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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /2008 15:10
Fourmi-manioc-copie-1.jpg
Acropmyrmex octospinosus - Cliché INRA Antilles-Guyane

Fourmis-manioc (Guadeloupe), Bibijaguas (Cuba), Zampopos (Guatemala), Bachacos (Trinidad), Quemquem (Brésil), Leaf-cutting ants (USA). Jolis noms des fourmis Attines exclusivement présentes dans le nouveau monde. 

La fourmi-manioc Acromyrmex octospinosus a été signalée pour la première fois en Guadeloupe en 1954 à Morne-à-l'eau. L'origine de cette introduction n'est pas certaine, l'hypothèse la plus vraisemblable est l'introduction fortuite d'une femelle fécondée, apportée de Trinidad ou de Guyane. Quinze ans plus tard, elle occupait le quart de la Grande-Terre, en 1976, elle débarquait en Basse-Terre, en 1982 elle prenait ses quartiers au Lamentin, et en 2000, elle n'épargnait plus que le quart sud-ouest de la Basse-Terre. Aux Antilles, la fourmi-manioc n'est présente que sur les seules les îles de Cuba, Guadeloupe, Carriacou, Trinidad & Tobaggo. Les particuliers et les agriculteurs vous le diront, ses populations sont  très largement implantées dans les jardins, les friches, les zones cultivées.

Fourmi-manioc-ailees.jpg

Cette dispersion est rendue possible par l'essaimage de fourmis ailées, qui parviennent dans certains cas à fonder de nouvelles colonies.

Les ouvrières découpent des morceaux de végétaux (feuilles, fleurs, tiges, graines...), qu'elles apportent dans leur nid souterrain. Ces fragments végétaux servent de substrat à un champignon mycélien cultivé par les fourmis. 

Nid-fourmi-manioc.jpg

Meule de champignon souterraine


Substrat-Fourmi-manioc.jpg

Préparation du substrat

Ces dernières réalisent des boutures du champignon, et le récoltent, pour se nourrir et nourrir les larves. Bénéfice pour les fourmis : apports de sucres, d'acides aminés, de stérols, accès à la biomasse cellulosique, détoxification de certains composés végétaux. Bénéfice pour les champignons : alimentation, protection, environnement stable. Des méthodes de lutte chimiques efficaces ont été mises au point, il s'agissait d'appâts très appétants que les ouvrières rapportaient dans les nids. Ces dernières s'empoisonnaient alors en mâchant les granulés, astucieusement confits au chlordécone. Cette méthode n'est plus disponible depuis de nombreuses années.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sauf que cette espèce est très polyphage, et ne se contente pas des fruits et légumes aimablement mis à sa disposition par la communauté humaine. Depuis une quinzaine d'années, elle a franchi le pas, et est désormais bien présente dans le massif forestier de la Basse-Terre. Elle cause des dégâts importants, et dans certaines zones une mortalité très importante chez les Fougères arborescentes du genre Cyathea. On a donc ici l'exemple d'une espèce introduite, qui a mis plusieurs décénies à atteindre les zones forestières et qui menace désormais un écosystème exceptionnel.

Le seul insecticide encore homologué pour lutter contre la fourmi-manioc est en passe d'être supprimé du marché, et il est de toutes façon illusoire de penser que la lutte chimique puisse être opérante dans les milieux naturels, où les nids sont difficilement accessibles. Sans compter que tout de même ce n'est ni sérieux  ni autorisé d'utiliser ce genre de méthodes dans la zone centrale du Parc National, où la fourmi-manioc est très présente.

La recherche s'est longuement penchée sur le cas de cet Hyménoptère, au risque de prendre un lumbago. La connaissance a progressé, mais rien n'a pu déboucher sur des méthodes de lutte altternative. Ces pestes de fourmis sont rétives à la lutte biologique, car pourvues de glandes exocrines qui secrètent des antibiotiques, efficaces contre bon nombre de bactéries ou champignons entomopathogènes.

Des essais réalisés à l'INRA en 1987 ont montré que la pulpe de calebasse fraîche avait un effet sur les nids : sur 10 nids traités, 3 furent tués, 3 déplacés et 3 temporairement 'déprimés'. Et le le dixième nid ? Ni chaud ni froid. Ces essais n'ont pas été poursuivis, la faisabilité de cette lutte ayant découragé les bailleurs de fonds.

La littérature récente mentionne des essais insecticides avec des matières actives non encore utilisées sur les Attines, ou avec des composés extraits de plantes. Les résultats sont peu concluants, et la réglementation française n'autorise pas l'emploi d'insecticides non homologués en Europe, même s'il s'agit de substances naturelles. Une publication brésilienne de 2003 met en évidence une souche de Bacillus thuringiensis (bactérie entomopathogène) efficace contre le genre Acromyrmex, mais depuis, plus rien.

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, et ces propos n'engageant que moi, je crois qu'il va falloir faire avec ces petites bêtes pendant quelques temps encore.

Sources
Febvay, G., 1981. Quelques aspects (anatomie et enzymologie) des relations nutritionnelles entre la fourmi Attine Acromyrmex octospinosus (Hymenoptera - Formicida) et son champignon symbiotique. Thèse de docteur-ingénieur, INSA Lyon. INRA Zoologie Guadeloupe, 196 pp.
Kermarrec A., 2001. Validation des qualités attacides de la pulpe de calebasse - Pré-acquis et proposition d'expertise en expérimentation. Note interne INRA, 2 pp.
Patin M., 2007. Analyse des facteurs de répartition spatiale des dommages causés par la fourmi-manioc Acromyrmex octospinosus sur les fougères arborescentes du genre Cyathea. Mémoire de Master 2 en Sciences et technologies Biodiversité tropicale, Université Antilles-Guyane,  41 pp.
CAB Abstracts.

Par le Toto-Bois - Publié dans : Entomo
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /2008 14:54
Fidicina mannifera, adulte et exuvies. Cliché C. Pavis

... ayant chanté tout l'été (et l'hivernage, et le Carême...), ne se trouva guère dépourvue quand la bise cyclonique fut venue.

Vous l'avez constaté ? Je ne vous apprends rien.

Depuis quelques années, le paysage sonore a changé en Basse-Terre. Plus moyen de faire une sieste tranquille dans certains cantons, quand ce n'est pas le bus qui klaxonne, c'est la cigale qui vous vrille les oreilles.

J'ai décidé de réagir, car j'entends trop souvent un discours du genre 'Ah oui, c'est encore un coup de l'INRA, comme la fourmi-manioc. Ils travaillent dessus, alors ils en ont importé, et maintenant il y en a partout'. J'ai donc décidé, comme tout bon journaliste qui se respecte, d'aller vérifier l'information. J'ai sollicité Daniel Marival, technicien à l'INRA, pourvu de solides connaissances en entomologie (en plus d'une certaine dose d'humour, ce qui ne peut pas nuire par les temps qui courent).

La commande était simple : 'Dis-moi tout ce que tu sais sur cette fichue Cigale".
Et voilà le travail.

De la famille des Cicadidae, les cigales sont de lointaines cousines des punaises. Ces insectes sont présents dans les régions tropicales et subtropicales et jusque dans le sud de l’Europe. Elles sont reconnaissables à leur corps massif et à leur tête triangulaire avec des antennes très courtes prolongées par une longue trompe rectiligne logée au repos entre la base des pattes avant. Leurs quatre ailes sont transparentes, membraneuses et disposées en toit au-dessus du corps, mais ce sont généralement nos oreilles qui les reconnaissent en premier. Les adultes vivent sur les grosses branches des arbres, se confondant avec l’écorce. Pour attirer les femelles, les mâles chantent  des sérénades dont l'aspect mélodieux est tout relatif. Ces sons, variables selon les espèces et les circonstances, sont produits par une caisse de résonance constituée d’un double tambour formé de cymbales actionnées par des muscles. Les cigales ont inventé l’oreille débrayable : quand un mâle se tait, il écoute les autres [ce qui n'est pas donné à tout le monde, ndlr], mais quand il chante, il détend son tympan, ce qui lui permet de devenir sourd et de ne pas être gêné par ses propres émissions sonores. Concerts gratuits donc en certaines clairières ou endroits boisés de Petit-Bourg, Lamentin, Sainte-Rose ou Goyave... La chanteuse se nomme Fidicina mannifera. Les services d'immigration situent son arrivée entre 1985 et 1989 [d'après le brigadier-chef Jean Etienne, ndlr]. Elle est originaire du bassin amazonien, et est présente en Guyane.
Ce que vous ignoriez sans doute (malgré tout le respect que je vous dois), c'est qu'une autre espèce est présente en Guadeloupe. Plus petite et plus discrète, endémique aux petites Antilles, elle répond au doux nom de genre de Proarna.

 


Proarna sp. Cliché C. Pavis

Après la rencontre des sexes, la femelle insère ses œufs dans les écorces ou les rameaux des arbres. Quelques temps après, une larvule sort de l’œuf, se laisse tomber à terre et disparaît en s’enfonçant dans le sol, grâce à ses pattes avant transformées en pelle et en pioche. Cette larve y vivra de deux à cinq ans ou plus selon l’espèce, en suçant la sève des racines. Après quatre ou cinq mues, elle gagne la surface, se fixe sur un support et commence sa transformation. La peau se fend, la tête et les pattes sortent, puis les ailes, puis émerge l’adulte, l’ancienne dépouille restant accrochée à son support.

Il est probable que c’est à l’état larvaire, comme passager clandestin dans du terreau ou un pot de fleur que les cigales Fidicina sont arrivées en Guadeloupe. On ne signale pas pour le moment de dégâts aux végétaux liés à cette espèce. Pipirits et Gli-glis sont capables d'en capturer en vol.


Merci Daniel pour ces éclaircissements. Méthode de lutte respectueuse de l'environnement et du principe de précaution : la boule Quiès.   

Par le Toto-Bois - Publié dans : Entomo
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 22:45
Aujourd'hui, un peu de légèreté, point de sujets qui fâchent (vous ne perdez rien pour attendre).

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Photo P. Feldmann

Vous connaissez tous les chenilles rasta (Pseudosphinx tetrio), qui découpent joliment les alamandas et les frangipaniers dans vos jardins… Du travail d’entretien en moins, c’est toujours appréciable. Personnellement, je ne fréquente pas les mêmes milieux et jusqu’à nouvel ordre ne consomme pas ces chenilles malgré mon régime de pic partiellement insectivore.
 
Liliane nous a transmis quelques observations intéressantes, permettant de répondre à la question bien légitime « mais à quoi peut bien ressembler le papillon de cette chenille ? ». En exclusivité donc, de notre envoyée spéciale à Leroux en côte sous le vent dans la campagne de Gosier.
 
Cet été nous avons décidé de laisser manger notre frangipanier jusqu’à la dernière feuille par les chenilles du Sphinx du même frangipanier. Le résultat est assez chouette. Les chenilles repues se sont laissées tomber à terre et sont restées immobiles sous la forme d’une pré-nymphe toujours à rayures pendant au moins deux semaines. 

Nymphe-immobileLeroux-128-copie-1.jpg
Photo L. Frenkiel
Excusez le flou de l'image, il y avait de la brume dans mes lunettes

Nous en avons délicatement transféré deux dans une boite à fenêtre pour enfin voir ce qui pouvait bien en sortir. Après une mue, une nymphe rouge sombre est apparue, se manifestant de temps à autre par quelques soubresauts. L’imago a émergé en plein jour en laissant une mue bien fendue du côté thorax.
Nous l’avons photographié pour la postérité avec ses deux mues et l’avons laissé en liberté.

sphynx-et-ses-deux-muesLeroux-161.jpg
Photo L. Frenkiel
Il a attendu la nuit pour partir vers son destin. Le second a fait la même chose (nous sommes statistiquement sérieux à AEVA, nous faisons des répétitions…).
 
Prochaine histoire de mue, bientôt j'espère, mais cette fois-ci d'un vertébré mystérieux. 
Dernière minute.
Des plaintes me sont parvenues des 4 coins de l'univers, d'aucuns affirmant que la chenille rasta, ce n'est pas du tout ça. Mon sang n'a fait qu'un tour, et mon noir plumage a blêmi à l'idée qu'une inexactitude scientifique se soit glissée dans le blog. Eh bien tant mieux, personne n'a tort dans l'affaire, une autre chenille rasta étant cataloguée dans le grand livre de la nature (comme quoi les noms latins ça a du bon).
Il s'agit de Syntomeida epilais, qui vous propose un défilé de mode dans le site de Ti-racoon.
Jolie, sans aucun doute, mais bien moins ancienne que MA chenille rasta, puisque cet insecte (qui a par ailleurs la fâcheuse habitude de manger les lauriers) a été signalé pour la première fois en Martinique en 1981, et en Guadeloupe en 1992.
 
Par le Toto-Bois & Liliane Frenkiel - Publié dans : Entomo
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Vendredi 18 janvier 2008 5 18 /01 /2008 17:10
Uranus-leiulus.jpg

En 2005, si vous habitez la Basse-Terre, vous avez sûrement remarqué des vols de papillons noirs et vert bleuté. Quelle est donc cette espèce ? Depuis quand est-elle en Guadeloupe ? Est-elle apportée par les vents lors des cyclones ? Que mange-t-elle ? Quelle est la dynamique de sa population ? Pourquoi tant de haine ?
Autant de questions sur lesquelles nos meilleurs limiers ont planché, l’affaire étant d’importance. Interpol a même été mis sur le coup, car de semblables volatiles sont observés sur le continent sud-américain (en Guyane, ils sont appelés 'Chinois'), à Trinidad, et plus rarement dans les petites Antilles.
Grâce à une organisation du travail quasiment stakhanoviste, nous sommes maintenant en mesure d’apporter quelques modestes réponses au citoyen curieux des choses de la nature.
 
Identité ?
Ce fut le point le plus facile à établir. Urania leilus. De la famille des Uranidae (on s’en serait douté). Cette famille fait partie des papillons de nuit, autrement dit des hétérocères (un peu d’étymologie ne fera de mal à personne : hétéro=différent, cère=antenne, dans ce groupe des papillons de nuit, on observe de nombreux types d'antennes différentes). Mais curieusement, le genre Urania a des moeurs plutôt diurnes.
 
Date d’arrivée sur le territoire ?
Là ça se corse un peu, car on travaille sans filet, à dires d’experts et de quidams. Mais en recoupant les témoignages, une chose est sûre, la présence d’Urania en Guadeloupe ne date pas d’hier. Les citations les plus anciennes remontent aux années 70 sur le site de Valombreuse, où il aurait été aperçu assez régulièrement depuis cette époque, en quantités variables. Mais pas de pullulations telles qu’en 2005. Des habitants de la zone Goyave-Capesterre rapportent des vols importants, au moins en 1998 et 2001. Ca se précise. A ce stade, on ne sait pas encore si Urania vient passer ses vacances en Guadeloupe occasionnellement, où si c’est un travailleur immigré, qui a pris ses quartiers permanents. En tout état de cause, le Ministère de l’Intérieur a été informé, et planche actuellement sur un prototype de charter miniature pour reconduite à la frontière.
A l'heure où je vous parle (début 2008, j'ai un peu laissé refroidir cet article), les choses ont changé, c'est quasiment comme si Urania avait ses papiers : il est maintenant observé chaque année en quantité. Malgré toutes ces précisions, difficile de dire si l'espèce est présente en très faibles quantités depuis la nuit des temps, où d'introduction plus récente. Nous n'avons pour l'instant pas d'éléments pour dire s'il s'agit ou non d'une émigration liée aux activité humaines.
 Où en d'autres termes s'il s'agit d'une espèce exotique envahissante.

Régime alimentaire ?
Alors là, ça a été dur. On avait beau observer les bêtes adultes (appelés aussi imagos, ne me demandez pas la racine latine, je n’en ai aucune idée) au bord des routes, dans le lit des rivières, dans les jardins, pas trace de chenilles suspectes. Les adultes fréquentaient souvent des établissements tels qu’arbres florifères, probablement pour se nourrir de nectar (citons le Pois doux Inga sp. …). Il a fallu toute la ténacité de notre ami et néanmoins éminent entomologiste, Gérard Chovet pour découvrir le pot-aux-roses, ou plutôt la Liane-papaye (Omphalea diandra, une Euphorbiacée), dont se gavent sans vergogne les chenilles d’Urania. En consultant la base de données issues de la Flore de Jacques Fournet, je vois que le statut indiqué pour cette espèce est 'rare', et qu'elle est présente en Guadeloupe (hors dépendances) et Martinique (voir fiche). En creusant un peu, j'apprends qu'elle habite plutôt dans les coins humides, les fonds de vallée, les ripisylves, et qu'elle serait très rare en Martinique. Tout celà pose plus de questions que ça n'en résout. Si la plante-hôte est rare, comment fait-elle pour nourrir toutes ces chenilles ? Y aurait-il une plante-hôte secondaire inconnue ? Le schmibilibilik est-il vert ? J'ai pu interviewer Daniel Marival (espèce rare : à la fois entomologiste et botaniste), il estime que cette Liane-papaye n'est pas ou plus si rare que ça en Guadeloupe, il l'observe fréquemment en différentes localités des communes de Petit-Bourg, Lamentin, Goyave, et rapporte qu'on lui a signalée à Sainte-Rose. Les lianes poussent sur les arbres, et les graines sont disséminées, ou germent au pied des arbres.

Impacts sur les milieux ?
Impact esthétique certain (à condition d'aimer les couleurs fluo, et les papillons écrasés sur le pare-brise).
Impact agronomique nul, ce n'est pas un ravageur des cultures (pour l'instant, il ne veut rien manger d'autre que la liane-papaye).
Et impact sur les milieux naturels me direz-vous ? Difficile à dire, il faudrait aprofondir un peu ses relations avec la plante-hôte, et mieux connaître la répartition et l'abondance de cette dernière.

C'est ça qui est énervant, rien n'est simple.
Par le Toto-Bois - Publié dans : Entomo
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