25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 07:31
Devinette : qui pousse ce cri fort (cra cra cra etc...) au détour de certaines rivières de Guadeloupe, de Dominique mais malheureusement plus de Martinique ?

Megaceryle torquatus stictipennis - Cliché P. Feldmann


C'est lui, l'infâme Cra cra, autrement nommé Martin-pêcheur à ventre roux (le Martin-pêcheur sédentaire selon le père Pinchon). A ne pas confondre avec le Martin-pêcheur migrateur, qui fréquente les zones littorales, voire les embouchures de rivières, et qui est beaucoup plus répandu.

An tan pas si lontan que ça (dans les années 70-80), le Cra cra était observé assez couramment sur les rivières de la Basse-Terre en Guadeloupe, depuis le bord de mer jusqu'à plusieurs centaines de mètres d'altitude. Sur le Grand Etang, dans la zone centrale du Parc National, ce martin-pêcheur pouvait être observé quasiment à chaque visite. Petit à petit, l'oiseau fit moins souvent son nid, et depuis 5 ans, il semble qu'il n'ait plus été revu sur ce site par les gardes du Parc ou par d'autres ornithologistes.

Ca ne vous inquiète pas ? Une sous-espèce endémique des Petites Antilles, pour qui l'application au niveau régional des critères de la liste rouge de l'UICN faite par AEVA aboutit au classement 'en danger critique d'extinction' en Guadeloupe. Qui plus est un très bel oiseau, probablement le plus grand martin-pêcheur du monde : curieusement, il se différencie nettement au niveau morphologique de la sous-espèce nominale, largement répandue dans les Amériques (plus grand, queue plus longue, bec plus fort, angle d'attaque de l'aile bordé de blanc,...). A se demander si ce n'est pas une espèce à part entière (fantasmons un peu).

Ca serait tout de même dommage qu'une telle espèce soit la première à disparaître de Guadeloupe, depuis le Rossignol (Troglodyte de Guadeloupe).

Nos envoyés spéciaux ont réussi (nul n'est à l'abri d'un coup de chance), à localiser en 2007 et 2008 des individus nicheurs, sur un des affluents de la Grande Rivière à Goyave. C'est curieux, il s'agit de la rivière la moins polluée par le chlordécone, alors que la Grande rivière de Capesterre qui est quant à elle très polluée (ainsi que les vertébrés et invertébrés qui la peuplent, et qui sont largement consommés par les martins-pêcheurs), semble ne plus héberger les Cra cras. De là à dire qu'il y a une relation de cause à effet, il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais quand même...

Bref, tout ça pour dire qu'il est urgent d'agir, pour savoir de quoi il retourne. Quelle est la répartition actuelle du Cra cra ? Quelles sont ses exigences écologiques ? Y a-t-il des corrélations entre sa répartition et des facteurs tels que relief, pratiques agricoles, zones d'épandage du chlordécone ? Qu'en est-il des populations de Dominique, pour lesquelles il n'y a pas non plus de données dans la littérature ?

Si cette première étude peut être menée rapidement, nous aurons des éléments de réponse pour éventuellement fournir des propositions de gestion. Et qui sait, monter un projet plus ambitieux, intégrant des questions de génétique, de toxicologie...

Nous organiserons prochainement une sortie (à effectifs réduits), pour observer un couple nicheur du côté de la forêt de Jules.
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 10:58
Piloris ou Rat musqué de la Martinique, éteint.
Lithographie de Langlumé dans Geoffroy Saint-Hilaire & Cuvier (1824).


 
Réunion mensuelle
Elle se tiendra le vendredi 25 avril à 18h à l'UAG, avec un exposé d'Olivier Lorvelec, intitulé 'Les Mammifères terrestres de la Guadeloupe et de la Martinique. Ca sera l'occasion d'échanger nos idées sur le cas particulier du Rakoun dont nous vous avons rebattu les oreilles récemment (voir ).

A propos, aviez-vous remarqué une nouvelle rubrique dans les pages fixes ? Oui, en haut à droite : Diaporamas. Au fur et à mesure, nous y joindrons les exposés des réunions mensuelles si leurs auteurs nous y autorisent.

Sortie
Cette fois-ci, c'est 'La tête et les bras' puisque nous arpenterons en kayaks le lagon de Goyave. J'espère trouver un mouchard dans le groupe pour vous raconter ça par la suite.
16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 05:30



Mais de quoi s'agit-il ? Je me gratte la tête, je prononce tout haut, et oui, je finis par comprendre qu'il s'agit d'une chauve-souris et d'un poisson, personnifiés pour la bonne cause de l'éducation à l'environnement.
Ma déontologie d'oiseau des bois m'interdit de faire de la publicité, mais là, je ne peux m'empêcher de signaler une initiative sympathique de l'association Grenn Sab. 
Ces personnages sont les héros de deux albums d'activités conçus pour les petites têtes multicolores du primaire. Mon inspiration étant au niveau triple zéro ces jours-ci, je reprends simplement les termes de la 4ème de couverture pour vous présenter ces productions :

'Avec ses deux personnages Capitaine Grantékay et Manzèl Genbo, représentants des milieux aquatiques, terrestres et aériens, Grenn Sab s'adresse aux enfants de l'école primaire. Activités ludiques mêlant réflexion, écriture et arts plastiques délivreront leur messages essentiels pour la construction des adultes qu'ils seront demain.'

Acerola* sur le gâteau, les deux fascicules sont gratuits, Il faut tout de même aller les chercher au local de l'association, que vous pouvez contacter en cliquant . Avis donc aux profs et parents d'élèves, il y en aura pour tout le monde.


* Cerise des Antilles

13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 05:40
Dendrocygne-des-antilles.jpg
 Photo tirée du site http://www.pbase.com/pbannon/cuba

Nos collègues de l'association AMAZONA nous signalent qu'ils ont vu (de leur yeux vu) un Dendrocygne des Antilles (Dendrocygna arborea, canard siffleur) nicher à Petite Terre. Tous les détails de cette affaire sur le site www.amazona-guadeloupe.com

J'en profite pour vous dire que nous allons faire une petite pause dans le blog, pendant 2-3 semaines. Voyez-vous, nous autres les Pics entrons dans la saison de reproduction, et j'ai été affecté au bureau des réclamations du service 'permis de construire les cavités de nidification'. Du pain sur la planche en perspective...
12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 04:10
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Illustration Tanguy Devielle - Bras-David en juillet 2001

Rakoun, rina, raton laveur, Procyon minor, Procyon lotor...

Autant de mots pour désigner un Mammifère présent en Guadeloupe, et qui est intéressant à plus d'un titre. Pour écrire les 15 premiers centimètres de cet article, je me suis largement inspiré des écrits de Lorvelec et al. (2007). Pour les 15 derniers, j'ai essayé de me servir de ma cervelle d'oiseau.

Jusqu'il y a quelques années, le rakoun était considéré comme une espèce endémique de la Guadeloupe (décrite par Miller en 1911 sous le nom de Procyon minor). Il avait été à ce titre placé dans la liste des espèces protégées par arrêté ministériel du17 février 1989. Louable intention. Le Parc National de la Guadeloupe en avait d'ailleurs fait son emblème, et la Poste a édité un timbre à son effigie. D'une façon générale, ce carnivore jouit d'un fort capital de sympathie, à cause de son aspect de gros nounours. Il était également très apprécié des chasseurs, pour d'autres raisons que nous aurons la pudeur de ne pas développer ici.

Dans son rapport n° 14 en 1996, AEVA émettait de sérieux doutes sur l'indigénicité (ça se dit ?) du rakoun, et proposait des hypothèses sur son origine en suggérant une analyse génétique pour positionner la population de Guadeloupe par rapport aux populations continentales. Et voilà que Pons et ses collaborateurs en 1999, puis Helgen et Wilson en 2003, ont montré grâce à des analyses génétiques et morphologiques que l'endémisme de notre nounours est très peu probable. La distance génétique entre les ratons laveurs de Guadeloupe et ceux de la côte est des Etats-Unis est quatre fois plus faible que celle trouvée entre ces derniers et ceux de la côte ouest des Etats-Unis, pourtant de la même espèce. Notre rakoun appartient donc très probablement à l'espèce Procyon lotor, largement distribuée en Amérique du Nord et en Amérique Centrale, et introduite en diverses régions d'Eurasie. Et il aurait été introduit en Guadeloupe depuis les régions côtières du sud-est des Etats-Unis. Il eût quand même été intelligent d'écouter les anciens avant de s'emballer. Dès 1911, Allen évoquait la possibilité d'une introduction. Malgré l'absence de témoignages archéologiques ou textuels, il faudra attendre les années 1970 pour que l'hypothèse de l'introduction soit à nouveau envisagée, et étayée par Lazell. Mieux encore, plusieurs publications guadeloupéennes du 19ème siècle ont indiqué avec certitude une introduction, qu'elles situent entre 1820 et 1840. Et ce n'est pas pour cafeter, mais nos recherches bibliographiques indiquent que Félix-Louis L'Herminier (en personne) a peut-être été l'auteur de cette introduction, à partir d'animaux provenant de la Caroline du Sud, en 1819. Heureusement, il n'est plus là pour nous intenter un procès en diffamation... 

Actuellement, l'espèce est présente en Basse-Terre, Grande-Terre, à Marie-Galante, à la Désirade, à Saint-Martin et à la Martinique.

Ciel ! De cet imbroglio il ressort que notre rakoun passe du statut d'espèce endémique à celui d'espèce introduite ! 
Bien. Tout cela nourrit le débat. D'autant plus qu'entre-temps, d'aucuns ont laissé entendre que depuis qu'il était protégé, le rakoun avait proliféré. Et qu'il était en train de devenir une sorte de nuisible comme on dit dans les terriers mal fréquentés. Mais oui, ces animaux peuvent manger des fruits, de la canne à sucre, des légumes, ou des poulets.  

Restent quelques questions ouvertes :

- quelle est l'importance quantitative de la population de rakouns en Guadeloupe, et quels milieux fréquente-t-il ?
- quel est son impact sur les milieux naturels ? 
- peut-on considérer le rakoun comme une espèce pouvant exercer une menace sur les écosystèmes forestiers peu ou pas anthropisés ? (à vue de bec, certains esprits éclairés pensent que oui)
- quel est son impact sur l'agriculture ?
- quelle conduite faut-il tenir sur son inscription sur la liste des espèces protégées ?
- si le rakoun n'était plus une espèce protégée, et s'il était admis qu'elle constitue une menace sur certains milieux, faudrait-il envisager des mesures de gestion et si oui lesquelles ?
- qui a cassé le vase de Soissons ?

Pour débattre ensemble sur la problématique des mammifères introduits, je vous invite à participer à notre réunion du mois d'avril. Si le grand manitou le veut, nous serons en mesure d'accueillir Olivier Lorvelec pour un exposé sur ce sujet.

PS : si vous saviez le nombre de mails qu'a suscité cet article au sein du bureau, vous n'en reviendriez pas. Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous disposons d'un potentiel de réactivité certain.

Dernière minute (25/04/08) : Louis Redaud de la DIREN vient de nous transmettre une publication toute récente de Helgen (2008), indiquant sans ambiguité l'appartenance du Rakoun à l'espèce P. lotor, et pointant les risques que cette espèce peut faire courir aux milieux naturels par son caractère envahissant. Les tortues marines et les iguanes sont même cités comme cibles potentielles du Rakoun dans la Caraïbe...

Références
Allen G.M., 1911. Mammals of the West Indies. Bull. Mus. Comp. Zool., 54 : 175-263.
Helgen K.M., Maldonando J.E., Wilson D.E. & Buckner S.D., 2008. Molecular confirmation of the origins and invasive status of West Indian raccoons. J. Mammal., 89: 282-291.
Helgen K.M. & Wilson D.E., 2003. Taxonomic status and conservation relevance of the racoons (Procyon spp.) of the West Indies. J. Zool. London, 259 : 69-76.
Lazell J.-D. Jr., 1972. Racoon relatives. Man and Nature (Massachussetts Audubon Society, Lincoln MA), September 1972 : 11-15.
Lazell J.-D. Jr., 1981. Field and taxonomic studies of tropical American raccoons. National Geographic Soc. Reports, 13 : 381-385.
Lorvelec O., Pascal M., Delloue X. & Chapuis J.-L., 2007. Les mammifères terrestres non volants des Antilles françaises et l'introduction récente d'un écureuil. Revue d'Ecologie (La Terre et la Vie), 62 : 295-314.
Miller G.S. Jr., 1911. Description of two nex racoons. Proc. Biol. Soc. Washington, 24 : 3-6.
Pons J.-M., Volobouev V., Ducroz J.-F., Tillier A. & Reudet D., 1999.
 Is the Guadeloupean racoon (Procyon minor) really and endemic species ? New insights from molecular and chromosomal analyses. J. zool. Syst. Evol. Res., 37 : 101-108.
10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 07:00
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Illustration Tanguy Deville - Jeunes Tortues imbriquées nées à Bouillante en 2001

Pour ceux qui ne connaitraient pas l'existence du réseau Tortues marines de Guadeloupe, rendez-vous sur leur site (je dois dire que je suis presque jaloux, c'est du travail de pro sur la forme et le fond) : http//www.tortuesmarinesguadeloupe.org/

Au niveau d'AEVA, nous intervenons comme tête de réseau en Sud Grande-Terre, et coordonnons une grande partie des activités de terrain et de sensibilisation dans ce secteur. Quand je dis 'nous', il s'agit en réalité de Laurent Malglaive, que vous pouvez contacter en cliquant si  vous voulez en savoir plus sur la façon de contribuer à la protection des Tortues marines (chacun ses goûts, je ne vois pas ce qu'on trouve à ces vertébrés à sang froid).

7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 07:00

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Illustration Jean Chevallier - Mâle croqué à Petite Terre en 1999

Si tout se passe bien dans les sphères du financement, nous devrions nous remettre sérieusement à dénombrer les iguanes à Petite Terre dès le carême 2009. Iguana delicatissima, est une espèce endémique des Petites Antilles, et l’effectif de la population de Petite Terre représente une part importante de l’effectif mondial de l’espèce. Le statut de protection réglementaire offert par la Réserve Naturelle est un atout pour sa conservation. Il est important que le gestionnaire de cet espace naturel soit en mesure de connaître l’état et l’évolution de la population d’iguanes au cours du temps. 

Nous avons procédé a des estimations des densités de sa population à Petite Terre depuis 1995, et avons pour cela adapté des méthodes de dénombrement classiques en écologie. Nous avons ainsi montré que l’effectif d’iguanes a pu varier entre 3000 et 12 000 individus entre 1995 et 2006, et que ces variations sont corrélées à des évènements climatiques, tels que cyclone majeur ou sécheresse extrême. Depuis 2004, un climat plus humide que par le passé s'est accompagné d’une augmentation significative de la hauteur de la végétation dans certains milieux. Le fourré arboré, en particulier, a vu sa physionomie évoluer de façon importante. Les conditions de visibilité des iguanes sont devenues médiocres ou mauvaises sur environ les trois-quarts des 2 100 m du transect initial, et les dénombrements de 2005 et 2006 n’ont pas été validés. De ce fait, les suivis n’ont pas été réalisés en 2007, mais nous avons fait un état des lieux précis du sentier, et disposons des éléments pour réaliser les dénombrements dans de bonnes conditions, en utilisant une partie du fourré arboré de Terre de Bas et d’autres milieux de Terre de Bas et de Terre de Haut.

Au programme, il y aura deux sorties annuelles de 2 à 3 jours, qui nous donneront l'occasion d'emmener quelques Aévistes sur le terrain (évidemment triés sur le volet, leur capacité à offrir des chocolats aux membres du bureau étant un des critères déterminants).

5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 07:00

Thuidium tomentosum Schimp. Ex Besch. Cliché E. Lavocat

Les Bryophytes (mousses, hépatiques, anthocérotes) représenteraient près de 20% de la fore autochtone des Antilles françaises. Il s'agit toutefois du groupe floristique le moins connu. Notre association, en partenariat avec l'ONF et la DIREN Guadeloupe et Martinique, s'engage dans une étude de ces plantes. Elisabeth Lavocat, membre d'AEVA et qui étudie les bryophytes tropicales depuis 18 ans réalisera cette étude, dont les objectifs principaux sont les suivants :

Etablir une liste actualisée des espèces présentes à la Guadeloupe et à la Martinique.
Préciser leur écologie et leur biogéographie.
3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 14:12
Paquerette.jpg

Signalé par Jacques Fournet, un site intéressant sur la flore des petites Antilles.
http://ecflora.cavehill.uwi.edu/index.html

Il s'agit d'une base de données web, interrogeable sur la taxonomie, les noms vernaculaires, les habitats, la morphologie, la distribution et le statut d'endémisme. Chaque espèce est accompagnée d'une photographie. Ce projet de base de données a été initié par Sean Carrington, qui est professeur à l'Université des West Indies de la Barbade. Les données reposent principalement sur la flore des petites Antilles (en 6 volumes !) d'Howard.




 

29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 08:39
Nous innovons, le programme de février se déroulera en mars. 
Il faut l'avouer, nous avons le bec dans le guidon, et nous nous sommes trouvés un peu courts pour proposer des activités ce mois-ci. 

Réunion mensuelle
Elle se tiendra le vendredi 7 mars à 18 h à l'UAG, avec un exposé de Claudie Pavis intitulé pompeusement 'Thèmes scientifiques abordés à l'INRA Antilles-Guyane dans le domaine végétal : possibilités de limiter les atteintes à l'environnement, et de mieux connaître et utiliser une partie de la biodiversité'. Cliquez pour nous contacter à ce sujet.

Sortie nature
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La rivière Bras-David.

Nous prévoyons une sortie sur les lieux de l'ex (pourvu que ça dure) projet de barrage. La topographie des lieux permet des points de vue plongeants sur une magnifique forêt ombrophile de basse altitude.

Bras-David évoque pour certains un dossier qui, s'il est clos pour le moment, est à garder sous le coude. Un projet de barrage menaçait cette zone protégée car faisant partie de la zone centrale du Parc National. Nous mettrons en ligne (dès que ma dernière couvée m'en laissera le loisir) un premier 'dossier qui fâche' consacré à cette histoire de barrage.
29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 17:45
Aujourd'hui, un peu de légèreté, point de sujets qui fâchent (vous ne perdez rien pour attendre).

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Photo P. Feldmann

Vous connaissez tous les chenilles rasta (Pseudosphinx tetrio), qui découpent joliment les alamandas et les frangipaniers dans vos jardins… Du travail d’entretien en moins, c’est toujours appréciable. Personnellement, je ne fréquente pas les mêmes milieux et jusqu’à nouvel ordre ne consomme pas ces chenilles malgré mon régime de pic partiellement insectivore.
 
Liliane nous a transmis quelques observations intéressantes, permettant de répondre à la question bien légitime « mais à quoi peut bien ressembler le papillon de cette chenille ? ». En exclusivité donc, de notre envoyée spéciale à Leroux en côte sous le vent dans la campagne de Gosier.
 
Cet été nous avons décidé de laisser manger notre frangipanier jusqu’à la dernière feuille par les chenilles du Sphinx du même frangipanier. Le résultat est assez chouette. Les chenilles repues se sont laissées tomber à terre et sont restées immobiles sous la forme d’une pré-nymphe toujours à rayures pendant au moins deux semaines. 

Nymphe-immobileLeroux-128-copie-1.jpg
Photo L. Frenkiel
Excusez le flou de l'image, il y avait de la brume dans mes lunettes

Nous en avons délicatement transféré deux dans une boite à fenêtre pour enfin voir ce qui pouvait bien en sortir. Après une mue, une nymphe rouge sombre est apparue, se manifestant de temps à autre par quelques soubresauts. L’imago a émergé en plein jour en laissant une mue bien fendue du côté thorax.
Nous l’avons photographié pour la postérité avec ses deux mues et l’avons laissé en liberté.

sphynx-et-ses-deux-muesLeroux-161.jpg
Photo L. Frenkiel
Il a attendu la nuit pour partir vers son destin. Le second a fait la même chose (nous sommes statistiquement sérieux à AEVA, nous faisons des répétitions…).
 
Prochaine histoire de mue, bientôt j'espère, mais cette fois-ci d'un vertébré mystérieux. 
Dernière minute.
Des plaintes me sont parvenues des 4 coins de l'univers, d'aucuns affirmant que la chenille rasta, ce n'est pas du tout ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et mon noir plumage a blêmi à l'idée qu'une inexactitude scientifique se soit glissée dans le blog. Eh bien tant mieux, personne n'a tort dans l'affaire, une autre chenille rasta étant cataloguée dans le grand livre de la nature (comme quoi les noms latins ça a du bon).
Il s'agit de Syntomeida epilais, qui vous propose un défilé de mode dans le site de Ti-racoon.
Jolie, sans aucun doute, mais bien moins ancienne que MA chenille rasta, puisque cet insecte (qui a par ailleurs la fâcheuse habitude de manger les lauriers) a été signalé pour la première fois en Martinique en 1981, et en Guadeloupe en 1992.
 
18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 12:10
Uranus-leiulus.jpg

En 2005, si vous habitez la Basse-Terre, vous avez sûrement remarqué des vols de papillons noirs et vert bleuté. Quelle est donc cette espèce ? Depuis quand est-elle en Guadeloupe ? Est-elle apportée par les vents lors des cyclones ? Que mange-t-elle ? Quelle est la dynamique de sa population ? Pourquoi tant de haine ?
Autant de questions sur lesquelles nos meilleurs limiers ont planché, l’affaire étant d’importance. Interpol a même été mis sur le coup, car de semblables volatiles sont observés sur le continent sud-américain (en Guyane, ils sont appelés 'Chinois'), à Trinidad, et plus rarement dans les petites Antilles.
Grâce à une organisation du travail quasiment stakhanoviste, nous sommes maintenant en mesure d’apporter quelques modestes réponses au citoyen curieux des choses de la nature.
 
Identité ?
Ce fut le point le plus facile à établir. Urania leilus. De la famille des Uranidae (on s’en serait douté). Cette famille fait partie des papillons de nuit, autrement dit des hétérocères (un peu d’étymologie ne fera de mal à personne : hétéro=différent, cère=antenne, dans ce groupe des papillons de nuit, on observe de nombreux types d'antennes différentes). Mais curieusement, le genre Urania a des moeurs plutôt diurnes.
 
Date d’arrivée sur le territoire ?
Là ça se corse un peu, car on travaille sans filet, à dires d’experts et de quidams. Mais en recoupant les témoignages, une chose est sûre, la présence d’Urania en Guadeloupe ne date pas d’hier. Les citations les plus anciennes remontent aux années 70 sur le site de Valombreuse, où il aurait été aperçu assez régulièrement depuis cette époque, en quantités variables. Mais pas de pullulations telles qu’en 2005. Des habitants de la zone Goyave-Capesterre rapportent des vols importants, au moins en 1998 et 2001. Ca se précise. A ce stade, on ne sait pas encore si Urania vient passer ses vacances en Guadeloupe occasionnellement, où si c’est un travailleur immigré, qui a pris ses quartiers permanents. En tout état de cause, le Ministère de l’Intérieur a été informé, et planche actuellement sur un prototype de charter miniature pour reconduite à la frontière.
A l'heure où je vous parle (début 2008, j'ai un peu laissé refroidir cet article), les choses ont changé, c'est quasiment comme si Urania avait ses papiers : il est maintenant observé chaque année en quantité. Malgré toutes ces précisions, difficile de dire si l'espèce est présente en très faibles quantités depuis la nuit des temps, où d'introduction plus récente. Nous n'avons pour l'instant pas d'éléments pour dire s'il s'agit ou non d'une émigration liée aux activité humaines.
 Où en d'autres termes s'il s'agit d'une espèce exotique envahissante.

Régime alimentaire ?
Alors là, ça a été dur. On avait beau observer les bêtes adultes (appelés aussi imagos, ne me demandez pas la racine latine, je n’en ai aucune idée) au bord des routes, dans le lit des rivières, dans les jardins, pas trace de chenilles suspectes. Les adultes fréquentaient souvent des établissements tels qu’arbres florifères, probablement pour se nourrir de nectar (citons le Pois doux Inga sp. …). Il a fallu toute la ténacité de notre ami et néanmoins éminent entomologiste, Gérard Chovet pour découvrir le pot-aux-roses, ou plutôt la Liane-papaye (Omphalea diandra, une Euphorbiacée), dont se gavent sans vergogne les chenilles d’Urania. En consultant la base de données issues de la Flore de Jacques Fournet, je vois que le statut indiqué pour cette espèce est 'rare', et qu'elle est présente en Guadeloupe (hors dépendances) et Martinique (voir fiche). En creusant un peu, j'apprends qu'elle habite plutôt dans les coins humides, les fonds de vallée, les ripisylves, et qu'elle serait très rare en Martinique. Tout celà pose plus de questions que ça n'en résout. Si la plante-hôte est rare, comment fait-elle pour nourrir toutes ces chenilles ? Y aurait-il une plante-hôte secondaire inconnue ? Le schmibilibilik est-il vert ? J'ai pu interviewer Daniel Marival (espèce rare : à la fois entomologiste et botaniste), il estime que cette Liane-papaye n'est pas ou plus si rare que ça en Guadeloupe, il l'observe fréquemment en différentes localités des communes de Petit-Bourg, Lamentin, Goyave, et rapporte qu'on lui a signalée à Sainte-Rose. Les lianes poussent sur les arbres, et les graines sont disséminées, ou germent au pied des arbres.

Impacts sur les milieux ?
Impact esthétique certain (à condition d'aimer les couleurs fluo, et les papillons écrasés sur le pare-brise).
Impact agronomique nul, ce n'est pas un ravageur des cultures (pour l'instant, il ne veut rien manger d'autre que la liane-papaye).
Et impact sur les milieux naturels me direz-vous ? Difficile à dire, il faudrait aprofondir un peu ses relations avec la plante-hôte, et mieux connaître la répartition et l'abondance de cette dernière.

C'est ça qui est énervant, rien n'est simple.
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 10:15

Sortie nature

La météo étant ce qu'elle est, nous avons décidé de retourner dans les Grands Fonds de Sainte- Anne où, en moyenne, il pleut moins que dans les montagnes de la Basse-Terre. Nous visons plus précisément la vallée du sud de Saint-Protais (parallèle à celle que nous avons explorée la dernière fois, mais plus au nord). Je laisse la parole à notre beau GOS (gentil organisateur de sorties), Jeff, qui va détailler un peu.

  • Rendez-vous ce dimanche 27 janvier à 9 heures à la sortie du bourg de Sainte-Anne (en direction de Saint-François) à droite, 150 m après la gendarmerie (juste avant le petit-bois qui fait l'angle avec la route de Castaing). Après ce regroupement, nous ferons du co-voiturage jusqu'à l'est de la vallée de Saint-Protais.  
    Pourquoi là ? La dernière sortie dans la campagne, entre les sections Saragote et Grands Fonds, nous a montré ce paradoxe de formations secondaires à la fois très modifiées par les activités humaines (prairies pâturées, jardins créoles, arbres fruitiers isolés) mais également très riches sur le plan des espèces rares (orchidées, mirobolant, résinier de coudre, fougères…), par la taille exceptionnelle de certains individus (Ficus), par les organisations floristiques complexes (individualisation de strates forestières dans les boisements secondaires des versants, associations végétales particulières, groupement d’épiphytes…).
    Ces vallées les plus humides des Grands fonds sont originales d'un point de vue biogéographique. On y trouve des conditions bioclimatiques qui peuvent conduire la végétation à des organisations proches des forêts ombrophiles. Certaines espèces végétales indicatrices rencontrées à l’ouest de Douville lors de la dernière sortie ne laissent aucun doute sur la potentialité écologique du secteur qui est la forêt hygromésophile (selon la nomenclature de l’UNESCO : formation intermédiaire entre la forêt ombrophile tropicale sub montagnarde et la forêt sempervirente saisonnière tropicale). La forêt hygromésophile est présente dans toutes les îles montagneuses des Petites Antilles, le plus souvent très modifiées par les activités humaines. Cependant, entre les Grandes Antilles et Trinidad, le seul secteur offrant des conditions climatique, édaphiques (sol) et biologiques favorables à la forêt hygromésophile est précisément celui des Grands Fonds (peut-être quelques ravines de la Barbade globalement très anthropisées, présentent-t-elles aussi ces conditions.) La nature calcaire du substrat détermine fortement les groupements floristiques et leurs organisations. Cet aspect de l’originalité de la nature à la Guadeloupe est méconnu, nous vous proposons de le toucher du doigt, le fouler du pied et l’apprivoiser du regard... 
    Itinéraire ? Il s’agit au plus simple d’un aller-retour, mais des propositions de circuit en boucle ou de parcours complexes sont les bienvenus pour ceux qui connaîtraient bien le secteur.
    Durée ? Environ 5 heures. Pour des raisons de sécurité et d’organisation, il n’est pas souhaitable de prévoir une participation partielle avec un retour peématuré.
    Equipement ? Equipement habituel pour la marche, risque de boue s’il a plu les jours précédents. Apportez vêtement de pluie, casquette et crème solaire. 
    Repas ? Tiré du sac, prévoyez suffisamment d’eau.

Pendant la sortie, nous vous demandons de ne prélever ni végétaux, ni animaux, ni minéraux, quel que soit leur statut de protection.
 
Pour en savoir (encore) plus, et indiquer votre intention de participer, cliquez .

Réunion mensuelle

Une fois n'est pas coutume, elle se tiendra un jeudi, le 31 janvier à 18 heures. Heure et lieu habituels (18 heures à l'UAG, salle de TB Biologie végétale).

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Xavier Delloue et Simone Mège présenteront la Réserve naturelle du Grand Cul-de-sac marin.
Quel est sont intérêt écologique ? Comment est mis en oeuvre son plan de gestion ? Quelles études scientifiques y sont menées ?

Pour demander plus d'infos, cliquez ici

15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 02:02

pic-de-la-Guadeloupe.jpg 
Illustration de S. Nicolle


Je dois avouer que mon ego enfle un peu.

Figurez-vous que moi, le Pic de la Guadeloupe, j'ai fait l'objet d'une étude en 2007.

Déjà, dans les années 93-94, le Parc National de la Guadeloupe avait soutenu une proposition de Pascal Villard, à savoir étudier mon écologie. Et je dois dire aussi que le même Pascal avait été à l'origine de la fondation de l'association. Je l'entends encore proférer avec son accent inimitable d'Andelot en Montagne (Jura), "mais y'a pô d'association ornitho ici ou bien ??" Mais là n'est pas la question.

Or donc, 13 ans après cette première étude qui fut un vrai cauchemar pour moi (imaginez, je fus traqué, observé, plus aucune vie privée pendant des mois), rebelote. Et pourtant, cette première étude avait débouché sur l'édition d'un beau livre ("tout ce que que vous avez toujours voulu savoir sur moi"), et même sur 2 publications à comité de lecture sur mon régime alimentaire (woodpecker weight watcher) et sur mon ADN ! Eh bien malgré ça, les scientifiques ont remis le couvert. Ils voulaient savoir comment avait évolué les effectifs de ma population, et aussi si par hasard je n'avais pas colonisé certains milieux desquels j'étais absent auparavant.

Le Parc National et la DIREN ont donc financé la suite des opérations. Pascal est revenu sur les lieux du crime, a arpenté au pipirit chantant tous mes habitats potentiels (22 transects dans 9 unités écologiques, avec 4 répétitions s'il vous plait, statistiques obligent), a donné du GPS et du SIG (à vos souhaits), et tout ça pour arriver aux conclusions suivantes :

- les calculs de densité de mes populations de la première étude n'étaient pas d'une précision absolue. Tout simplement parce que pour calculer les superficies des différentes unités écologiques dans lesquelles j'habite, mes observateurs ne disposaient pas du puissant outil qu'est le système d'information géographique, le fameux SIG. Si on refait les calculs, nous n'étions pas 10 000, mais 19 000 couples à un chouia près à l'époque (on me l'aurait demandé, je l'aurais dit).

- actuellement, nous sommes environ 19 000 couples, ce qui voudrait dire que ma population est restée relativement stable quantitativement. Pas encore de quoi proposer à l'UICN de revoir mon statut (proche de menacé), mais tout est loin d'être rose pour moi. Les espaces forestiers n'ont fait que régresser depuis 15 ans, en quantité et en qualité. Je compense en augmentant la taille de mes territoires, mais je ne pourrai pas continuer indéfiniment comme ça. Et je n'aimerais pas passer au statut d'espèce vulnérable, honte à vous tous si on en arrive là.

- malgré ça, j'ai colonisé les Monts Caraïbes, et la partie la plus méridionale des grands-Fonds.

- enfin, le SIG se révèle être un bon outil pour conseiller les gestionnaires d'espaces naturels ou urbanisés. En effet, il permet de pointer les zones à préserver pour éviter que mon territoire ne soit davantage fragmenté. En effet, jai la faiblesse de ne pas savoir voler à découvert. A cause de ça, ma population de Grande-Terre est maintenant isolée génétiquement de celle de Basse-Terre, les derniers traits-d'union forestiers ayant été grignotés par la cité.

Vous pourrez en savoir plus dans quelques jours, le temps de chercher dans mes supports de formation comment mettre en ligne le rapport.

10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 02:55

Voici une vue de l'Ilet Fajou l'été dernier, qui représente l'Etang Bois-Sec.
Etang-Bois-sec-2007.jpg

 

 

 















Au moment des faits, l'étang n'était pas sec, mais pendant le carême, il prend cet aspect :

Fajou-Bois-Sec.jpg

Mais pourquoi donc vous parlé-je de cet îlet Fajou, confetti de quelques dizaines d'hectares dans le Grand Cul-de-Sac Marin de la Guadeloupe ?

Il faut savoir que cette zone est classée à la fois en Réserve Naturelle, et en Réserve de Biosphère par les Nations-Unies, ce qui n'est pas rien. On trouve sur l'îlet une population de rats, qui cohabite avec des populations animales à forte valeur patrimoniale (tortues marines, râles gris). Les gestionnaires d'espaces naturels et les scientifiques s'intéressent beaucoup à ces rats.

Il y a quelques années, ils ont essayé de les éradiquer. Ce fut un cirque assez extraordinaire : pas moins de 20 personnes mobilisées pendants 30 jours, à disposer des pièges à rat partout dans l'îlet (sur la plage passe encore, mais dans les zones de mangrove c'est moins facile), à relever les pièges tous les jours (attraper le rat vivant dans le piège et lui tordre le cou), à les disséquer tous les soirs (ce n'est pas tous les jours qu'on peut disposer d'une population complète, autant faire tout un tas de mesures et de prélèvements qui vont servir à d'autres études)... Et tant qu'on y était, le piégeage a également été réalisé sur les mangoustes, grandes prédatrices devant l'éternel. Bilan de l'affaire : 742 rats ourdis, 182 souris et 76 mangoustes.  

Un an après, contrôle des bons et des méchants : les mangoustes ont bien été éradiquées. Les rats, pas tout-à-fait et la population s'est doucement reconstituée. Les râles vont bien merci, leur population s'est bien développée depuis ces événements. Quant aux tortues marines, franc succès : leurs pontes étaient détruites à 100%, et depuis l'opération commando, les bébés tortues naissent à nouveau sans se faire gober tout cru par les mangoustes.

JC-Mangoustes-sepia.jpgPastel Jean Chevallier

Et alors on ne mange plus d'omelettes nous ?


Quel rapport avec ma virée sur l'îlet en  juillet dernier ? C'était pour accompagner mes amis ratators et néanmoins AEVistes de longue date, qui poursuivent leurs investigations* . La question est cette fois la suivante : quel est le régime alimentaire des rats, en quantité et en qualité ? (c'est bien beau de les accuser du pire, ils ne mangent finalement peut-être que quelques feuillages et coquillages ?). Mais comment diantre fait-on pour savoir ce que mange un rat sur l'îlet Fajou ?

- on le surveille à la jumelle et on note ce qu'il mange ? Non.
- on l'attrape et on regarde ce qu'il a dans le ventre ? C'est une possibilité mais c'est compliqué car il faut tout observer au microscope et disposer d'éléments de référence.
- on l'attrape, on prélève ce qu'il a dans l'estomac et on réalise des analyses physico-chimiques dont je ne me rappelle plus le nom - ah si, des analyses isotopiques me souffle une relectrice assidue - et qui permettent de connaître les proportions des différents groupes animaux et végétaux consommés. Et pour ça, il faut avoir en même temps prélevé et capturé toutes les espèces animales et végétales potentiellement consommées par le rat sur l'îlet. Ce n'est guère plus simple que l'item du dessus, mais il paraît que c'est ce qui se fait de mieux. Le projet scientifique s'appelle "Aliens", d'autres équipes de par le vaste monde font le même type d'études sur d'autres espèces dites envahissantes.

A suivre de près...


* Lorvelec O., Delloue X., Pascal M. & Mège S., 2004. Impact des Mammifères allochtones sur quelques espèces autochtones de l'îlet Fajou (réserve naturelle du Grand cul-de-sac marin, Guadeloupe), établis à l'issue d'une tentative d'éradication. Revue d'Ecologie (Terre et Vie), 59 : 297-307.
* Lorvelec O. & Pascal M., 2005. French attempts to eradicate non-indigenous mammals and their consequences for native biota. Biological Invasions, 7 (1) : 135-140.

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