Etudes

Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 14:51


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Ces 6 derniers mois, je (le Toto-Bois, alias Pic de la Guadeloupe), me suis mis en embuscade dans le lit de 41 rivières de la Basse-Terre. J'ai pu voir rôder un drôle d'individu, chaussé de lunettes, de jumelles, d'un appareil photo, d'un GPS, d'un calepin et d'un crayon. Malgré sa discrétion, son petit manège ne m'a pas échappé. Mon diagnostic est le suivant : harcèlement sur la personne de mon cousin Megaceryle torquatus, alias le Cra cra.

En bon citoyen, j'ai été déposer une aile courante au commissariat du coin. Quel ne fut pas mon étonnement d'apprendre que le rôdeur en question n'était pas un délinquant, mais un ornithologue, chargé d'apporter des réponses à des questions farfelues du genre : combien reste-t-il de Cra cras en Guadeloupe ? Sur quelles rivières le rencontre-t-on ? Quel peut bien être son régime alimentaire (j'ai quand même une petite idée là-dessus) ? Qu'est-ce qui pourrait expliquer qu'il soit devenu si rare, alors qu'il est assez fréquent en Dominique ?

Le planton de service m'a même donné un tuyau : le rôdeur en question s'appelle Pascal Villard. Il dévoilera le fruit de ses découvertes, en avant-première, le lundi 28 septembre à 18 heures à l'INRA de Prise d'eau.

* Photo Wikipedia

Par Le Toto-Bois - Publié dans : Etudes
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /2008 12:00

Iguana-delicatissima.jpg
Illustration Jean Chevallier - Mâle croqué à Petite Terre en 1999

Si tout se passe bien dans les sphères du financement, nous devrions nous remettre sérieusement à dénombrer les iguanes à Petite Terre dès le carême 2009. Iguana delicatissima, est une espèce endémique des Petites Antilles, et l’effectif de la population de Petite Terre représente une part importante de l’effectif mondial de l’espèce. Le statut de protection réglementaire offert par la Réserve Naturelle est un atout pour sa conservation. Il est important que le gestionnaire de cet espace naturel soit en mesure de connaître l’état et l’évolution de la population d’iguanes au cours du temps. 

Nous avons procédé a des estimations des densités de sa population à Petite Terre depuis 1995, et avons pour cela adapté des méthodes de dénombrement classiques en écologie. Nous avons ainsi montré que l’effectif d’iguanes a pu varier entre 3000 et 12 000 individus entre 1995 et 2006, et que ces variations sont corrélées à des évènements climatiques, tels que cyclone majeur ou sécheresse extrême. Depuis 2004, un climat plus humide que par le passé s'est accompagné d’une augmentation significative de la hauteur de la végétation dans certains milieux. Le fourré arboré, en particulier, a vu sa physionomie évoluer de façon importante. Les conditions de visibilité des iguanes sont devenues médiocres ou mauvaises sur environ les trois-quarts des 2 100 m du transect initial, et les dénombrements de 2005 et 2006 n’ont pas été validés. De ce fait, les suivis n’ont pas été réalisés en 2007, mais nous avons fait un état des lieux précis du sentier, et disposons des éléments pour réaliser les dénombrements dans de bonnes conditions, en utilisant une partie du fourré arboré de Terre de Bas et d’autres milieux de Terre de Bas et de Terre de Haut.

Au programme, il y aura deux sorties annuelles de 2 à 3 jours, qui nous donneront l'occasion d'emmener quelques Aévistes sur le terrain (évidemment triés sur le volet, leur capacité à offrir des chocolats aux membres du bureau étant un des critères déterminants).

Par le Toto-Bois - Publié dans : Etudes
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /2008 12:00

Thuidium tomentosum Schimp. Ex Besch. Cliché E. Lavocat

Les Bryophytes (mousses, hépatiques, anthocérotes) représenteraient près de 20% de la fore autochtone des Antilles françaises. Il s'agit toutefois du groupe floristique le moins connu. Notre association, en partenariat avec l'ONF et la DIREN Guadeloupe et Martinique, s'engage dans une étude de ces plantes. Elisabeth Lavocat, membre d'AEVA et qui étudie les bryophytes tropicales depuis 18 ans réalisera cette étude, dont les objectifs principaux sont les suivants :

Etablir une liste actualisée des espèces présentes à la Guadeloupe et à la Martinique.
Préciser leur écologie et leur biogéographie.
Par le Toto-Bois - Publié dans : Etudes
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /2008 07:55

Voici une vue de l'Ilet Fajou l'été dernier, qui représente l'Etang Bois-Sec.
Etang-Bois-sec-2007.jpg

 

 

 















Au moment des faits, l'étang n'était pas sec, mais pendant le carême, il prend cet aspect :

Fajou-Bois-Sec.jpg

Mais pourquoi donc vous parlé-je de cet îlet Fajou, confetti de quelques dizaines d'hectares dans le Grand Cul-de-Sac Marin de la Guadeloupe ?

Il faut savoir que cette zone est classée à la fois en Réserve Naturelle, et en Réserve de Biosphère par les Nations-Unies, ce qui n'est pas rien. On trouve sur l'îlet une population de rats, qui cohabite avec des populations animales à forte valeur patrimoniale (tortues marines, râles gris). Les gestionnaires d'espaces naturels et les scientifiques s'intéressent beaucoup à ces rats.

Il y a quelques années, ils ont essayé de les éradiquer. Ce fut un cirque assez extraordinaire : pas moins de 20 personnes mobilisées pendants 30 jours, à disposer des pièges à rat partout dans l'îlet (sur la plage passe encore, mais dans les zones de mangrove c'est moins facile), à relever les pièges tous les jours (attraper le rat vivant dans le piège et lui tordre le cou), à les disséquer tous les soirs (ce n'est pas tous les jours qu'on peut disposer d'une population complète, autant faire tout un tas de mesures et de prélèvements qui vont servir à d'autres études)... Et tant qu'on y était, le piégeage a également été réalisé sur les mangoustes, grandes prédatrices devant l'éternel. Bilan de l'affaire : 742 rats ourdis, 182 souris et 76 mangoustes.  

Un an après, contrôle des bons et des méchants : les mangoustes ont bien été éradiquées. Les rats, pas tout-à-fait et la population s'est doucement reconstituée. Les râles vont bien merci, leur population s'est bien développée depuis ces événements. Quant aux tortues marines, franc succès : leurs pontes étaient détruites à 100%, et depuis l'opération commando, les bébés tortues naissent à nouveau sans se faire gober tout cru par les mangoustes.

JC-Mangoustes-sepia.jpgPastel Jean Chevallier

Et alors on ne mange plus d'omelettes nous ?


Quel rapport avec ma virée sur l'îlet en  juillet dernier ? C'était pour accompagner mes amis ratators et néanmoins AEVistes de longue date, qui poursuivent leurs investigations* . La question est cette fois la suivante : quel est le régime alimentaire des rats, en quantité et en qualité ? (c'est bien beau de les accuser du pire, ils ne mangent finalement peut-être que quelques feuillages et coquillages ?). Mais comment diantre fait-on pour savoir ce que mange un rat sur l'îlet Fajou ?

- on le surveille à la jumelle et on note ce qu'il mange ? Non.
- on l'attrape et on regarde ce qu'il a dans le ventre ? C'est une possibilité mais c'est compliqué car il faut tout observer au microscope et disposer d'éléments de référence.
- on l'attrape, on prélève ce qu'il a dans l'estomac et on réalise des analyses physico-chimiques dont je ne me rappelle plus le nom - ah si, des analyses isotopiques me souffle une relectrice assidue - et qui permettent de connaître les proportions des différents groupes animaux et végétaux consommés. Et pour ça, il faut avoir en même temps prélevé et capturé toutes les espèces animales et végétales potentiellement consommées par le rat sur l'îlet. Ce n'est guère plus simple que l'item du dessus, mais il paraît que c'est ce qui se fait de mieux. Le projet scientifique s'appelle "Aliens", d'autres équipes de par le vaste monde font le même type d'études sur d'autres espèces dites envahissantes.

A suivre de près...


* Lorvelec O., Delloue X., Pascal M. & Mège S., 2004. Impact des Mammifères allochtones sur quelques espèces autochtones de l'îlet Fajou (réserve naturelle du Grand cul-de-sac marin, Guadeloupe), établis à l'issue d'une tentative d'éradication. Revue d'Ecologie (Terre et Vie), 59 : 297-307.
* Lorvelec O. & Pascal M., 2005. French attempts to eradicate non-indigenous mammals and their consequences for native biota. Biological Invasions, 7 (1) : 135-140.
Par Claudie Pavis - Publié dans : Etudes
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