée la dernière fois, mais plus au nord). Je laisse la parole à notre beau GOS (gentil organisateur de sorties), Jeff, qui va détailler un peu.

  • Rendez-vous ce dimanche 27 janvier à 9 heures à la sortie du bourg de Sainte-Anne (en direction de Saint-François) à droite, 150 m après la gendarmerie (juste avant le petit-bois qui fait l'angle avec la route de Castaing). Après ce regroupement, nous ferons du co-voiturage jusqu'à l'est de la vallée de Saint-Protais.  
    Pourquoi là ? La dernière sortie dans la campagne, entre les sections Saragote et Grands Fonds, nous a montré ce paradoxe de formations secondaires à la fois très modifiées par les activités humaines (prairies pâturées, jardins créoles, arbres fruitiers isolés) mais également très riches sur le plan des espèces rares (orchidées, mirobolant, résinier de coudre, fougères…), par la taille exceptionnelle de certains individus (Ficus), par les organisations floristiques complexes (individualisation de strates forestières dans les boisements secondaires des versants, associations végétales particulières, groupement d’épiphytes…).
    Ces vallées les plus humides des Grands fonds sont originales d'un point de vue biogéographique. On y trouve des conditions bioclimatiques qui peuvent conduire la végétation à des organisations proches des forêts ombrophiles. Certaines espèces végétales indicatrices rencontrées à l’ouest de Douville lors de la dernière sortie ne laissent aucun doute sur la potentialité écologique du secteur qui est la forêt hygromésophile (selon la nomenclature de l’UNESCO : formation intermédiaire entre la forêt ombrophile tropicale sub montagnarde et la forêt sempervirente saisonnière tropicale). La forêt hygromésophile est présente dans toutes les îles montagneuses des Petites Antilles, le plus souvent très modifiées par les activités humaines. Cependant, entre les Grandes Antilles et Trinidad, le seul secteur offrant des conditions climatique, édaphiques (sol) et biologiques favorables à la forêt hygromésophile est précisément celui des Grands Fonds (peut-être quelques ravines de la Barbade globalement très anthropisées, présentent-t-elles aussi ces conditions.) La nature calcaire du substrat détermine fortement les groupements floristiques et leurs organisations. Cet aspect de l’originalité de la nature à la Guadeloupe est méconnu, nous vous proposons de le toucher du doigt, le fouler du pied et l’apprivoiser du regard... 
    Itinéraire ? Il s’agit au plus simple d’un aller-retour, mais des propositions de circuit en boucle ou de parcours complexes sont les bienvenus pour ceux qui connaîtraient bien le secteur.
    Durée ? Environ 5 heures. Pour des raisons de sécurité et d’organisation, il n’est pas souhaitable de prévoir une participation partielle avec un retour peématuré.
    Equipement ? Equipement habituel pour la marche, risque de boue s’il a plu les jours précédents. Apportez vêtement de pluie, casquette et crème solaire. 
    Repas ? Tiré du sac, prévoyez suffisamment d’eau.

Pendant la sortie, nous vous demandons de ne prélever ni végétaux, ni animaux, ni minéraux, quel que soit leur statut de protection.
 
Pour en savoir (encore) plus, et indiquer votre intention de participer, cliquez .

Réunion mensuelle

Une fois n'est pas coutume, elle se tiendra un jeudi, le 31 janvier à 18 heures. Heure et lieu habituels (18 heures à l'UAG, salle de TB Biologie végétale).

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Xavier Delloue et Simone Mège présenteront la Réserve naturelle du Grand Cul-de-sac marin.
Quel est sont intérêt écologique ? Comment est mis en oeuvre son plan de gestion ? Quelles études scientifiques y sont menées ?

Pour demander plus d'infos, cliquez ici

15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 06:02

pic-de-la-Guadeloupe.jpg 
Illustration de S. Nicolle


Je dois avouer que mon ego enfle un peu.

Figurez-vous que moi, le Pic de la Guadeloupe, j'ai fait l'objet d'une étude en 2007.

Déjà, dans les années 93-94, le Parc National de la Guadeloupe avait soutenu une proposition de Pascal Villard, à savoir étudier mon écologie. Et je dois dire aussi que le même Pascal avait été à l'origine de la fondation de l'association. Je l'entends encore proférer avec son accent inimitable d'Andelot en Montagne (Jura), "mais y'a pô d'association ornitho ici ou bien ??" Mais là n'est pas la question.

Or donc, 13 ans après cette première étude qui fut un vrai cauchemar pour moi (imaginez, je fus traqué, observé, plus aucune vie privée pendant des mois), rebelote. Et pourtant, cette première étude avait débouché sur l'édition d'un beau livre ("tout ce que que vous avez toujours voulu savoir sur moi"), et même sur 2 publications à comité de lecture sur mon régime alimentaire (woodpecker weight watcher) et sur mon ADN ! Eh bien malgré ça, les scientifiques ont remis le couvert. Ils voulaient savoir comment avait évolué les effectifs de ma population, et aussi si par hasard je n'avais pas colonisé certains milieux desquels j'étais absent auparavant.

Le Parc National et la DIREN ont donc financé la suite des opérations. Pascal est revenu sur les lieux du crime, a arpenté au pipirit chantant tous mes habitats potentiels (22 transects dans 9 unités écologiques, avec 4 répétitions s'il vous plait, statistiques obligent), a donné du GPS et du SIG (à vos souhaits), et tout ça pour arriver aux conclusions suivantes :

- les calculs de densité de mes populations de la première étude n'étaient pas d'une précision absolue. Tout simplement parce que pour calculer les superficies des différentes unités écologiques dans lesquelles j'habite, mes observateurs ne disposaient pas du puissant outil qu'est le système d'information géographique, le fameux SIG. Si on refait les calculs, nous n'étions pas 10 000, mais 19 000 couples à un chouia près à l'époque (on me l'aurait demandé, je l'aurais dit).

- actuellement, nous sommes environ 19 000 couples, ce qui voudrait dire que ma population est restée relativement stable quantitativement. Pas encore de quoi proposer à l'UICN de revoir mon statut (proche de menacé), mais tout est loin d'être rose pour moi. Les espaces forestiers n'ont fait que régresser depuis 15 ans, en quantité et en qualité. Je compense en augmentant la taille de mes territoires, mais je ne pourrai pas continuer indéfiniment comme ça. Et je n'aimerais pas passer au statut d'espèce vulnérable, honte à vous tous si on en arrive là.

- malgré ça, j'ai colonisé les Monts Caraïbes, et la partie la plus méridionale des grands-Fonds.

- enfin, le SIG se révèle être un bon outil pour conseiller les gestionnaires d'espaces naturels ou urbanisés. En effet, il permet de pointer les zones à préserver pour éviter que mon territoire ne soit davantage fragmenté. En effet, jai la faiblesse de ne pas savoir voler à découvert. A cause de ça, ma population de Grande-Terre est maintenant isolée génétiquement de celle de Basse-Terre, les derniers traits-d'union forestiers ayant été grignotés par la cité.

Vous pourrez en savoir plus dans quelques jours, le temps de chercher dans mes supports de formation comment mettre en ligne le rapport.

Sétékri par le Toto-Bois - dans Ornitho
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 06:55

Voici une vue de l'Ilet Fajou l'été dernier, qui représente l'Etang Bois-Sec.
Etang-Bois-sec-2007.jpg

 

 

 















Au moment des faits, l'étang n'était pas sec, mais pendant le carême, il prend cet aspect :

Fajou-Bois-Sec.jpg

Mais pourquoi donc vous parlé-je de cet îlet Fajou, confetti de quelques dizaines d'hectares dans le Grand Cul-de-Sac Marin de la Guadeloupe ?

Il faut savoir que cette zone est classée à la fois en Réserve Naturelle, et en Réserve de Biosphère par les Nations-Unies, ce qui n'est pas rien. On trouve sur l'îlet une population de rats, qui cohabite avec des populations animales à forte valeur patrimoniale (tortues marines, râles gris). Les gestionnaires d'espaces naturels et les scientifiques s'intéressent beaucoup à ces rats.

Il y a quelques années, ils ont essayé de les éradiquer. Ce fut un cirque assez extraordinaire : pas moins de 20 personnes mobilisées pendants 30 jours, à disposer des pièges à rat partout dans l'îlet (sur la plage passe encore, mais dans les zones de mangrove c'est moins facile), à relever les pièges tous les jours (attraper le rat vivant dans le piège et lui tordre le cou), à les disséquer tous les soirs (ce n'est pas tous les jours qu'on peut disposer d'une population complète, autant faire tout un tas de mesures et de prélèvements qui vont servir à d'autres études)... Et tant qu'on y était, le piégeage a également été réalisé sur les mangoustes, grandes prédatrices devant l'éternel. Bilan de l'affaire : 742 rats ourdis, 182 souris et 76 mangoustes.  

Un an après, contrôle des bons et des méchants : les mangoustes ont bien été éradiquées. Les rats, pas tout-à-fait et la population s'est doucement reconstituée. Les râles vont bien merci, leur population s'est bien développée depuis ces événements. Quant aux tortues marines, franc succès : leurs pontes étaient détruites à 100%, et depuis l'opération commando, les bébés tortues naissent à nouveau sans se faire gober tout cru par les mangoustes.

JC-Mangoustes-sepia.jpgPastel Jean Chevallier

Et alors on ne mange plus d'omelettes nous ?


Quel rapport avec ma virée sur l'îlet en  juillet dernier ? C'était pour accompagner mes amis ratators et néanmoins AEVistes de longue date, qui poursuivent leurs investigations* . La question est cette fois la suivante : quel est le régime alimentaire des rats, en quantité et en qualité ? (c'est bien beau de les accuser du pire, ils ne mangent finalement peut-être que quelques feuillages et coquillages ?). Mais comment diantre fait-on pour savoir ce que mange un rat sur l'îlet Fajou ?

- on le surveille à la jumelle et on note ce qu'il mange ? Non.
- on l'attrape et on regarde ce qu'il a dans le ventre ? C'est une possibilité mais c'est compliqué car il faut tout observer au microscope et disposer d'éléments de référence.
- on l'attrape, on prélève ce qu'il a dans l'estomac et on réalise des analyses physico-chimiques dont je ne me rappelle plus le nom - ah si, des analyses isotopiques me souffle une relectrice assidue - et qui permettent de connaître les proportions des différents groupes animaux et végétaux consommés. Et pour ça, il faut avoir en même temps prélevé et capturé toutes les espèces animales et végétales potentiellement consommées par le rat sur l'îlet. Ce n'est guère plus simple que l'item du dessus, mais il paraît que c'est ce qui se fait de mieux. Le projet scientifique s'appelle "Aliens", d'autres équipes de par le vaste monde font le même type d'études sur d'autres espèces dites envahissantes.

A suivre de près...


* Lorvelec O., Delloue X., Pascal M. & Mège S., 2004. Impact des Mammifères allochtones sur quelques espèces autochtones de l'îlet Fajou (réserve naturelle du Grand cul-de-sac marin, Guadeloupe), établis à l'issue d'une tentative d'éradication. Revue d'Ecologie (Terre et Vie), 59 : 297-307.
* Lorvelec O. & Pascal M., 2005. French attempts to eradicate non-indigenous mammals and their consequences for native biota. Biological Invasions, 7 (1) : 135-140.
Sétékri par Claudie Pavis - dans Etudes
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 23:00

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Source http://routedeslivres.blogspot.com/2007_08_01_archive.html


Merci à la revue 'L'Orchidophile' qui nous autorise à mettre en bligne sur le log* un article qui décrit en long, en large et en couleurs les 19 espèces d'orchidées sauvages de notre belle Guadeloupe qui bénéficient désormais du statut d'espèce protégée. Un arrêté ministériel datant de 2006 a en effet remplacé celui de 1988, qui ne concernait que 10 espèces d'orchidées.

L'article fournit pour chaque espèce une photo, des éléments d'écologie et précise les menaces qui pèsent parfois lourdement sur les populations.

Cliquez ici (du bout du bec svp) pour télécharger l'article en format pdf.


* Le bureau s'excuse, notre Toto-Bois souffre d'une légère dyslexie, dont quelques séances de rééducation devraient venir à bout.

Sétékri par le Toto-Bois - dans Végétaux
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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 08:59

 

Tamias sibiricus - Source www.nundafoto.net/

Notre fidèle Liliane, toujours vigilente, me signale que la Maison de l'éleveur propose des écureuils de Corée, pour la somme de 72 euros pièce. Elle s'indigne à juste titre que ces animaux soient mis en vente, avec une probabilité proche de 1 que certains individus puissent s'échapper, ou tout simplement être relâchés dans la nature lorsque ces chères têtes blondes, brunes, rousses (ou leurs parents) en auront assez.

Tout juste remis d'un réveillon bien arrosé entre pics de bonne compagnie, j'ai immédiatement alerté le service compétent de l'association (en l'occurence, Olivier, spécialisé sur les espèces exotiques envahissantes).

Telle fut sa réponse :

'Vis à vis de la politique ministérielle à mener, j'ai proposé il y a quelques mois l'interdiction de vente de tous les sciurudés (écureuils) dans les animaleries. On est confronté avec les écureuils aux mêmes problèmes que ceux constatés avec les tortues  terrestres et d'eau douce vendues en animaleries (naturalisation et impacts sur le fonctionnement des écosystèmes, espèces proches remplaçant les espèces interdites, gros capital de sympathie rendant toute intervention très difficile...).

Effectivement, c'est un problème. Le Tamia de Sibérie (Tamias sibiricus), encore appelé Ecureuil de Corée, du Japon, de Sibérie, de Russie, selon sa provenance, est un animal de régions plutôts froides. Il a a priori peu de chance de s'implanter en zone tropicale. Ceci dit, on n'est pas à l'abri de surprises dans ce domaine.

A priori toujours, l'animalerie a le droit d'en vendre et c'est donc difficile d'interdire. Cependant, c'est à vérifier. Il faudrait déjà sensibiliser.'


Et vous, quelle est votre opinion sur la question ?

Nous avons sollicité la DIREN pour qu'elle organise une rencontre avec le responsable de ce magasin. L'idéal serait de lui faire comprendre les enjeux, et lui faire renoncer à commercialiser ces écureuils.

Pour mémoire, une espèce d'écureuil avait déjà été introduite en Guadeloupe, probablement à la fin des années 60. Dans son article (voir Lorvelec et al. 2007 dans la rubrique 'Publications'), Olivier indique qu'il s'agit d'un écureuil de l'espèce Funambulus pennantii, appelée Rat palmiste et nous rapporte les témoignages de deux membres de la famille Petrelluzzi : 

Un couple de ces écureuils aurait été acheté en 1968 à Orlando en Floride, et mis en cage sur un îlet du Petit Cul-de-sac marin, proche d'une centaine de mètre de Jarry. Ils se seraient échappés, et été à l'origine d'une micropopulation sur cet îlet. En 1975-76, 4 individus de cette population auraient été capturés, et mis en cage dans une résidence du Morne Fleuri aux Abymes. Même scenario, les écureuils s'échappent et fondent une autre population. On retrouverait aujourd'hui ces animaux sur les mornes Fleuri, Boissard, Melon, Audebert et peut-être au Jardin d'Essais.

Sétékri par le Toto-Bois - dans Mammifères
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 13:43

JC-Pic-de-la-Guadeloupe.jpg

Illustration Jean Chevallier


C'est donc Toto-Bois qui vous parle. J'ai bénéficié d'une session de formation accélérée pour utiliser les nouvelles technologies de l'information, mon bec acéré et mon intelligence au-dessus de la moyenne m'ayant permis de m'adapter assez vite à l'outil informatique. En préambule, je vous signale que vous avez accès à un certain nombre de pages fixes (3 pour l'instant, il faut commencer doucement), c'est la rubrique 'Pages' située à droite. De même, quelques albums photos sont à votre disposition, ils seront étoffés au fur et à mesure.

J'inaugure le blog en vous indiquant ce qui a été décidé lors de la première réunion du bureau pour cette année 2007-2008.

Tout d'abord, les rôles changent dans le bureau, on ne va pas se scléroser tout de même :

Présidence : Claudie Pavis
Trésorerie : Mathieu Brossaud
Secrétariat : Lisa Lavocat
Tout le reste : Jean-François Bernard (chargé de mission sorties de terrain), Françoise Culson (déléguée aux affaires générales), Maguy Dulormne (secrétariat à la logistique), Daniel Imbert (expert en relations publiques surtout pour le Conseil des Rivages Français d'Amérique), Laurent Malglaive (délégué aux affaires des Tortues marines), et enfin Sylvie Rioual (nouvelle arrivante).

Les bonnes résolutions pour 2008 :

- améliorer notre visibilité (le blog est là pour ça)
- appuyer le réseau Tortues marines, en continuant à coordonner la zone de Saint-François
- conduire l'étude sur les Bryophytes de Guadeloupe et Martinique (financement ONF et DIREN)
- relancer le partenariat avec l'ONF, pour poursuivre les suivis de populations d'iguanes des petites Antilles
- monter un projet pour évaluer le statut des populations du martin-pêcheur à ventre roux
- et bien d'autre choses encore

Ces différents points feront l'objet d'articles circonstanciés (j'ai également suivi une formation en grammaire française, j'en avais besoin, mon language maternel ne m'ayant doté que de 7 ou 8 'kaaaaaaaaaa').

Je vous salue donc du haut de mon pied de cocotier préféré, il faut tout de même que j'aille chercher de quoi manger pour le réveillon du Nouvel an. J'attends vos commentaires avec impatience (il faut cliquer en bas à droite sur ajouter un commentaire, bande d'ignares).

Sétékri par le Toto-Bois - dans Histoires
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