Lundi 2 décembre 2013 1 02 /12 /Déc /2013 21:54

Seigneur Jésus Marie Joseph et tous les saints de la terre, ça y est !

 

Moi le Toto-Bois, je me plaignais depuis longtemps d'être le seul à sortir ma plume noire pour vous raconter le monde selon AEVA. Eh bien je suis heureux de vous annoncer que j'ai trouvé une âme soeur. Non pas sur Mythic ou autre e-Darling, mais tout simplement au sein du bureau. Par respect de sa vie privée, je l'appellerai "Grive fine", si elle est d'accord avec ce pseudo. A vous les studios.

 

P1000601.JPG 

Echappés du Seigneur des Anneaux ? Cliché N. Barré.

 

« Un vent jeune souffle sur AEVA » … et la sortie de dimanche dernier nous a prouvé que l’anémomètre ne va pas faiblir de sitôt. En effet, les jeunes (et les moins jeunes) Aevistes ont su faire preuve de résistance à l’humidité (c’est peu dire…) pour atteindre cette petite plante pas comme les autres, témoin de la richesse floristique de la Guadeloupe : Pseudocentrum guadalupense, une orchidée que l'on pensait disparue et récemment redécouverte (voir les 3 précédents articles qui retracent l'historique  et ).

 

Pseudocentrum-.-guadalupense-Thoms.delhotal.JPG

La belle plante en question, en fin de floraison. Cliché T. Delhotal.

 

La météo n’a donc pas été clémente avec nous, mais elle ne nous a pas empêchés de suivre notre guide à la trace. Durant nos trois heures d’ascension, Nicolas nous a fait découvrir une trentaine d’espèces d’orchidées :  

- des épiphytes : Vanilla planifolia, Maxillaria coccinea, M. meridensis, M. inflexa, Epidendrum carpophorum, E. patens, E. anceps, E. ramosum, Dichea pendula, Helleriella punctulata, Isochilus linearis,  Jacquiniella globosa, J. teretifolia, Octomeria graminifolia, Lepanthes aurea, Pleurothallis ruscifolia, P. imraei, Prescottia stachyodes, Stelis ophioglossoides, S. perpusilliflora.

- et des terrestres : Brachionidium parvum, B. scherringii, Erthrodes hirtella, E. plantaginea, E. querceticola, Habenaria floribunda, H. amalfitana,  Oceoclades maculata, Malaxis major, Psylochilus macrophyllus, Ponthieva petiolata, Cyclopogon cranichioides, Pseudocentrum guadalupense.

 

Je terminerai en attribuant une mention spéciale à Timéo et Cléo pour leur courage et à Nicolas et Marie-France pour leur poncho (équipement de terrain qui en a laissé plus d’un rêveur !).

 

A bientôt pour de nouvelles aventures.»

 

Eh bien merci miss Grive fine pour ce récit. Dès que j'ai un moment, je pose une journée de RTT pour compléter cet article avec un album photo plus complet.

Par La Grive fine - Publié dans : Sorties & réunions mensuelles
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Jeudi 28 novembre 2013 4 28 /11 /Nov /2013 01:20

Dome-Soufriere-Guadeloupe.jpg

 

Michel Feuillard est parti sous d'autres cieux, et d'autres fumerolles. Comme nous dit France-Antilles, il était né sur les pentes de la Soufrière il y a 82 ans. 

 

Salut et respect à cet homme bienveillant et discret, qui aimait ce volcan plein de caractère, et nous a beaucoup appris sur lui.

 

Et que le volcan garde encore longtemps cet aspect sauvage que nous aimons tant.

Par Le Toto-Bois - Publié dans : Histoires
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Lundi 18 novembre 2013 1 18 /11 /Nov /2013 20:57

Après avoir transpiré pour trouver une salle de réunion, baillonner l'alarme et dompter le vidéo-projecteur, nous y sommes arrivés.

 

L'assemblée générale s'est déroulée samedi dans le plus grand désordre, mais pour notre plus grand bonheur. La moyenne d'âge en a pris un coup, un vent jeune souffle sur AEVA.

 

Le bilan a été fait de l'année qui vient de s'écouler, et ma foi nous en sommes plutôt satisfaits. Fichier à télécharger dans les plus brefs délai en cliquant . Attention, il n'y en aura pas pour tout le monde.

 

Bufo-bufo.jpg

Dessin Jean Chevallier

 

Personne n'a gagné sa cotisation 2013-2014, le batracien-énigme était tout bêtement Bufo bufo, alias Crapaud-France en langage Toto-Bois. Dommage, il va vous falloir envoyer un chèque de 20 € pour revendiquer le statut, ô combien enviable, d'Aeviste.

 

A bientôt, ici ou ailleurs !

 

Par Le Toto-Bois - Publié dans : Sorties & réunions mensuelles
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Jeudi 7 novembre 2013 4 07 /11 /Nov /2013 20:43

Claudie-Ce-dric-Marion-Marine.jpeg

Cliché Pierre-Yves, arabsesques solaires.

 

Wikipédia dans sa grande bienveillance nous dit  : L’éclectisme (du grec eklegein : choisir) est une attitude philosophique consistant à choisir dans plusieurs philosophies les éléments qui paraissent intéressants pour constituer un système complet.

Scinque-Marion-Diard.jpg

Dessin Marion, artiste en zeb.

 

Eh bien alors nous fûmes éclectiques en ce week-end prolongé de la Toussaint, passé à Désirade.

 

Système complet :

 

Staff-AEVA-Desirade.jpg

 

- Quinze Aevistes de 24 à 62 ans.

De-sirade-Devant-y-bon-Novembre-2013.jpg

 

- Thèmes abordés = prospections Scinques, géolocalisation Têtes à l'Anglais, astronomie gymnique, aquarelle, géologie (qui peut repérer la radiolarite sur l'image ?).

 

De-sirade-Salines-Galets-Novembre-2013n-b.jpg

 

- Rencontres avec les collègues d'AMAZONA (qui nous ont organisé une petite séance avifaune), et de l'ASFA (qui nous ont invités à un raout chauve-souris mais faute de réseau, nous manquâmes le train de la Pipistrelle).

 

De-sirade-Anse-Echelle-Novembre-2013n-b.jpg

 

- Milieux parcourus : murets de pierres sèches sur morne, salines, pente sud de la Montagne, ravine, littoral nord, plateau, prairies et falaises littorales est, zone péri-urbaine à chat chasseur de Scinques, gîtes de Madame Pioche.

De-sirade-Salines-Novembre-2013.jpg

 

- Conditions météo : parfois humides.

 

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Cliché Sandra, entremetteuse Lune-Soleil.

Eléments intéressants : beaucoup.

 

Anolis-Desirade-Thomas-Delhotal.jpg

Cliché Thomas, Anolis inquiet.

 

Des contributions variées pour tenter de partager avec vous ces moments. 

Un album photo collectif.

 

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Cliché Félix, la petite Sirène du sentier du Grand Nord.


Mapou-Desirade-C-Barlagne.jpg

Cliché Carla, très roots.

 

Tete-A-langlais-Desirade-E-Peuziat-JPG

Cliché Emilie, qui nous offre ces 8 mots :

 

Domino (des victoires et des défaites, par fairplay je ne citerai pas de noms)

Eclipse (presque éclipsée par la représentation de AEVA Circus)

Scinque (ou pas...)

Itinéraires improvisés (mais toujours maîtrisés!)

Réserve naturelle (merci Ti Tè)

Amitiés (ça marche aussi avec Apéro, j'ai hésité !)

Décapsuler (certain(e)s vont devoir encore s'entrainer)

Encore (c'est quand le prochain RDV ????)

Par Les 15 Toto-Bois - Publié dans : Sorties & réunions mensuelles
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Jeudi 31 octobre 2013 4 31 /10 /Oct /2013 08:58

En tant qu'oiseau des bois, insectivore de surcroît, je m'intéresse peu aux plantes. Fussent-elles de belles plantes.

 

Mais vous qui me lisez, je suis sûr qu'il vous arrive souvent de noter lors de vos promenades telle ou telle espèce végétale, parce que vous l'aurez trouvée belle, rare, inhabituelle, que sais-je ? (peu de choses je le reconnais). 

Petit-Bourg-Trace-Merwaert-2008n-b.jpg

 

Eh bien figurez-vous que vos carnets de notes sont une mine d'informations, qu'il serait dommage de garder rien que pour vous. Imaginez que ledit carnet tombe à l'eau, ou que votre ordi rende l'âme sans que vous ayiez pensé à faire des sauvegardes ? Et surtout, pourquoi ne pas partager ce savoir ?

 

Oui mais comment ?  Et pourquoi ? Et n'y a-t-il pas de risque que ma contribution ne soit pas reconnue ? Et si jamais les déterminations sont fausses ? Et s'il s'agit d'espèces menacées celà ne risque-t-il pas de les mettre en danger ? Toutes ces inquiétudes sont bien compréhensibles, j'ai de mon côté souvent hésité à divulguer mes coins à petites larves grassouillettes dont je me régale.

 

Eh bien n'héistez plus. L'association Tela Botanica vous a concocté deux outils assez performants et faciles d'emploi. Et qui prennent en compte ces craintes légitimes.

 

Tela-Botanica.jpeg

 

Tout d'abord, un truc nommé e-Flore. e comme électroniqe (donc sur le web pour causer français), et flore comme flore, ce n'est pas plus compliqué que ça. Allez jeter un oeil là-dessus, c'est épatant. Toutes les espèces (ou presque, nobody's perfect) des Antilles françaises y sont, avec les synonymes. J'en parle d'autant plus à mon aise que c'est un peu grâce à moi que cette liste d'espèces a été mise à jour et vous est proposée. J'avoue ne pas avoir mis moi-même mis la main à la pâte, ayant peu de dons pour la cuisine botanique. Mais j'ai réussi à convaincre mon ami Jacques Fournet de s'y ateler, et j'ai fait le lien avec Tela Botanica qui s'est chargée de la partie informatique. Le tout en concertation avec le Museum qui a remonté toutes ces infos sur le site national de l'INPN, sous le doux nom de TaxRef.

 

carnet.jpeg

 

Et puis autre outil, le CEL. Késako ? Carnet En Ligne : cliquez là. Le Carnet en ligne est l'équivalent numérique de votre calepin de terrain. Il permet de saisir vos observations, de les vérifier, de les illustrer avec vos propres images, puis de les partager avec le réseau si vous le souhaitez.

 

Avec en plus un module cartographique : quand elles sont partagées, vos observations et les photos saisies alimentent la cartographie et les illustrations d'e-Flore.

 

Egalement un module projet qui vous permet de créer vos propres dossiers et d'y associer des observations. Sans compter le module import et export au format tableur, pour les fans du traitement de données (il faut de tout pour faire un monde).

 

Lancez-vous ! Mais gardez quand même votre bon vieux carnet papier pour consigner vos observations avant de les saisir dans le système.

Par AEVA le Toto-Bois - Publié dans : Végétaux
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Mardi 29 octobre 2013 2 29 /10 /Oct /2013 09:52

Epidendrum_revertianum_Ph_Feldmann.jpg

                                                         Photo Ph. Feldmann

 

Je dirais même plus, en danger critique d'extinction, au niveau régional pour la Guadeloupe. Selon les critères de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN pour les initiés).

 

La Guadeloupe est riche.

 

Riche d'une centaine d'espèces d'Orchidées sauvages, qu'il m'arrive fréquemment d'observer depuis mes arbres favoris. L'une d'entre elles me fait du souci, la terrestre et gracieuse Epidendrum revertianum. C'est d'ailleurs une "fausse" terrestre, car elle n'est pas très ancrée au sol, il est très facile de la transplanter. Facile mais interdit, mademoiselle étant sur la liste des people protégés par arrêté ministériel.

 

                               Raymond est inquiet mais pas désespéré. 


R-Tremblay-Epidendrum-revertianum.jpg

 

En 1990, une douzaine de stations de cette espèce étaient recensées avec plusieurs centaines d’individus. Vingt-trois ans plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui, la situation n'est pas brillante : seulement deux stations connues, comportant une douzaine individus. 

 

Pas bézef !

 

Vous me direz que ce n'est pas aussi grave que ça, puisque des plants avaient été sauvegardés in vitro. Que des croisements entre plantes avaient été réalisés, et qu'on dispose donc, au laboratoire et dans certaines pépinières, de plusieurs centaines, voire milliers de desecndants. Un raccourci facile serait de dire qu'il suffirait de les remettre dans la nature et le tour serait joué !

 

Epidendrum-revertianum-cultive.jpg

 

Mais vous le savez aussi bien que moi, la vie n'est pas simple.

 

Et qu'en pensant aller dans le sens de la protection, on peut aussi bien aller dans celui du mur.

 

C'est pour cela que tout récemment, nous avons réuni ce qui se fait de mieux en matière de biologie de populations de petite taille. Un séminaire INTERNATIONAL (merci à Raymond, le "canadien portoricain" du groupe) a été organisé en Guadeloupe à l'initiative de l'AGO, et grâce à la décontraction naturelle de la trésorière d'AEVA. Qui a donné le feu vert pour pré-financer l'opération, on se demande comment de tels irresponsables sont recrutés dans ces structures associatives. Nos spécialistes invités : Nathalie Machon du Museum, et Raymond Tremblay de l'Université de Porto Rico.

 

      Le morne Mazeau en 1987, du temps où notre gracieuse terrestre vivait de beaux jours.


Morne-Mazeau--Deshayes--04-87.jpg

 

Ce furent deux journées fort sympathiques, préalable indispensable pour que la mayonnaise prenne, et pour arriver à bien s'amuser (pardon, travailler) ensemble. Au programme tout d'abord, la visite du laboratoire de culture in vitro du CRB INRA-CIRAD, ou Man Jocelyne fait des merveilles pour conserver et repiquer les Orchidées dans des mélanges de gélose savamment dosés.

 

Culture-in-vitro.jpg

 

Puis un petit tour dans les jardins et ombrières des amoureux d'Epidendrum revertianum, j'ai nommé Nicolas et Claude. 

 

Visite-Epidendrum-revertianum2.jpg

 

Marie-France nous a à cette occasion désaltérés avec un délicieux jus de gingembre maison. 

 

Viste-Epidendrum-revertianum.jpg

 

Troisième temps des visites : le terrain. Les talus pentus de la Mamelle de Petit-Bourg, puis le Morne Mazeau à Deshaies. 

 

Mamelle-Petit-Bourg-Epidendrum-revertianum.jpg

 

              Philippe affecté à la circulation sur la Mamelle Petit-Bourg. 

Ph-Feldmann-Epidendrum-revertianum.jpg

 

Deuxième jour, tout le monde est puni et se retrouve en salle. Messieurs dames, il va falloir potasser un peu avant d'envisager quoi que ce soit :

 

Nathalie expliquant au parterre d'ignares que nous sommes, la différence entre heterosis et dépression de consanguinité.


N-Machon-Epidendrum-revertianum.jpg

 

- quelle est la réglementation sur les espèces protégées ?

- que faut-il faire pour être autorisé à manipuler des espèces protégées ?

- quels sont les freins au renforcement des petites populations ?

- quelles sont les clés pour la conservation des espèces ?

- que connaissons-nous exactement des populations d'E. revertianum ?

 

Mais oui, beaucoup de questions. Mais rassurez-vous, également quelques réponses, toutes consignées dans le compte-rendu ce ces journées, maintenant disponible dans tous les bons kiosques.

 

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Nous sommes très fiers, Jeanny Marc, députée maire de Deshayes, a passé toute une matinée avec nous. A été conquise par Raymond (enfin, par son exposé) et Nathalie. Souhaite investir sa commune dans le projet, notamment au travers de la participation d'écoliers à certaines actions. 

 

 

Logo-parc-national-guadeloupe.jpg 

 

Sur la question récurrente du nerf de la guerre, le court terme semble en bonne voie, le Parc National ayant classé notre projet prioritaire pour un financement.

 

Qu'allons donc nous faire dans les mois et les années qui viennent ? Quand je dis nous, je parle au nom de beaucoup d'acteurs, que je cite par ordre alphabétique de peur de fâcher : AEVA, AGO, CBIG, CIRAD, DEAL 971 & 972, INRA, Ionopsis, Museum, ONF, PNG, Université de Porto Rico.

 

Eh bien voici le programme :

 

Monter un plan de sauvegarde permettant de reconstiituer des populations viables de l’espèce :

 

- Réaliser l'état de l'art, regrouper la bibliographie (publications, rapport de stage etc..), partager les documents sur un répertoire en ligne.

- Essayer de sécuriser la conservation de chaque plante sauvage, soit avec les kékis (petits plants se développant sur les hampes florales), soit in vitro.

- Mettre en œuvre une action d'urgence en créant de nouvelles populations avec les plants déjà disponibles. Il faudra donc réaliser des transplantations avec au moins une centaine d'individus. Un diagnostic sanitaire sera à réaliser auparavant. 

- Etablir la liste des croisements réalisés, en précisant l’origine des individus utilisés.

- Envoyer des fragments de plants sauvages et cultivés au Museum, pour analyser la structure génétique des populations, et ainsi avoir des éléments pour définir la stratégie de renforcement.

- Faire le lien entre diversité génétique et fitness des populations.

- Identifier des sites pour implanter de nouvelles populations.

 

Après, on se fait une petite bouffe et on avise !    

Par AEVA le Toto-Bois - Publié dans : Etudes
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Mercredi 23 octobre 2013 3 23 /10 /Oct /2013 23:27

Rivie-re-Le-zarde.jpg

 

Pas d'explication donc à mon long silence. J'étais prostré dans ma forêt, à faire le point sur 20 ans de vie associative.

 

Mais il est temps de sortir du bois ! Et de vous donner quelques nouvelles, que je développerai dans les prochains articles.

 

Epidendrum-revertianum.jpg

 

Nous nous lançons dans un projet qui vise à sauver Willy (alias Epidendrum revertianum), une orchidée très mal partie en Guadeloupe et au-delà. Le projet est porté par l'AGO*, et co-financé par le PNG**. Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, sachez que nous avons organisé un séminaire fondateur du projet, rien que ça !

 

Mabuya-desiradae-petite-terre.JPG

 

Nous continuons à avancer cahin-caha sur les chemins de la connaissance du Scinque Mabuya desiradae. Et en l'ocurrence sur les chemins de Petite Terre, Désirade, Tintamarre, parsemés de nombreux cailloux. Nous avons même encadré une stagiaire de Master sur le sujet, nous sommes trop fiers de participer à la formation des jeunes (Petra ça va ?).

img320

 

Les sorties vont reprendre, la prochaine en date étant consacrée à la Désirade, à la Toussaint. Ateliers possibles : éclipse, scinques, raccons, gaïacs, et aquarelle.

 

Et enfin l'assemblée générale tout ce qu'il y a de plus ordinaire, dont la date vous sera confirmée dans les meilleurs délais. A priori le samedi 16 novembre à 18 heures, sur le site de Duclos. Au programme, partage d'idées, folles si possible.

 

Kayak-cul-de-sac-guadeloupe.jpg

Vote à pagaie levée.

 

* Association Guadeloupéenne d'Orchidophilie

** Parc National de la Guadeloupe

Par Le Toto-Bois - Publié dans : Sorties & réunions mensuelles
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Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 12:00

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Les historiens se posent la question.

 

Si la date du récépissé de déclaration de constitution à la Préfecture fait foi, alors on peut dire que c'est le 6 mai 1993.

 

20 ans que moi le Toto-Bois je suis né ! Et pourtant, dans la monographie du père de l'association (ouvrage consacré exclusivement au Pic de la Guadeloupe), il est indiqué que ma longévité se situe plutôt autour de 10 ans. Comment expliquer ce miracle ? En tous cas, j'espère durer encore longtemps, ça me plait bien de voir tous ces naturalistes s'activer pour mieux connaître la faune et la flore des petites Antilles, et pour contribuer à la conserver.

 

N'étant pas agrégé d'histoire, et étant pourvu d'une cervelle d'oiseau, j'avoue ne pas me rappeler des évènements qui ont jalonné ces 20 ans. Alors, comme on n'est jamais si bien servi que par les autres, je suis allé à la pêche aux informations. Je vous livre ici le témoignage des membres successifs du bureau qui ont bien voulu jouer les balances.

 

Mais je profite quand même du fait que j'ai la parole pour vous livrer notre slogan pour 2013 : 

 

Slogan-AEVA.jpg

 


Maguy

 

Le temps passe trop vite... Je me rappelle de mes premières sorties naturalistes avec AEVA en tant ... qu'étudiante, il y a 15 ans. Que de bons moments !

 

Pourtant pas une ride notre asso. 


Nicolas

 

Aventures du Tapé…

 

En 1994, AEVA réalisait des inventaires ornitho et herpéto aux Saintes, en particulier à Grand Ilet en prélude à son acquisition par le Conservatoire du Littoral et des Espaces Lacustres.

C’était toujours un peu aléatoire de trouver le dimanche matin un pêcheur qui accepte de nous y transporter. Au lieu du rendez-vous fixé la veille au port du bourg, pas de pêcheur. Son frère arrive après une bonne attente, l’œil pas frais, et nous dit que son frère, le propriétaire du bateau, a bu quelques ti-punchs la veille au soir et ne s’est pas réveillé. On explique que l’on veut d’abord regarder sur les falaises au vent de Grand Ilet pour voir si des Fous à pattes rouges y nichent puis en faire le tour et débarquer sur l’ilet. On va au bateau (une saintoise comme de juste) : on remarque -encore sans appréhension- qu’il faut retirer le capot puis enrouler la corde sur le lanceur pour –après plusieurs tentatives- réussir à démarrer. Nous sommes 8 « bénévoles » dans le bateau dont le héros de l’histoire : "le Tapé" (Pascal).

 

Commence alors le premier épisode.

 

Sortie de l’Anse du Bourg, contournement de la pointe ouest de Terre de Haut, entrée dans la passe sud, vers Grand Ilet. On est bien exposé aux alizées d’est et la mer est assez forte. Nous longeons Grand Ilet vers les falaises au vent et commençons à les explorer, mais trop loin pour bien voir.

Je demande au pilote de se rapprocher, au ralenti. Nous en sommes à une vingtaine de mètres et là le moteur cale… panique silencieuse. Le bateau tangue, le pilote parvient à retirer le capot, s’emmêle dans la corde, finit par l’enrouler autour du lanceur, tire fort, tombe en arrière, se fait mal, et le moteur ne part pas… Poussé par la houle, le bateau se rapproche de la falaise. Nouvelle tentative, nouvel échec. On tente de jeter l’ancre, mais c’est trop profond et abrupt et elle ne trouve pas le fond. Le bateau fait le yo-yo à quelques mètres de la paroi. Les visages sont blêmes. Chacun cherche ce qu’il doit essayer de sauver, repère une échancrure de la falaise où s’engouffrent les vagues et où résiderait « si Dieu veut » notre salut. On se prépare au « sauve qui peut ». Pendant ce temps, nous assistons impuissants aux échecs du démarrage. Nous nous apprêtons à sauter à l’eau quand ô miracle le moteur tousse, démarre et nous évite pour cette fois une fin aussi inéluctable qu’imminente… Nous nous éloignons en faisant l’impasse sur les fous de la falaise (enfin, les fous à plumes) et gagnons la petite crique abritée pour un bain réparateur.

Chacun souffle en se disant que la suite ne peut être qu’agréable sur cet ilet de rêve. Chacun ou presque…

 

Second épisode et suivants.

 

Nous débarquons nos affaires et au bain. A peine dans l’eau, nous entendons des hurlements de douleur. Le Tapé revient au bord en boitant et vociférant : il a violemment tapé dans un corail cornes de cerfs et a le pied en sang.

Il veut chausser ses lunettes pour constater les dégâts et, les cherchant à tâtons, casse une branche. Il est très myope et en est donc particulièrement handicapé. Il finira par trouver un bout de fil électrique pour les réparer : très mode !

Un peu plus tard, et après ces émotions, c’est l’heure du casse croûte. On sort du sac nos victuailles quand on entend le Tapé jurer : son sandwich a été mangé par les rats ! Après toutes les exactions commises contre eux, ils ont dû se venger.

 

Fin –ou presque- de cette série aventureuse.

 

Chacun rentre chez soi en pensant aux beautés et aux bontés de la Nature. Le soir, le Tapé nous appelle. En enfournant le bras dans son sac marin pour sortir ses affaires, il s’est fait piquer la main par un scorpion.

 

Elle est pas belle la vie du Tapé ?

AEVA ne nous procure-t-elle pas les émotions passionnantes auxquelles nous rêvons ? 


Philippe

 

AEVA, quel est ton nom !

Derrière l'acronyme, se cachait la posture de cette nouvelle association de conservation de l'environnement, mais aussi des discussions animées ayant conduit notamment à mettre explicitement le mot protection dans son nom développé : Association pour l'Etude et la protection des Vertébrés des petites Antilles.

Mais savez vous, au delà de cet objectif, ce qui a finalement emporté le choix de l'acronyme AEVA ? Et bien, une action de marketing pur et dur jouant d'ailleurs sur le sexe (mais si !!!). Les plus anciens s'en souviennent. C'était du temps de l'ancêtre d'Internet, le Minitel. C'était aussi en plein développement de réseaux où fleurissaient  des noms de Minitel rose débutant par 3615. 

 

Donc, entre deux discussions au moment du ti punch sur une terrasse de Belair Desrozières, a fusé 3615 AEVA. Aussi vite dit, aussi vite approprié et décidé, et ainsi naquit AEVA.

Quand quelques années plus tard, l'extension aux plantes a été proposée et décidée, au moment de l'apéro (encore !) sur une terrasse d'une auberge de Prise d'Eau, l'acronyme désormais dans le paysage ne pouvait qu'être gardé.


Olivier

 

Depuis 20 ans... AEVA engage des actions indispensables pour protéger la nature aux Antilles, parfois contre vents et marées. Que de compétences, de passion et de ténacité au service du pic de Guadeloupe, du moqueur gorge-blanche, de l'iguane des Petites Antilles, des tortues marines, des scinques ou bien encore des orchidées !

 

Mes souvenirs d'aéviste les plus chers sont probablement associés aux suivis écologiques menés sur Petite Terre, ce micro-archipel désiradien aujourd'hui inhabité aux richesses écologiques exceptionnelles. Un plaisir sans cesse renouvelé, car chaque visite m'a apporté un lot d'émotions, que ce soit par le biais d'une rencontre avec un passionné de nature ou grâce à l'observation d'une espèce inattendue.


Comme ce faucon, qui pèlerinait sur Terre de Bas et décida de fondre sur un kio (héron vert) quelques mètres au-dessus de nos tête. Notre présence l'effraya probablement car il rata sa proie dans un grand claquement d’ailes. Le faucon se dirigea ensuite vers la petite île de Terre de Haut, provoquant au dessus du lagon une panique généralisée dans une volée de limicoles. Nous le suivîmes avec Nicolas. Notre faucon décida alors de s'en prendre à un huîtrier pie qui échappa au danger en zigzaguant vers la Désirade...  


Anthony

Pour moi sans aucun doute je vote pour les missions à Petite-Terre entre 1998 et 2000, chaque visite là-bas donnait lieu à des découvertes de nouvelles espèces pour la réserve, c'était toujours très excitant d'y aller, une super ambiance, le bivouac, à part les traversées parfois houleuses c'était vraiment cool...
 
je pense que c'était aussi dans cette période où il y a eu une soirée "grillade de rats" ou 6 métros bouffaient du rat et 6 antillais qui étaient tous prêts à dégueuler... ah la culture c'est quelque chose...

Jacques

 

Au commencement était le Toto, qui se prétendait « Bois ». 

 

Mais il ne s’était entouré que d’autres Totos vertébrés. C’est alors qu’un beau jour, les défendeurs des bois et forêts ont décidé de protester à grands cris lors d’une assemblée générale : 

 

« Et nous alors ?  Pourquoi les Vertébrés et pas les Végétaux ? C’est de la discrimination !». 

 

Le calme revenu et le silence rétabli, un vote décida à l’unanimité que Toto-Bois devait effectivement mériter son nom. Certains extrémistes allèrent même jusqu’à dire que l’association AEVA se devait de se dénommer désormais AEVVA (Vertébrés ET Végétaux). Des voix sages s’opposèrent heureusement à cette hérésie, pour raison d’esthétique et d’euphonie… 

 

Et c’est ainsi que l’AEVA (grande est sa gloire !) est restée AEVA, et que le Toto a enfin pleinement mérité son nom de Toto-bois.


Claudie 

 

Je me rappelle de Pascal (dit le Tapé) lors de son premier séjour, avec son inénarrable accent du Jura, je l'avais pris pour un canadien : "Euh mais dis donc, y'a pas d'assoc d'ornitho en Guadeloupe, ça manque drôlement non ?". Tout est parti de là, et les mordus qui trainaient dans le coin à l'époque (Nicolas, Olivier, Philippe, Pascal et moi) avons tous été partants. Ce qui nous permet aujourd'hui de revendiquer le titre pompeux de "fondateurs d'AEVA". Je crois que nous en sommes fiers. 


 

Quelques repères non exhaustifs sur la frise du temps

 

Logo AEVA

1993 - Création d'AEVA (à partir d'une côte d'ADAM, qui passait par là).

 

 

Anis-copie-1.jpg

1994 - Inventaires des oiseaux aux Saintes. Le Toto sort du bois : parution du numéro 1 du bulletin de liaison. Inventaire de l'avifaune des étangs de l'est de Saint-Martin.

 

 

Scinque-copie-1.jpg

1995 - Iles de la Petite Terre, acte 1 : inventaires des reptiles et oiseaux, préalables à la création de la réserve.

 

 

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1995 - Mise en place du collectif "Pour une gestion rationnelle de l'eau en Guadeloupe", en réponse au projet de barrage à Bras-David". Interventions auprès des autorités pour obtenir une suspension de la chasse après le passage d'intempéries. Bien que la réglementation le permette, cette mesure conservatoire n'est jamais prise.

 

 

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1996 - Nous jetons notre dévolu sur la Caravelle en Martinique (oiseaux, mangoustes).

 

 

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1998 - Nous mettons en place avec J. Fretey et la DIREN de l'époque le projet de conservation et le réseau Tortues marines, que nous animerons jusqu'en 2003.

 

 

 

Logo SCSCB

1998. Nous co-organisons avec le Parc et la DIREN le colloque de la Société Caribéenne d'Ornithologie.

 

 

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1999. Une fois de plus, nous ne trouvons pas de diablotins sur les pentes de la Soufrière. Un résultat négatif est toujours un résultat disait ma grand-mère. Nous réalisons une éude de faisabilité pour réintroduire des perroquets en Martinique.

 

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2000 - Elargissement du champ : nous passons des Vertébrés à toute la faune et la flore sauvage. A quand les cailloux me direz-vous ? (certains esprits chagrins nous ont même dit "A quand les vers ?").

 

 

 

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2003 - Début de notre implication pour une analyse des impacts du canyoning en zone centrale du Parc National de la Guadeloupe. En 2009, il est interdit par décret. On vous passe les détails, mais ça a été usant.

 

2004 à 2006 - Période faste pour sorties et exposés, moins pour les études. Nous nous limitons au suivi des Tortues marines sur la zone de Saint-François.

 

 

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2007 - Mise en place du blog. Nouvelle étude sur le Pic, nous affinons l'estimation des effectifs, et proposons une méthode de suivi à long terme par le Parc.

 

2008 - Obtention de l'agrément. Chouette, nous sommes d'utilité publique !

 

 

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2009 - Le projet de réintroduction du Lamantin va être lancé, nous n'en sommes pas ravis. Nous nous consolons en menant une étude sur le Martin-pêcheur à ventre roux, sous-espèce endémique des petites Antilles.     

 

 

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2010 - Nous relançons un assaut sur Petite Terre : Iguanes le retour. Scinques : le commencement.

 

 

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2011 - Un projet de télécabine pointe son nez à la Soufrière, nous sommes pour le moins "veyatifs" (vigilants).

 

 

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2012 - Beaucoup de sorties cette année-là grâce à notre animateur en chef. 

 

 

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2013 - Des questions à élucider pour les prochaines années, avec comme mots-clés (dans le plus complet désordre): Scinques, Désirade, Gaïac, Petite Terre, Kahouanne, Orchidées, Marie-Galante, Tintamarre, Epidendrum revertianum... que sais-je ?

 

Si peu de choses finalement. 

 

 

Illustrations de Nicolas et Claudie.

 

Par Le Toto-Bois - Publié dans : Histoires
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Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 01:56

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Aquarelle Jean Chevallier       

 

Le Toto-Bois (qui ne l'oublions pas est majoritairement insectivore) est heureux de vous annoncer la création d'une association qui s'intéresse à l'entomologie en Martinique.

 

Créée en 2012, Martinique Entomologie a pour ambition de développer les connaissances sur les insectes dans cette région, et de faire découvrir aux martiniquais la biodiversité à 6 pattes.

 

Martinique Entomologie propose également d'être un relais pour accueillir et informer les entomologistes amateurs et professionnels de passage sur l'île. Ses membres seront heureux de guider et partir en prospection avec les visiteurs. Dans le respect des espèces et des espaces protégées, cela va sans dire !

 

Des sorties découvertes et des soirées à thèmes seront proposées tout au long de l'année pour mieux connaître l'entomofaune. Cela contribuera à mieux répertorier les espèces de l'île et à mettre en place des collaborations avec des partenaires en dehors de la Martinique. Une revue est actuellement en cours de création pour diffuser les connaissances acquises par les membres et celles apportées par les organismes scientifiques.

 

Coordonnées de l'association :

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32 route du Fleuri Noël – Moutte - 97200 Fort de France - martinique.entomologie@gmail.com

Par AEVA le Toto-Bois - Publié dans : Entomo
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Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 12:03

Les interviews pas du tout imaginaires du Toto-Bois. The totally true Guadeloupe woodpecker’s interviews.


 Petite-Terre-Scinque-2012n-b-4-.jpg

Où l'on se rend compte que les scinques sont des animaux très vifs, ne laissnt que quelques secondes au dessinateur ébahi pour tenter de leur tirer le portrait.

 

 

En décembre dernier, nous avons reçu la visite en Guadeloupe de deux herpétologues, amateurs de Reptiles en tous genres. Avec tout de même une préférence pour le genre Mabuya. Il s’agissait de Blair Hedge et Nicolas Vidal, tous deux très intéressés par les Scinques, des lézards dont nous avons parlé à plusieurs reprises dans ce blog. During last December, two herpetologists visited Guadeloupe, due to their addiction to some lizards that we talk about several times in this blog : Mabuya skinks. Let me introduce Blair Hedge and Nicolas Vidal.


 

Petite-Terre-Tdb-2012n&b

Tas de pierres à proximité de la fameuse forêt à mancenilliers de Petite Terre, où il ne serait pas exclu de croiser les lézards en question.

 

 

Des tas de questions me brulent évidemment le bec, et je vais devoir sortir mon guide Assimil, l’un de nos deux compères étant anglophone (nul n'est parfait en ce bas monde). So many questions in my poor bird mind, but I need my Assimil guide, one of our friends being an English speaking person (nobody’s perfect).

 

 

Joel-Blair.png

Joël, Blair et sa compagne affrontent les éléments.

 


Toto-Bois : Nicolas et Blair, qui êtes-vous ? Nicolas and Blair, who are you ? 

 

Nicolas : Maître de conférences au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris

 

Blair : Professor of biology at Pennsylvania State University, University Park, PA, USA.

 

TB : Qu’est-ce que les scinques ont de particulier, et pourquoi vous intéressez-vous à ce groupe ? What is so special in skinks, and why are you interested in this taxonomic group ?

 

N & B : Il existe plus de 1 500 espèces de scinques au monde, c'est-à-dire un sixième de toutes les espèces de reptiles présentes sur terre. Dans les Caraïbes, il y a 40 espèces sur les îles, mais presque toutes sont menacées ou peut-être disparues, à cause d'un prédateur, la mangouste. Ce prédateur a été introduit à la fin du XIXème siècle, et s'est rapidement répandu dans les Antilles. Au lieu de détruire les populations de rats dans les plantations de canne à sucre, les mangoustes se sont plutôt attaquées aux espèces natives, dont les reptiles. There are more than 1 500 species of skinks, or one out of every six species of reptile. In the Caribbean, there are 40 species on the islands, but nearly all are threatened with extinction or already extinct because of predation by the mongoose.  That predator was introduced in the late 1800s, spreading quickly around the Caribbean islands. Instead of controlling rats in sugar cane farms, the mongoose instead has preyed on native reptiles.

JC-Mangoustes_sepia.jpg

"C'est quand même plus facile à choper que que les rats ces petits Mabuinae". 

 

 

TB : Quel était le but de votre mission en Guadeloupe ? What was the goal of your trip in Guadeloupe ? 

 

N & B : Nous sommes venus pour essayer d'observer les espèces des différentes îles de Guadeloupe. Cinq espèces y vivaient, mais une seule d'entre elles a été observée ces dernières années, celle de Petite Terre et La Désirade. We went to Guadeloupe to see if we could locate the native skinks. Five species used to live in the Guadeloupe islands, but only one of those species has been seen in recent years: the species on La Desirade and Petite Terre. 

 

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Les ravines de la Désirade sont des habitats probablement favorables aux scinques.

 

 

TB : Notre service de renseignements nous rapporte que vous avez capturé un Scinque au sein de la Réserve naturelle de Petite Terre. Pouvez-vous nous raconter comment une telle chose a été possible?* Our Intelligence Service reported that you were able to catch one skink ine the Nature Reserve of Petite-Terre. Can you tell us how this amazing capture was possible ? 

 

N & B : Les Scinques sont relativement communs à Petite Terre, parce qu'il n'y a pas de mangoustes là-bas. Malgré ça, ils sont menacés par les rats, qui y sont nombreux. Les scinques profitent des murets de pierre pour s'abriter de ces prédateurs. Un des gardes de la Réserve, Joël, nous a aidés à en immobiliser un, que nous avons pu photographier et sur lequel nous avons fait un prélèvement de tissus. The skinks are thankfully common on Petite-Terre, because there is no mongoose on those islands.  However they are threatened by rats, which are common.  The skinks enjoy protection in rock walls, and an employee of the nature reserve secured an animal by hand from the rock wall for us, and then returned it after we photographed and sampled it. 


 

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LE spot, muret central, dit muret 14. 

 

 

TB : Quelle est l’utilité de prélever des échantillons d’ADN chez les Scinques ? What is the use of DNA sampling in Skinks ? 

 

N & B : Il est possible d'obtenir les séquences d'ADN à partir d'un prélèvement de petite taille, tel qu'une seule écaille au bout de la queue. De cette façon, l'animal n'est pas blessé. L'analyse de ces séquences permet de comparer les différentes populations. It is possible to get DNA sequence from a small sample such as a single scale at the tip of the tail, which does not harm the animal. Sequences analyses allow to comapre the differet populations.

 

TB : Nous avons entendu dire qu’il faudra probablement sacrifier un individu de Petite-Terre si la taille de la population est suffisante. Pouvez-nous nous expliquer pourquoi ?  We heard it will be probably necessary to sacrifice one individuals of Petite-Terre if the population size is sufficient. Can you tell us why ? 

 

N & B : Si la population de scinques de Petite Terre est d'une taille suffisamment importante, le sacrifice d'un individu permettrait le dépôt dans un Museum. De cette façon, il serait possible de faire des observations, non réalisables sur des individus vivants. Les scinques de Petite Terre sont peut-être d'une autre espèce que ceux de la Désirade. La comparaison avec les autres spécimens des Museums permettrait de préciser la détermination. If the population size of skinks on Petite-Terre is estimated to be large enough to sample, having one individual in a museum collection will permit analyses that otherwise cannot be done on live individuals.  It may be a new species distinct from the one on la Desirade, and having specimens to examine and compare with other museum specimens will help make that determination.

 

 

Petite-Terre-Desirade-2012n-b.jpg

 

Au fond la Désirade, au premier plan Terre-de-Haut et Terre-de-Bas de Petite Terre. 

 

 

TB : Quel bilan tirez-vous de votre visite, et quels sont vos plans pour l’avenir concernant les Scinques et autres Reptiles de Guadeloupe ? What is the main result of your visit, and what are your plans for the future regarding Skinks and other reptiles of Guadeloupe ? 

 

N & B : Nous n'avons pu trouver de scinques ni à Kahouanne, ni à la Désirade, ni à l'ilet Cochons. Apparemment, les mangoustes y sont absentes, mais les rats très abondants sur ces îles, ce qui pourrait expliquer leur absence ou leur rareté. Les scinques n'ont jamais été observés à Kahouanne mais il faut poursuivre les recherches. Deux spécimens ont été collectés à l'ilet Cochons il y a un demi-sicèle par Albert Schwartz, ils sont maintenant considérés comme une espèce endémique (Mabuya cochonae), mais n'ont jamais été signalés depuis. A la Désirade, ils ont été vus quelques fois même récemment, donc le fait que nous ne les ayons pas vus en décembre lors d'une courte visite de 4 heures n'est pas significatif. Nous espérons revenir en Guadeloupe pour poursuivre ces inventaires, et pour mieux connaître leur taxonomie, en collaboration avec Olivier Lorvelec. We were not able to locate skinks on Kahouanne, Cochons, or la Desirade.  The mongoose is (apparently) absent, but rats are very abundant on these islands and may explain the rarity or absence of skinks.   Skinks have never been seen on Kahouanne, but mor comprehensive searching is needed.  Two specimens were collected on Cochons 50 years ago by Albert Schwartz, now named as an endemic species (Mabuya cochonae) but skinks have not been seen there since.  They have been seen a few times on La Desirade, including recently, so our lack of sighting on that island in December, during a 4-hour visit, is not significant.   We hope to return to continue these surveys and taxonomic inquiries in the future, in collaboration with Olivier Lorvelec.

 

TB : Pour finir, une question un peu indiscrète. Quels ont été vos expériences ou souvenirs les plus marquants pendant votre séjour ? Finally, a question a little indiscreet. What were your strongest experiences or souvenirs during your stay ?

 

Nicolas : Pour ma part, ce fut le séjour à Petite Terre et l’accueil que nous y avons reçu de la part des gardes. Cette réserve naturelle est magnifique que cela soit au niveau du milieu marin ou du milieu terrestre.

 

Petite-Terre-TdB-Plage-sud-2102.jpg

 

TB : Mille mercis, et à bientôt pour de nouvelles aventures et histoires de Scinques. Many skinks, and see you soon for new adventures and stories of awsome lizards.

 

 

* : En plus de Blair, Nicolas et Joël, Olivier Lorvelec et Nicols Barré disposent d'autorisations de captures de Scinques sur les îles de la Guadeloupe, délivrées par la DEAL.

 

 

Dessins de C. Pavis, sauf celui des mangoustes, de J. Chevallier.

 


Par AEVA le Toto-Bois - Publié dans : Reptiles
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